Le Conseil d'administration du Fonds monétaire international (FMI) a approuvé ce mercredi une nouvelle ligne de crédit flexible (LCF) de deux ans en faveur du Maroc, pour un montant équivalent à 3,45 milliards de droits de tirage spéciaux, soit environ 4,5 milliards de dollars. Cette facilité, conçue comme un instrument de prévention des crises, vient remplacer un précédent accord que les autorités marocaines ont choisi d'annuler. Fidèle à leur approche prudente, elles ont d'ores et déjà indiqué leur intention de considérer ce nouvel accord à titre strictement précautionnel. Il s'agit du deuxième recours du Royaume à cet instrument. L'accès prévu est légèrement inférieur à celui du précédent arrangement conclu en avril 2023, dans une logique assumée de retrait progressif, à mesure que les risques extérieurs diminuent. Avant cela, entre 2012 et 2020, le Maroc avait déjà bénéficié de quatre lignes de précaution et de liquidité (LPL), dans une stratégie de consolidation de ses filets de sécurité financiers. Dans un environnement mondial caractérisé par de multiples incertitudes – tensions géopolitiques, volatilité des prix des matières premières, resserrement des conditions financières internationales – le FMI justifie ce nouvel appui par la solidité des institutions marocaines et le sérieux de ses politiques économiques. Kenji Okamura, directeur général adjoint et président par intérim du FMI, a salué « la remarquable résilience du Maroc face aux chocs récents », rappelant que « la succession de sécheresses a lourdement pesé sur la production agricole et porté le chômage à des niveaux historiquement élevés ». Néanmoins, souligne-t-il, le Royaume a su répondre de manière adaptée grâce à « des politiques budgétaire, monétaire et financière finement calibrées », illustrant sa capacité à préserver la stabilité macroéconomique. La récente émission obligataire du Maroc sur les marchés internationaux, conclue à des conditions jugées très favorables, témoigne d'ailleurs de la confiance dont jouissent les autorités auprès des investisseurs. Lire aussi : Le FMI approuve le décaissement de 496 millions de dollars en faveur du Maroc Au-delà des réponses conjoncturelles, le Maroc poursuit une trajectoire de réformes structurelles visant à concrétiser son nouveau modèle de développement. Cette vision, tournée vers une croissance plus inclusive, verte et portée par le secteur privé, s'inscrit dans un horizon de moyen terme, avec une croissance projetée autour de 3,6 %, soutenue notamment par des investissements dans les infrastructures et la poursuite des réformes de fond. Dans son communiqué, le FMI souligne que la LCF continuera à jouer un rôle clé dans le soutien à cette stratégie, offrant au Royaume une assurance face aux risques baissiers tout en l'accompagnant dans le renforcement de ses marges de manœuvre. Une vulnérabilité persistante face aux chocs externes Malgré ces avancées, le FMI note que le Maroc demeure vulnérable aux aléas extérieurs. Les risques liés à un éventuel durcissement de la conjoncture économique et financière mondiale, à une nouvelle flambée des prix des matières premières, ou encore à une répétition des épisodes de sécheresse, restent prégnants. Le poids du secteur agricole dans l'économie marocaine accroît l'exposition du pays à ces aléas climatiques, d'autant que la question de la rareté de l'eau reste centrale. Dans ce contexte, les autorités entendent poursuivre leur stratégie de réduction graduelle de l'accès à la LCF, conditionnée à l'évolution des risques, tout en maintenant un engagement fort envers les réformes. Pour le FMI, la reconduction de cette ligne de crédit ne se résume pas à une mesure de soutien financier : elle constitue un signal fort de reconnaissance internationale de la crédibilité des politiques économiques marocaines. Le Royaume, en obtenant cette facilité sans intention immédiate d'y recourir, renforce sa résilience face aux chocs et consolide son image de partenaire fiable et réformateur.