Malgré des pluies abondantes en mars, la production de blé au Maroc pour la campagne agricole actuelle devrait rester inférieure à la moyenne des dix dernières années. Bien qu'elle soit légèrement supérieure aux niveaux affectés par la sécheresse de 2024, les conditions climatiques chaudes et sèches du début de saison ainsi qu'une superficie emblavée réduite limiteront la production totale de blé. Les prévisions du Foreign Agricultural Service de l'USDA estiment la production de blé tendre à 1,7 million de tonnes, celle du blé dur à 1,1 million de tonnes et celle de l'orge à 700.000 tonnes. Le Maroc a connu une sécheresse prolongée en début de campagne agricole en cours, impactant fortement les semis, notamment dans le sud du pays, où ceux-ci n'ont été achevés qu'en janvier 2025. La pénurie de précipitations a incité de nombreux agriculteurs à reporter leurs semis en attendant les premières pluies, qui ont tardé à arriver. Initialement, le ministère de l'Agriculture tablait sur une superficie totale ensemencée de 5 millions d'hectares. Toutefois, la persistance des conditions arides a réduit les ambitions, avec seulement 40 % de la superficie prévue effectivement emblavée. Les surfaces emblavées cette année restent comparables à celles de l'année précédente mais demeurent inférieures de 30 % à la moyenne décennale. La superficie totale récoltée en blé tendre et dur est estimée à 2,2 millions d'hectares, tandis que celle de l'orge atteindra 800.000 hectares, indique un rapport du Foreign Agricultural Service du département de l'Agriculture des États-Unis. Des mesures pour répondre aux défis climatiques Face à ces difficultés, le ministère de l'Agriculture encourage l'adoption de la technique de semis direct, afin d'aider les agriculteurs à mieux gérer les aléas climatiques. Cette méthode sera progressivement déployée dans les régions de Rabat-Kénitra, Khémissat, Meknès et Fès, avec un objectif de couverture de 200.000 hectares d'ici 2030. Une production hétérogène selon les périodes de semis Les cultures semées tôt dans la saison affichent une croissance inférieure à la moyenne en raison des conditions sèches qui ont persisté de décembre à février, souligne le rapport. En revanche, les parcelles emblavées plus tardivement bénéficient des pluies abondantes de mars, ce qui leur permet de présenter de meilleures conditions de développement. Cependant, l'ensemble de la production reste en dessous des moyennes habituelles, en particulier dans les régions de Marrakech-Tensift-El Haouz et Souss-Massa, où la végétation est moins dense que la normale. Un recours accru aux importations Pour compenser cette baisse de production et maintenir des stocks suffisants, les importations de blé du Maroc pour la campagne en cours sont prévues à 7,3 millions de tonnes, tandis que celles d'orge atteindront 900.000 tonnes. Ce niveau d'importation représente une augmentation de 42 % par rapport à la moyenne des dix dernières années, bien qu'une légère baisse soit attendue par rapport à l'année précédente en raison d'une production domestique modérément améliorée, lit-on dans le rapport. Le Maroc a par ailleurs diversifié ses sources d'approvisionnement. Longtemps dépendant de la France, le Royaume a élargi sa liste de fournisseurs à l'Allemagne, au Canada, à la Russie, à la Roumanie et à la Pologne. La Russie, en particulier, est devenue un acteur clé, avec 960.137 tonnes de blé exportées vers le Maroc entre juin et décembre 2024, marquant une hausse de 278 % par rapport à la même période en 2023.