Si Accès Capital Atlantique, filiale de CDG Capital, a introduit une forme de financement inédite au Maroc, il n'en reste pas moins que ce fonds s'inscrit dans la parfaite continuité de la stratégie du groupe CDG. A savoir, être pionnier dans le développement du private equity. CCapMezzanine». C'est justement le nom de ce tout nouveau fonds d'investissement. Sa particularité, c'est qu'il combine le financement en capital et mezzanine. Autrement dit, cela signifie qu'il propose «un financement à terme, sous forme de quasi- fonds propres, utilisés pour combler les besoins de financement entre dette classique et fonds propres», explique Hassan Laâziri, directeur général d'Accès Capital Atlantique. Et c'est une première au Maroc ! En effet, le principe général de «financement mezzanine» repose sur un montage financier qui fait partie du schéma à étages de financement entre la dette et les capitaux propres, la dette mezzanine étant une dette subordonnée non cotée et souscrite par des fonds spécialisés. Les supports utilisés sont généralement des titres hybrides: obligations convertibles, bons de souscription d'actions. Ceci pour le côté technique de l'opération. Quant à la cible de ce fonds, ce sont les autres fonds d'investissements qui utilisent le LBO (leverage by out) lors de leurs transactions, Le LBO nécessitant à la fois un financement en capital, dette bancaire et mezzanine. «Seulement, Cap Mezzanine ne vise pas exclusivement l'accompagnement de fonds d'investissements, mais aussi celui d'entreprises souhaitant réaliser tout simplement des fusions acquisitions», poursuit Hassan Laâziri. Ce fonds, doté de 500 millions de DH, vient tout juste de réaliser son premier closing, qui s'élève lui à 320 millions de DH. Son tour de table est aussi bien constitué d'institutionnels marocains qu'étrangers de renom, à l'image de la BEI (banque européenne d'investissement) ou encore de la Caisse de Dépôt et de Consignation. Et selon certaines sources, à l'occasion du second closing, d'autres institutionnels étrangers devront bientôt se joindre aux premiers, vraisemblablement des agences de développement… 2006, un tournant majeur Le timing choisi pour ce lancement par le mangement de Accès Capital Atlantique, qui rappelons-le est une société de gestion de fonds d'investissement, n'est pas fortuit. Tout d'abord parce que le premier fonds (fonds de développement ACAMSA doté de 180 millions de DH), lancé en 2001 lors de la création de la société, est épuisé depuis février 2007. C'est donc en toute logique que les équipes se sont attelées au montage d'un nouveau fonds. Mais c'est loin d'être la seule raison. Car il se trouve que le marché est aujourd'hui demandeur, au vu des importantes mutations qu'il a connues, notamment en 2006. Pour preuve, l'arrivée sur le marché marocain de nombreux fonds régionaux ayant intégré le Maroc dans leur périmètre d'investissement, et aussi la taille actuelle des fonds: la seule année 2006 a porté le total des fonds sous gestion de 1,5 milliards de DH à plus de 4 milliards de DH, grâce au lancement de fonds seconde génération. Des sommes qui paraissent colossales comparées au début du capital investissement au Maroc. Car une toute première période de pénétration du marché a eu lieu entre 1995 et 1999, sous l'impulsion d'institutionnels, dans un contexte marqué par une économie marocaine protégée et un marché financier en cours de réforme. «A l'époque, deux sociétés de capital risque seulement géraient des fonds ne dépassant pas les 400 millions de DH. A partir de 2000, un contexte économique plus favorable (l'ouverture de l'économie marocaine, la réforme du système financier et l'évolution des règles de gouvernance et de transparence) a permis le lancement de 5 fonds d'investissement totalisant 1 milliard de DH», rappelle Amine Benhalima, administrateur directeur général de CDG Capital. Le bilan de cette phase a été on ne peut plus encourageant, avec notamment des performances plus qu'honorables pour une 1ère génération de fonds avec un TRI - taux de rentabilité interne - moyen dépassant les 12%, au-delà des attentes des bailleurs de fonds. A noter que dans d'autres pays émergents, les TRI enregistrés sont généralement négatifs. Ils étaient à peine positifs en Occident à leur démarrage au début des années 70. Depuis 2001, Accès Capital Atlantique a donc pour sa part pu réaliser pas moins de huit participations. De HPS –Hightech Payment System- à Newrest, en passant par Sanash Sécurité, ACA a toujours eu pour objectif d'investir en fonds propres dans des petites et moyennes entreprises (PME-PMI) marocaines non cotées. Objectif: leur permettre d'axer leur développement sur la recherche, l'innovation mais également sur la mise en place d'alliances stratégiques avec des entreprises étrangères, et ce quelque soit le secteur auquel elles appartiennent. Bien entendu, le but ultime étant de réaliser des sorties profitables. Ainsi, sur les huit participations d'ACA, deux sorties ont été réalisées: HPS (société de commercialisation de progiciels de gestion de moyens de paiement électronique et fourniture de solutions monétiques) et Finapack (Conception, fabrication et commercialisation d'emballages en carton ondulé). Trois autres sorties seraient en préparation pour 2008. Pour la petite histoire… Le terme mezzanine est emprunté au monde de la construction et son plus proche équivalent est le mot «entresol». Si nous subdivisons le financement d'une entreprise en plusieurs niveaux, le financement mezzanine se situe à l'«entresol»: c'est le capital qui sert de passerelle entre le crédit bancaire et les capitaux (à risque). Source: fortisbusiness.com Sanash Sécurité : un exemple de LBO (leverage by out) Sanash, société de conseil en sécurité, fourniture et installation en sécurité physique et électronique, est à l'origine une filiale à 92% de Steelcase Strafor Maroc, société spécialisée dans la fabrication et la commercialisation du matériel de bureau. Dans le cadre de sa stratégie de recentrage sur son métier de base, Samir Mdaghri, directeur des systèmes d'information à Steelcase, en association avec le fonds ACAMSA, ont acquis en mars 2005 la société Sanash grâce à un investissement de 8,7 millions de DH. Depuis sa reprise, les indicateurs financiers de la société ont progressé sensiblement grâce à la qualité des produits et services offerts. Les principaux clients de la société sont les banques, qui représentent plus de 50% de ses réalisations à côté des administrations et des sociétés multinationales. Parmi ses références: Attijariwafa bank, Crédit Agricole, Maroc Télécom, Brink's Maroc et bien d'autres de renom. Repères La success story de HPS Le 27 Décembre 2006, dans le cadre de l'introduction en bourse de HPS par cession de 30% de son capital, le fonds d'investissement ACAMSA, géré par la société Accès Capital Atlantique SA, a donc cédé 40% de sa participation dans le capital de HPS. Cette opération d'introduction vient en continuité des efforts de développement et de modernisation entrepris par HPS, aussi bien au niveau national qu'international, et permettra au fonds de réaliser sa deuxième sortie après celle de Finapack en 2005. En 2002, la prise de participation du Fonds ACAMSA dans HPS pour un investissement de 12,76 millions de DH avait pour objectif d'apporter à la société les ressources nécessaires pour le développement de nouvelles activités (nouveaux produits, modèle Application Service Provider). Aujourd'hui, la société est leader sur le marché africain francophone avec une forte activité à l'export. La société dispose d'un important réseau de partenaires (Asie, Moyen-Orient, Europe, Afrique et Etats-Unis) lui permettant de se positionner sur plusieurs marchés internationaux.