Soulaiman Raissouni, ancien détenu pour son implication avérée dans un crime d'attentat à la pudeur sur un jeune Marocain, poursuit toujours ses diatribes, révélatrices d'un ressentiment profond à l'égard de son pays et de ses compatriotes. Dans une récente publication sur son compte Facebook, il a laissé transparaître une animosité manifeste envers les Juifs, s'interrogeant sur l'ampleur du soutien dont bénéficie l'écrivain algérien Boualem Sansal — qu'il accuse de «sionisme» — de la part du président français Emmanuel Macron et des élites politiques et culturelles de l'Hexagone, tandis que Maâti Monjib, bien qu'il soit détenteur de la nationalité française, ne jouit d'aucune solidarité comparable. Selon Raissouni, il semblerait que la citoyenneté française confère une immunité absolue face aux poursuites judiciaires et qu'elle autorise son détenteur à se soustraire impunément aux lois. Dans ce même texte, où il compare Boualem Sansal à un «chien aboyant à la lune», il n'hésite pas à vouer aux gémonies ceux qu'il qualifie d'«intellectuels du Makhzen francophone» — parmi lesquels Tahar Ben Jelloun, Leïla Slimani et Fouad Laroui — leur reprochant d'avoir volé au secours de Sansal, tout en observant un mutisme absolu à l'égard de Maâti Monjib. Le mythe d'une impunité sélective Prenons le temps d'examiner sereinement les faits et de dissiper les contrevérités distillées par cet ancien détenu, dont la fuite en avant ne tend qu'à se soustraire aux responsabilités judiciaires qui lui incombent, au point d'en venir à croire qu'il serait affranchi de toute contrainte légale. Le premier contre-exemple qui s'impose est celui du procès de Marine Le Pen en France. Malgré les influences que d'aucuns pourraient attribuer à une hypothétique emprise d'un «Makhzen profond» sur les sphères du pouvoir parisien, cette affaire évoque un principe immuable : nul n'est au-dessus des lois et seule la justice a vocation à trancher, en toute impartialité, indépendamment des affiliations idéologiques ou des orientations politiques du prévenu. Il y va de même pour le procès de l'ancien président français Nicolas Sarkozy (2007-2012) : malgré l'ampleur des charges pesant contre lui, aucune campagne de désinformation ni agitation médiatique ne sont venues perturber le cours de la justice. C'est le principe de la responsabilité qui a prévalu, dans le respect des règles d'un procès équitable et rigoureux. Tandis que nous nous attardons sur la rigueur de la justice française, ne perdons pas de vue la parodie judiciaire à laquelle fut soumis Boualem Sansal devant les tribunaux du régime militaire algérien. Cette condamnation, dont l'injustice était flagrante dès l'instant où elle fut prononcée, aurait dû soulever une vague d'indignation. Pourtant, ni en Algérie ni ailleurs ne s'est fait entendre le moindre cri de protestation. Et plus troublant encore : ceux qui, au Maroc, se sont fait une spécialité de dénoncer les atteintes aux libertés fondamentales se sont enfermés dans un silence assourdissant. Une semaine s'est écoulée depuis que Sansal a été condamné à cinq ans de prison ferme — lui qui croupit derrière les barreaux depuis le 16 novembre 2024 — et, pas un mot de la part de ce que d'aucuns appellent «la cinquième colonne.» Où donc sont passés l'Association marocaine des droits de l'homme (AMDH) et ses figures de proue ? Où sont passés Fouad Abdelmoumni, Maâti Monjib, Ali Lmrabet, Hassan Bennajeh, Houcine Majdoubi et même le prince Hicham Alaoui ? Les droits humains ne sont-ils pas censés être universels ? Ou bien l'affaire Boualem Sansal a-t-elle le tort de mettre en lumière des vérités trop dérangeantes sur l'unité territoriale du Maroc et les turpitudes du régime algérien ? Devant une telle hypocrisie, faut-il voir une haine inextinguible envers la patrie ? L'aveuglement dogmatique de Soulaiman Raissouni Arrêtons-nous un instant sur cette affaire et interrogeons-nous sur la posture absurde qu'a adoptée Soulaiman Raissouni, condamné pour agression sexuelle et qui, dans une manœuvre grossière, tente de travestir son crime en une prétendue affaire politique et un combat pour les libertés fondamentales. Il a ainsi écrit, noir sur blanc, qu'il refusait de témoigner sa solidarité à Boualem Sansal, sous prétexte que ce dernier est un «soutien du sionisme». Ce qui est gravissime ici, ce n'est pas tant son refus de prendre parti, mais l'argument invoqué, qui révèle une hostilité aveugle et viscérale à l'égard des Juifs dans leur ensemble, en tant que peuple et en tant que culture. Dès lors, une question s'impose : qui donc, ici, est réellement animé par l'antisémitisme ? Car il ne saurait être contesté que l'hostilité à l'encontre d'un peuple, d'une ethnie ou d'une religion constitue une forme de radicalisme et de sectarisme qui ne souffre d'aucune justification. Alimenter la haine sur la base d'appartenances raciales ou confessionnelles plutôt que de juger les individus sur leurs actes et leurs principes est une dérive inadmissible. Or, l'antisémitisme n'est pas une simple posture idéologique ou politique : il s'agit d'une négation d'un pan entier de l'histoire humaine, d'une langue, d'une culture et d'une tradition qui ont, de tout temps, constitué une composante intrinsèque du tissu social marocain. Aujourd'hui encore, certains de leurs descendants vivent parmi nous tandis que d'autres ont émigré vers Israël, où plus d'un million de Juifs d'origine marocaine demeurent profondément attachés à leurs racines et à leurs traditions ancestrales. Ce que Soulaiman Raissouni ignore — et ce n'est guère surprenant, au regard de son bagage intellectuel limité, lui qui n'a pas dépassé le niveau secondaire —, c'est que cloisonner les peuples selon leur origine ou leur confession est une aberration que condamnent aussi bien la raison que les lois et les conventions internationales. Car si l'on remonte aux mythes fondateurs, même les plus anciens récits — comme ceux attribuant à Noé la répartition des continents entre ses fils Cham, Sem et Japhet — nous rappellent que l'humanité entière partage une origine commune. Une stratégie de subversion au service de l'adversaire Mais qu'on ne s'y trompe pas : Soulaiman Raissouni ne défend ni les droits de l'homme ni les libertés fondamentales. Son engagement n'est qu'une façade, un prétexte commode au service d'agendas obscurs, souvent hostiles aux intérêts du Maroc. Plutôt que de dénoncer l'injustice criante dont est victime Boualem Sansal, incarcéré pour avoir osé dire la vérité sur l'histoire et l'intégrité territoriale du Maroc, il choisit délibérément de l'attaquer et de l'accabler de l'anathème du sionisme. Cette prise de position éclaire son alignement avec le régime algérien, ennemi juré du Maroc, qui n'hésite pas à financer toutes les tentatives de déstabilisation orchestrées par des figures en rupture avec leur patrie. Mais ces velléités se brisent inévitablement contre le mur de la vérité historique et contre la vigilance du peuple marocain, farouchement attaché à sa souveraineté. Par ses incessantes intrusions dans des dossiers où il n'a ni légitimité ni compétence, Raissouni s'emploie à bâtir des comparaisons absurdes, comme celle qu'il établit entre l'affaire Boualem Sansal — victime d'une répression arbitraire — et celle de Maâti Monjib, poursuivi en état de liberté pour détournement de fonds et bénéficiant de toutes les garanties d'un procès équitable. Ce n'est là qu'une énième tentative de dénigrement des institutions marocaines, dans une posture aussi prévisible que pathétique.