Ce mardi 1er avril 2025, la France prend officiellement les rênes de la présidence tournante du Conseil de sécurité des Nations Unies. Une responsabilité symbolique mais aussi éminemment stratégique, qui intervient dans un contexte international marqué par de profonds réajustements géopolitiques, notamment en Afrique du Nord. Paris, acteur historique de la diplomatie multilatérale, se retrouve ainsi à la croisée des enjeux globaux, parmi lesquels la question du Sahara marocain s'impose désormais comme un dossier où les lignes bougent vite — et clairement. L'arrivée de la France à la tête du Conseil de sécurité coïncide avec une consolidation continue de la reconnaissance internationale de la souveraineté du Maroc sur ses provinces sahariennes. Depuis la reconnaissance américaine en 2020, suivie par une vague d'ouvertures de consulats dans les villes de Dakhla et Laâyoune par de nombreux pays africains, arabes et latino-américains, la diplomatie marocaine récolte les fruits d'une stratégie patiente, multilatérale et axée sur le développement. Face à cela, la pouvoir algérien, principal soutien du Polisario, semble engluée dans une posture idéologique de plus en plus en décalage avec les réalités du terrain. Le discours figé d'Alger, s'appuyant sur une rhétorique héritée de la guerre froide, ne parvient plus à masquer l'érosion de ses soutiens traditionnels, ni à enrayer la dynamique d'isolement diplomatique croissant dont elle est l'objet. Longtemps prudente, la position française sur le Sahara a connu un infléchissement majeur. Paris a franchi le pas d'une reconnaissance formelle de la souveraineté marocaine comme l'a fait Washington, les signaux politiques et diplomatiques se sont multipliés. Lors de sa visite au Maroc en octobre 2025, le président français, Emmanuel Macron a déclaré : « Pour la France, le présent et l'avenir de ce territoire s'inscrivent dans le cadre de la souveraineté marocaine. L'autonomie sous souveraineté marocaine est le cadre dans lequel cette question doit être résolue ». Il a également ajouté que le plan d'autonomie proposé par le Maroc en 2007 constituait la seule base de discussion pour une solution durable et négociée, en adéquation avec les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies. Lire aussi : Conseil de sécurité: le Maroc fustige le deux poids, deux mesures de l'Algérie sur le Sahara Plus encore, dans les cercles diplomatiques à New York, il ne fait guère de doute que la diplomatie française, en assumant la présidence du Conseil ce mois-ci, poursuivra sa ligne de soutien clair à la solution politique portée par Rabat. Cette posture s'inscrit dans une logique de stabilité régionale, à l'heure où le Sahel et la bande sahélo-saharienne font face à une montée en puissance des groupes terroristes et à un repli de l'ordre multilatéral traditionnel. La France, partenaire historique du Maroc, mesure l'importance stratégique de la stabilité au Sahara. Elle observe également avec attention les efforts d'investissement et de développement engagés par le Royaume dans la région : ports, routes, infrastructures sociales, zones industrielles... autant de leviers qui renforcent l'intégration du Sahara dans le tissu national marocain et en font une zone d'avenir tournée vers l'Afrique subsaharienne. Dans cette perspective, la marginalisation du Polisario, et le soutien persistant – mais de plus en plus coûteux – que lui accorde Alger, ne pèsent plus du même poids dans les équilibres diplomatiques. La priorité donnée à la stabilité, au développement économique et à la lutte contre l'insécurité transnationale pousse les partenaires européens, y compris Paris, à faire évoluer leurs positions. En assumant la présidence du Conseil de sécurité ce mois-ci, la France a l'opportunité de faire entendre une voix de clarté, de responsabilité et d'anticipation. Si elle ne détient pas seule la clef du dossier, son rôle peut être déterminant pour faire avancer une solution politique réaliste et conforme au droit international, tout en confortant les dynamiques régionales favorables à la paix et à la coopération. Le Maroc, de son côté, ne cesse de renforcer sa stature africaine et internationale, apparaissant de plus en plus comme un pôle de stabilité et un modèle de diplomatie proactive. À l'opposé, l'Algérie peine à proposer une alternative crédible, enfermée dans un discours dépassé et désincarné. Avec MAP