* Les excédents monétaires des pays arabes dépassent leur PIB. * Les échanges interarabes ne représentent que 10% des échanges extérieurs du monde arabe. Les banquiers arabes ont convenu de déployer une partie des surliquidités dont disposent leurs organismes dans des investissements dans les pays arabes. Lors du Congrès annuel de l'Union des banques arabes qui s'est tenu les 27 et 28 avril dernier à Casablanca, sous le thème «L'investissement dans le monde arabe: investissement dans l'avenir», Fathallah Oualalou, ministre des Finances et de la Privatisation, a indiqué que « tout le monde s'intéresse de plus en plus au monde arabe surtout avec la flambée des prix du pétrole. Une hausse qui a permis aux pays arabes pétroliers d'avoir un excédent en devises et une surliquidité exceptionnelle ». Oualalou a insisté sur le fait qu'il est temps pour les pays arabes de fructifier cette surliquidité dans des investissements rentables et surtout de diversifier les activités indépendamment du secteur pétrolier». «Le secteur banquier arabe, a-t-il indiqué, est appelé à activer l'investissement et à apporter un soutien accru aux PME». Il a souligné à cet égard que « les banques arabes sont tenues de renforcer leur capacité financière et technologique pour être au diapason de ce qui existe dans les pays développés ». «Le climat d'investissement et juridique est lui aussi l'objet de réformes», a affirmé Oualalou. Le ministre a précisé que « la restructuration du cadre macroéconomique est en marche et que plusieurs mesures ont été prises pour s'adapter aux conventions de Bâle II». «Ces outils, a dit Oualalou, vont permettre d'éviter les crises, notamment financières». «Le rôle de ces institutions ne se limite pas à l'aspect monétaire et financier, a-t-il noté, mais ces banques ont aussi un rôle essentiel dans le développement et la lutte contre la marginalisation et la pauvreté». Dans son intervention, Joseph Torbey, président de l'Union des banques arabes, a indiqué que «toute réforme ou révision dans le monde arabe doit prendre en considération les points forts et les points faibles de chaque option». «Notre région, a-t-il indiqué, fait l'objet de plusieurs menaces et pressions qui sont un danger pour la stabilité. Néanmoins, l'économie arabe fait partie de l'économie mondiale ; elle doit donc assurer son intégration dans les meilleures conditions». Chiffres à l'appui, Torbey a affirmé que «le monde arabe possède plusieurs atouts qui restent inexploités et qui ne reflètent guère la réalité des potentialités existantes». «L'économie arabe, a-t-il expliqué, ne représente que 2 à 3% de l'économie mondiale, alors que les pays arabes disposent de 10% de surface et de 5% de la population». Il a regretté que «les échanges interarabes ne constituent que 10% des échanges extérieurs du monde arabe», et d'ajouter que «les banques arabes peuvent jouer un grand rôle dans de nouvelles orientations surtout qu'ils ont développé des capacités financières exceptionnelles». Il a évoqué comme exemple « le niveau des dépôts bancaires qui dépasse les 650 milliards de dollars et les lignes de financement qui sont situées à 530 milliards de dollars». Torbey a révélé que les «capacités du secteur bancaire arabe dépassent de loin le PIB arabe. Ce qui est incompatible avec les normes et standards internationaux». « Le monde arabe est appelé à activer les réformes pour la création du marché commun arabe », a-t-il souligné. Torbey a toutefois salué «les performances remarquables réalisées par le secteur bancaire marocain qui, a-t-il précisé, est cité en exemple dans le monde arabe». Lors de son allocution, Othman Benjelloun, président du Groupement professionnel des banques du Maroc (GPBM) et PDG de BMCE Bank, a appelé « les banquiers arabes à utiliser leur pouvoir considérable pour s'unir et tisser des liens de partenariat et de coopération et avoir un programme de grande envergure». «Ledit programme peut changer la physionomie du monde arabe, et tous les ingrédients nécessaires existent pour réussir ce pari », a-t-il conclu. Le Cheikh Tarik Ben Fayçal Al Kassimi, président d'arrondissement économique (Emirat de Sharajah), membre de l'Ordre des biens et de la Bourse aux Emirats arabes unis (EAU), a mis en exergue «l'exemple de transition réussie de l'économie émiratie qui dépendait à 75%, jusqu'à un passé récent, des revenus pétroliers, pour dépendre actuellement d'autres activités, notamment les services, avec le même pourcentage». «Les EAU sont cités comme référence en matière de diversification économique dans la région», a-t-il souligné. «La nouvelle donne a permis au pays de réaliser des taux de croissance qui dépassent les 10% par an avec une progression des investissements qui tourne autour de 20%», a indiqué Cheikh Al Kassimi. Il a précisé que «les EAU ont opté pour des secteurs innovants et à fortes perspectives d'avenir comme celui du transport aéronautique». «Dans ce cadre, les EAU disposent de trois grandes compagnies aériennes comme Emirates, Al Itttihad et Al Arabia. Ces projets ont nécessité des investissements de plus de 9 milliards de dollars ».