Dans un environnement très incertain, cet accord renforcera les réserves extérieures du Maroc et offrira une protection contre les chocs. Il s'agit de la deuxième LCM du Maroc, avec un accès réduit conformément à l'objectif des autorités financière marocaines. Suivez La Vie éco sur Telegram Le FMI a approuvé ce jeudi 3 avril un accord de deux ans pour le Maroc dans le cadre de la Ligne de crédit modulable (LCM), «conçue pour la prévention des crises, d'un montant d'environ 4,5 milliards de dollars», annonce l'institution financière dans un communiqué. Le Maroc est éligible à la LCM «en raison de ses cadres politiques institutionnels et fondamentaux économiques très solides, de son historique de mise en œuvre de politiques très fortes et de son engagement continu à maintenir ces politiques à l'avenir», souligne la même source. Ainsi, le Conseil d'administration du Fonds monétaire international a approuvé ce 3 avril un nouvel accord de deux ans en faveur du Maroc au titre de la Ligne de crédit modulable (LCM), d'un montant équivalent à 3,45 milliards de DTS (environ 4,5 milliards de dollars, soit 386 % de la quote-part), et a pris note de l'annulation par le Maroc de l'accord précédent. Les autorités marocaines ont déclaré leur intention de traiter ce nouvel accord comme une mesure de précaution. Il s'agit de la deuxième LCM décroché par le Maroc. La première avait été approuvée le 3 avril 2023. Avant la première LCM, le Maroc avait également bénéficié de quatre accords successifs au titre de la Ligne de précaution et de liquidité (LPL) entre 2012 et 2020. À l'issue des discussions du Conseil exécutif sur le Maroc, Kenji Okamura, Directeur général adjoint et Président par intérim, a déclaré: «L'économie marocaine a fait preuve d'une longue expérience dans la mise en œuvre de politiques très fortes et d'une résilience remarquable face aux chocs récents, même si une succession de sécheresses a considérablement réduit la production agricole et poussé le chômage à des niveaux historiques. Les cadres institutionnels et politiques très solides du Maroc ont permis de faire face efficacement à ces chocs, grâce à des politiques budgétaires, monétaires et financières bien calibrées. La récente émission d'obligations sur les marchés internationaux de capitaux à des conditions très favorables témoigne de la très bonne performance des autorités. À l'avenir, les autorités sont déterminées à poursuivre la mise en œuvre de leur ambitieux programme de réformes structurelles en faveur d'une croissance plus résiliente, inclusive, plus verte et tirée par le secteur privé, et à renforcer davantage leurs cadres institutionnels. Le nouveau dispositif de LCM continuera de jouer un rôle essentiel pour soutenir l'engagement du Maroc en faveur de ces politiques et réformes vigoureuses. Le nouveau dispositif LCM continuera également de protéger le Maroc contre les risques de baisse. L'économie marocaine reste vulnérable à la dégradation de la conjoncture économique et financière mondiale, à la hausse des prix des matières premières et à la résurgence des sécheresses. Les autorités s'engagent à traiter le nouveau dispositif LCM comme une mesure de précaution et à réduire progressivement l'accès, dans le cadre de leur stratégie de sortie, en fonction de l'évolution des risques ». L'économie marocaine a fait preuve de résilience face à de multiples chocs, rappelle le FMI. Ces dernières années, le Maroc a dû faire face à la pandémie mondiale, aux conséquences économiques de l'invasion russe de l'Ukraine, à un tremblement de terre dévastateur en 2023 et à cinq sécheresses en six ans. Si ces chocs ont pesé sur l'activité économique et que les sécheresses successives ont réduit la production agricole et propulsé le chômage à des sommets historiques, les autorités ont réussi à préserver la stabilité macroéconomique grâce à des réponses efficaces en matière de politique budgétaire, monétaire et financière. Elles ont également continué à mettre en œuvre d'importantes réformes structurelles pour concrétiser le nouveau modèle de développement du Maroc, visant une croissance plus forte, plus verte, plus résiliente et plus inclusive. La croissance à moyen terme est projetée à 3,6 %, soutenue par les projets d'infrastructures prévus et les progrès des réformes structurelles. Cependant, le Maroc reste fortement exposé à une incertitude élevée et à des risques externes, et la marge de manœuvre politique reste limitée par rapport à ce qui serait nécessaire pour atténuer l'impact économique si les risques externes se matérialisaient. Parallèlement, le risque de graves sécheresses continue de mettre en péril le secteur agricole, qui pèse lourdement sur l'économie marocaine, alors que les autorités s'efforcent de remédier à la pénurie d'eau du pays.