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Chef Simo : « La cuisine marocaine, un trésor à partager avec le monde »
Publié dans L'observateur du Maroc le 06 - 01 - 2025

L'Observateur du Maroc et d'Afrique : Qui est Chef Simo ?
Mohamed M'himdat: Chef Simo est avant tout un citoyen du monde avec un profond attachement à ses racines marocaines. J'ai passé 27 ans à l'étranger, un parcours qui m'a permis de me former et d'acquérir une richesse culturelle et professionnelle inestimable. J'ai obtenu deux masters : l'un en psychologie et sociologie, et l'autre en marketing et management hôtelier. Ces formations m'ont donné une vision globale et multidimensionnelle, que j'applique aujourd'hui dans ma carrière culinaire.
Mon expérience professionnelle dans le secteur hôtelier m'a emmené aux quatre coins du globe : l'Allemagne, la France, le Moyen-Orient, Dubaï, le Japon, la Chine et les Maldives. Chaque pays m'a offert une nouvelle perspective et m'a permis de m'imprégner de techniques et de saveurs différentes.
Il y a six ans, j'ai décidé de rentrer au Maroc. Ce retour aux sources a marqué un tournant dans ma vie. C'est alors que j'ai participé à MasterChef, une aventure inoubliable qui m'a permis de remporter le titre et de concrétiser mon rêve de devenir chef. Aujourd'hui, je m'efforce de promouvoir la cuisine marocaine à l'échelle internationale en mélangeant tradition et innovation, tout en partageant ma passion pour l'art culinaire.
Du management hôtelier à la cuisine... Pourquoi ce grand virage ?
La cuisine a toujours été une passion ancrée en moi, héritée de ma mère dès mon enfance. Bien que ce fût un espace de créativité et de partage, je ne l'envisageais pas initialement comme une carrière. Pendant mes 23 années dans l'hôtellerie, où j'occupais des postes de direction des opérations, la cuisine restait un plaisir personnel, une échappatoire et un moyen de me reconnecter à mes racines.
Tout a changé après ma participation à MasterChef, qui m'a permis de réaliser que la cuisine pouvait devenir bien plus qu'une passion : elle pouvait être une vocation. C'est à partir de ce moment que j'ai décidé de transformer cet amour en métier. J'ai lancé une société de conseil en restauration pour aider d'autres professionnels à créer et gérer leurs établissements. Par la suite, j'ai ouvert trois restaurants.
Mon premier restaurant propose une cuisine marocaine fusion, alliant histoire et modernité. Par exemple, j'ai créé des sushis marocains, mariant des ingrédients locaux comme le safran, l'argan et la menthe à des techniques culinaires internationales. Ce projet incarne ma vision : faire rayonner la cuisine marocaine à l'échelle mondiale, la moderniser tout en préservant son authenticité et son âme.
Comment la cuisine marocaine, selon vous, peut-elle servir de pont culturel ?
Mon attachement à la cuisine marocaine repose sur son incroyable histoire, vieille de plus de 12 siècles, qui reflète les influences andalouses, berbères et arabes. C'est une cuisine qui raconte des récits, qui traverse le temps et les cultures, et qui incarne l'âme même de notre patrimoine. Elle est à la fois riche, variée et unique, avec des plats et des saveurs qui ne cessent d'émerveiller.
Prenons des produits emblématiques comme l'huile d'argan, véritable or liquide, ou notre palette d'épices comme le safran de Taliouine ou le ras el hanout. Ils ne sont pas seulement des ingrédients : ils sont le reflet de nos terres, de nos savoir-faire ancestraux et de l'hospitalité marocaine. Chaque plat, qu'il s'agisse d'un tajine ou d'un couscous, porte en lui une part de notre identité.
Ce patrimoine culinaire est un trésor inestimable que je m'efforce de valoriser et de partager avec le monde entier. Mon ambition est d'en faire une passerelle culturelle, car la cuisine est un langage universel. À travers un plat, on peut transmettre des émotions, raconter une histoire et faire découvrir un pays.
En promouvant la cuisine marocaine, je souhaite non seulement faire rayonner notre héritage, mais aussi inspirer d'autres à explorer et apprécier la richesse de nos traditions. C'est une mission qui me tient à cœur et qui guide toutes mes initiatives, qu'elles soient locales ou internationales.
Mohamed M'himdat, alias Simo, a bien creusé son sillon dans le domaine de l'art culinaire après avoir remporté la finale de la 4e édition de MasterChef Maroc.
Vous avez également accompli l'exploit d'entrer dans le Guinness des Records. Quelle a été votre principale recette pour un tel succès ?
C'était une expérience incroyable, et une grande fierté pour moi. J'ai réalisé la plus grande « briouate du monde », un défi technique qui m'a permis de devenir le premier chef marocain à figurer dans le Guinness des Records. L'idée était de rassembler les saveurs du Maroc en un seul plat. Pour ce défi, j'ai choisi les 30 plus grandes spécialités culinaires marocaines et revisité leurs recettes, que j'ai intégrées dans une briouate géante.
Le nom « De Tanger à El Gouira » symbolise la diversité de notre patrimoine gastronomique, du nord au sud du pays. C'était une manière de célébrer la richesse des traditions culinaires marocaines dans une seule création. Mon ambition est de multiplier ce genre d'initiatives pour continuer à faire rayonner la cuisine marocaine sur la scène internationale.
Vous insistez beaucoup sur la promotion de la gastronomie marocaine à l'international. Quels ingrédients utiliser pour le faire avec efficacité ?
Cela passe par plusieurs axes stratégiques. Tout d'abord, il est essentiel de développer le "food export". Les produits marocains comme l'huile d'olive, l'huile d'argan, les épices, ou encore les fruits et légumes locaux, doivent devenir des incontournables sur les marchés internationaux, au même titre que la sauce soja pour la cuisine asiatique ou le parmesan pour la cuisine italienne. Nous avons des trésors culinaires qui méritent d'être sur les étals des supermarchés et dans les cuisines du monde entier.
Ensuite, les outils modernes comme les réseaux sociaux et la télévision jouent un rôle primordial dans cette mission. Ils permettent de toucher un public diversifié et mondial en quelques clics. Enfin, il faut aussi miser sur les événements culinaires mondiaux. Participer à des festivals, organiser des ateliers de cuisine marocaine, et s'inviter dans les cuisines des grands restaurants internationaux sont autant de moyens de faire connaître notre savoir-faire. Je rêve de voir des plats marocains comme le tajine ou la pastilla devenir aussi populaires que le sushi ou la pizza. Cela exige une stratégie coordonnée entre les chefs, les exportateurs, et les institutions, mais c'est tout à fait possible.
Comment remédier aux problèmes dont pâtit le secteur de la restauration au Maroc ?
Ce secteur souffre effectivement d'un manque de régulation, et il est crucial d'y remédier de manière urgente. Actuellement, tout le monde peut se prétendre chef sans avoir la formation adéquate. Devenir chef devrait être lié à des études professionnelles et des compétences reconnues, avec des commissions spécialisées pour valider ces titres. Sinon, cela permet à quiconque de se proclamer spécialiste, ce qui nuit à la crédibilité de la profession.
Être un chef marocain ne se limite pas à maîtriser les techniques culinaires. Il s'agit aussi de comprendre les traditions, l'histoire et les influences qui façonnent notre gastronomie. Un chef doit être formé dans différents domaines : la cuisine, mais aussi la gestion, le service et la culture qui accompagnent chaque plat. Ce n'est pas simplement un métier, mais un véritable concept.
Aujourd'hui, les ouvertures et fermetures fréquentes de restaurants illustrent un manque de compétence et de régulation. Pour assurer la pérennité du secteur, il est nécessaire d'instaurer une gestion rigoureuse et de garantir la qualification de la main-d'œuvre. Un cadre professionnel clair, avec un cahier des charges pour l'ouverture des établissements et des gestionnaires qualifiés, est indispensable pour encadrer cette économie.
Qu'en est-il de la pénurie de compétences dans le secteur de la restauration ?
C'est une véritable problématique. Beaucoup de restaurants ferment faute de personnel qualifié et de ressources humaines adaptées. Il est crucial de former des professionnels, non seulement en cuisine, mais aussi dans la gestion d'entreprise. Le Maroc possède un immense potentiel de développement dans ce secteur, mais cela passe par la mise en place de programmes de formation pertinents et l'attraction de talents compétents pour gérer les établissements et dynamiser l'économie.
L'avenir du secteur est prometteur, mais il dépend de notre capacité à structurer l'industrie. Le Maroc est en pleine expansion, et la restauration fait partie intégrante de cette dynamique. D'ici 2030, le Maroc pourrait devenir un acteur majeur sur la scène mondiale. Toutefois, pour y parvenir, il est impératif d'instaurer une régulation stricte et de former une nouvelle génération de chefs et de restaurateurs qualifiés.
L'art culinaire semble de plus en plus intéresser les jeunes. Quels conseils pourriez-vous donner aux chefs en herbe ?
Je leur dirais d'avoir de la passion et du dévouement. Ce métier demande beaucoup d'investissement, mais il est extrêmement gratifiant. Il est aussi crucial de valoriser et réglementer la profession de chef au Maroc, avec des écoles hôtelières de qualité qui forment nos jeunes talents. Le Maroc a un potentiel immense. Ensemble, nous pouvons propulser notre gastronomie sur la scène mondiale.


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