Dans le bras de fer entre Paris et Alger, les multiples refus du régime algérien de récupérer ses ressortissants se sont heurtés à un refus français d'extrader un ancien ministre. L'Algérie refuse de récupérer ses ressortissants sous obligation de quitter le territoire mais accepte dans des cas précis, lorsqu'il s'agit de personnalités controversées, condamnées par coutumace ou recherchées pour être emprisonnées. Le pays a fait tout ce qui était possible pour obtenir l'extradition de l'ancien ministre Abdeslam Bouchouareb qui a été condamné cinq fois à une peine de 20 ans de prison dans des affaires de corruption et reste poursuivi pour une autre affaire similaire. Alors que les autorités françaises ont formulé plusieurs demandes pour expulser des migrants algériens en situation irrégulière, elles ont été refusées systématiquement. En pleine crise diplomatique entre la France et l'Algérie, c'est au tour des autorités françaises de répondre par la pareille. Le régime algérien a introduit six demandes d'extradition auprès de la justice française mais aucune d'elles n'a été acceptée. Par ailleurs, ce mercredi, la justice française refusé l'extradition de l'ancien ministre algérien de l'Industrie au niveau de la Cour d'appel. « L'éloignement de M. Bouchouareb, gravement malade, ferait courir à celui-ci, si ce n'est un risque de vie, (un risque) de déclin rapide et irréversible de son état de santé « , a estimé le procureur. De son côté, l'ancien ministre de 72 ans, qui a trouvé refuge en France, a indiqué ne pas être un voleur. « Je ne suis pas un voleur mais un grand industriel anti-islamiste », s'était-il défendu en audience. « Nous aimerions aussi que la France accède à nos demandes d'extradition comme l'Espagne, l'Italie, l'Allemagne. Or, curieusement, nous constatons que Paris donne la nationalité ou le droit d'asile à des personnalités qui ont commis des crimes économiques ou qui se livrent à de la subversion sur le territoire français », avait réagi le président algérien dans un entretien à l'Opinion. La Cour d'appel a estimé que l'ancien ministre encourant des « conséquences d'une gravité exceptionnelle » en cas de jugement en faveur de son extradition en Algérie. La Cour a évoqué l'article 3 de la convention européenne des droits de l'Homme et l'article 5 de la convention d'extradition franco-algérienne de 2019 pour justifier sa décision.