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« L'écriture est un grand moment de solitude »
Publié dans Le Soir Echos le 09 - 07 - 2013

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Nombre d'écrivains ont été rompus à évoquer l'âme d'un lieu. De l'heure bleue au point de l'aube, sa frénésie ambiante, sa musicalité, ses âmes errante, pour le pire et le meilleur. Il y eut le Caire pour Naguib Mahfouz, les venelles afghanes pour Atiq Rahimi, l'air vicié de l'Alabama, pour Gilles Leroy. Si Omar Berrada s'est attaché à dépeindre Casablanca pour signer son premier roman, « L'encensoir », il se penche aujourd'hui à hauteur d'enfant avec « Tête de serpent » (éd. Marsam). Du côté de la voix d'un orphelin, Othman, adopté par son oncle, suite au décès de ses parents. L'auteur y fait résonner en écho, à la manière d'un conte intimiste, les tourments d'un héros-enfant.
Comment êtes-vous venu à l'écriture ?
J'ai toujours caressé l'idée d'écrire, je nourris un intérêt évident pour la littérature quelle que soit son origine. Du temps de ma prime enfance, j'étais un rat de la bibliothèque du Centre Culturel Français, de ma ville natale et c'est entre ses bancs que j'ai fais les plus heureuses des rencontres. Plus tard, j'ai fais la connaissance du très grand écrivain Jean-Pierre Millecam qui m'a initié à l'écriture et à corriger mes textes et les a longuement commentés.
Parlez-nous de la genèse de « Tête de serpent », votre nouveau roman ?
Je m'inspire en fait dans un premier temps d'une histoire pour démarrer un roman, elle va ainsi être un fil conducteur. L'adoption « forcée » dans les familles marocaines est un tabou de second ordre, considérée et relayée aux affaires internes de la tribu et nul étranger n'a le droit de s'y immiscer. Ce sujet ne mérite malheureusement pas l'attention des sociologues et d'autres défenseurs des droits humains. La richesse et le droit d'aînesse aidant, il est « normal » de voler sa fratrie et violer la conscience des nourrissons au nom du droit de la famille, à savoir, de décider de l'avenir des leurs.
Avez-vous rencontré des enfants adoptés de force afin de penser votre récit ?
Pour pouvoir construire la trame de mon roman, j'en ai rencontré énormément. Et, j'ai dès lors, longuement discuté avec eux et essayé de comprendre le raisonnement de ces adoptions forcées.
Votre livre est une œuvre qui fait mal. Son écriture vous a-t-elle tourmentée ?
J'ai essayé de me détacher de mon texte et en vérité, je n'y suis pas parvenu. J'ai transcrit les délires de certains enfants pris dans cette spirale et je suis descendu dans leurs enfers. Et la référence récurrente à la religion s'explique par le désespoir, l'espoir et la crainte qui animent mes personnages. Le sacré bien plus que le profane est la trame qui traverse ce roman d'un bout à l'autre et habite tous ceux qui le constituent. Mais la thématique religieuse s'apparente plus à une manière de vivre, une façon de supporter la rigueur de la vie courante sans se poser de plus amples questions, qu'à une conception destinée à mettre l'âme humaine en rapport avec son créateur.
Certains personnages vous hantent-ils encore ?
Ces personnages m'habitent comme tant d'autres. Ils font partie de mon univers et de ces laissés-pour-compte.
Pourquoi ce titre « Tête de serpent »?
Le serpent est « la bête » par excellence dans les croyances des trois religions révélées dans la mythologie grecque – les gorgones – ces monstres ailés à la chevelure de serpents qui transformaient en pierre tout ceux qui osaient les regarder. Vous avez sûrement remarqué les titres bibliques des chapitres : les quatre plaies, Youssef, les années maigres, les années grasses etc.... On revient encore aux croyances qui nous habitent au point de nous hanter. Le reptile qui est responsable de notre éternel exil, est par conséquent, l'ennemi à abattre et pour le neutraliser, il faut lui couper la tête.
Dans ce roman, la tête est la personne qui persécute le héros, malgré lui.
Êtes-vous en projet pour un futur roman et quelle en sera la thématique ?
Pour le moment, je laisse mon inspiration et ce prochain ouvrage faire leur chemin, je reprends mes pinceaux et je reviens à mes sculptures.
Dans quelles conditions écrivez-vous ?
Comparables à celles d'un fumeur : j'écris quand je suis bien ou quand j'ai le spleen. Il n'y a pas de juste milieu. L'écriture est un exutoire, elle incarne de plus une autre façon de permettre au rêve de devenir réalité. C'est un moment de grande solitude, purement égoïste et jubilatoire !
A-t-il été difficile de retranscrire la psychologie d'Othman, héros-enfant dans « Tête de serpent » ?
On a tous été enfant. Et même adulte on garde une âme d'enfant pour les plus chanceux d'entre nous.
Il n'a pas été difficile de me mettre dans la peau de cet enfant torturé et de suivre avec lui les méandres de son enfance bafouée.


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