Depuis les années 90, l'Algérie s'inscrit dans une stratégie complexe de soutien et de manipulation des groupes djihadistes, qu'elle exploite pour asseoir ses ambitions régionales, tout en déstabilisant ses voisins du Sahel et en cultivant une influence néfaste dans la région. Plusieurs rapports d'instituts, de journalistes spécialisés, d'experts en géopolitique, et des pays de la région, indiquent et affirment les liens entre l'Etat algérien et la prolifération des groupes terroristes dans la région du Sahel. Le plus grand pays d'Afrique, en termes de superficie, quadrille ses frontières qu'il partage avec plusieurs Etats de la région sahélo-saharienne, pour éviter la résurgence de la menace djihadiste. Cependant, les généraux algériens laissent ces frontières poreuses pour certains leaders extrémistes qui viennent se réfugier en Algérie lorsqu'ils se sentent en insécurité. Actuellement, l'Algérie se trouve en de mauvais termes avec tout son voisinage immédiat, à l'exception du régime tunisien. Le Niger et le Mali ont officiellement discrédité le régime algérien dans ses tentatives médiatiques de se montrer comme un acteur de la stabilité régionale. Ils ont, au contraire, accusé l'Algérie de contribuer à l'instabilité et d'aider les groupes terroristes sur leur sol. C'est au Mali plus précisément que le lien entre le régime algérien et les mouvements djhadistes est le plus palpable. Alger offre en effet aux chefs de groupes djihadistes des bases arrières pour se réfugier lorsqu'ils sont en fuite du nord du Mali. L'une des figures de cette entraide algérienne et terroriste se trouve être Iyad Ag Ghali, le leader du groupe terroriste Ansar Dine, actif dans la région du Sahel. Un homme que la France a tenté de neutraliser lors de l'opération Barkhane, sans succès, et qui reste recherché par la Cour pénale internationale depuis 2017 pour son implication dans des crimes contre l'humanité. Iyad Ag Ghali le Touareg du Mali, a connu l'Algérie dans les années 1980, lorsque plusieurs milliers de Touaregs s'y sont exilés. Il a connu aussi la Libye. Le rebelle et combattant Touareg qui luttait pour cette cause et qui a reçu un enseignement militaire, a changé de trajectoire depuis les camps de réfugiés pour devenir un fin stratège qui sera à l'origine de soulèvements touareg avant de prendre la tangente vers l'islamisme radical. En 2017, il réussira à faire fusionner plusieurs groupes liés à Al Qaida au sein de Jama'at Nusrat al Islam wal Muslimin (JNIM), et étendra son influence non seulement au Mali mais aussi au Burkina Faso. Selon le Wall Street Journal qui lui a consacré un article pour parler de son cheminement depuis l'alcool et la musique du groupe Tinariwen qui a performé aux cotés de Robert Plant de Led Zeppelin et Bono de U2, vers le radicalisme et les meurtres terroristes, des milliers de combattants touaregs étaient revenus au Mali des camps d'entraînement libyens après la chute du régime de Mouammar Kadhafi. Nombre d'entre eux ont rejoint le groupe terroriste fondé par Ag Ghali, inscrit sur la liste des organisations terroristes de Washington, qui a lancé une attaque armée permettant la prise des villes de « Tombouctou » et de « Kidal » en 2012, avant de commencer à détruire les mausolées et imposer des lois islamiques strictes dans les zones sous son contrôle. Plusieurs rapports évoquent des liens invisibles entre Ag Ghali, et les services de renseignement algériens, qui entretiennent des relations complexes avec plusieurs groupes armés actifs dans la région du Sahel et du Sahara. L'Algérie semble les exploiter pour faire avancer ses objectifs politiques et tenter de construire un empire terroriste sur les ruines des crises et de l'insécurité dans la région. Le Niger et le Mali reprochent au régime algérien ses liens avec les mouvements séparatistes et notamment Touareg, des groupes armés, dont le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (Jama'at Nusrat Al Islam wa al-Muslimin) d'Iyad ag Ghali, ainsi les contacts avec des personnalités politiques radicales qui menaceraient la stabilité des deux pays. En avril 2024, le cabinet de conseil stratégique Menas Associates, révélait que la Russie -qui fut longtemps perçue comme parrain de régime algérien avant que celui-ci ne lui tourne le dos- que le vice-ministre russe des Affaires étrangères et représentant spécial du président russe pour le Moyen-Orient et l'Afrique, Mikhaïl Bogdanov, a émis de sérieuses mises en garde à l'Algérie lors d'un déplacement dans le pays nord africain. La délégation de Bogdanov aurait expliqué que « l'Algérie est désormais dangereusement et péjorativement diabolisée par les deux nouveaux Etats clients de Moscou », cela en raison de son comportement « impérialiste » et « paternaliste », selon les sources russes citées par Menas Associates. Mikhaïl Bogdanov aurait ordonné à l'Algérie d'arrêter son jeu déstabilisateur au Sahel au risque de se faire black-lister par les pays concernés qui auraient fait part de leur intention claire de suspendre leurs relations diplomatiques avec Alger si les tentatives de déstabilisation continuaient. L'Algérie est perçue dans toute la région à laquelle elle appartient comme un Etat voyou, qui sème la zizanie et cherche à exacerber les tensions entre les États et maintenir l'instabilité dans la région. Le régime algérien le fait depuis près de cinquante ans contre le Maroc et sans s'en cacher, en soutenant le groupe terroriste et séparatiste du polisario, et menace indirectement la Mauritanie qui a récemment commencé à se défaire de son influence néfaste. Les leaders d'opinion en Mauritanie n'hésitent plus actuellement à pointer directement l'Algérie en la qualifiant de plus grande menace pour la sécurité de leur pays. Cette posture de l'Algérie n'est pas récente, elle découle d'une longue histoire de soutien aux organisations terroristes dans la région et ce, depuis que les services de renseignement algériens ont agi en employant certaines organisations terroristes pour éliminer l'opposition islamique lors de la décennie noire.