Certains acteurs font état de baisses d'activité allant de 10 à 20% sur l'année en cours, d'autres rapportent une stagnation. Chaque année, 7 à 10 nouveaux cabinets pénètrent le marché. Les structures marocaines moins outillées pour le conseil en stratégie mais très sollicitées pour le conseil opérationnel. Le marché de l'audit et du conseil ne semble pas échapper à la crise. Selon quelques professionnels, l'activité serait naturellement en stagnation du moment qu'elle suit la dynamique du tissu économique dont les opérateurs sont plutôt malmenés par la conjoncture. «Il est évident que dans ce contexte dur marqué par un ralentissement économique, la demande adressée au secteur connaisse des perturbations», concède Faiçal Mekouar, président du cabinet Fidaroc Grant Thornton. Plus exposés, d'autres acteurs font état de baisses d'activité allant de 10 à 20% en moyenne. «Naturellement, hormis les prestations d'audit qui ont un caractère obligatoire pour les entreprises, beaucoup d'entre elles n'ont plus les moyens de s'adjuger des services accessoires offerts par les cabinets de conseil notamment», déclare un associé chez un grand cabinet international de la place. Toutefois, pour une minorité de professionnels sur ce marché, la crise est synonyme d'opportunités, et le business peut s'en ressentir favorablement. Selon une source d'un grand cabinet de la place, spécialisé dans le conseil en stratégie, le contexte difficile qui pèse de plus en plus sur les entreprises les pousse à solliciter l'expertise des cabinets pour maintenir leur activité et surtout se baser sur le regard externe de spécialistes pour rectifier le tir. Par ailleurs, si le marché n'affiche plus autant de dynamisme qu'il y a quelques années, il reste porteur sur le moyen terme et semble intéresser toujours des entrants potentiels. «Les perspectives sur 3 à 5 ans sont bonnes et le potentiel du marché est élevé. Aussi, l'entrée constante de nouveaux acteurs devrait continuer et intensifier progressivement la concurrence», note le cabinet Fidaroc Grant Thornton dans une étude relative au secteur. Selon cette dernière, entre 2007 et 2011, le marché du conseil a connu une croissance de 26% alors que celui de l'audit, pris séparément, a progressé de 13%. Pas moins de 15 000 DH par jour pour les prestations d'un cabinet étranger Aujourd'hui, le marché pèse environ 1 milliard de DH de chiffre d'affaires par an et est investi par quatre types d'acteurs : les grands cabinets internationaux de stratégie, de renommée internationale qui se basent sur une expertise pointue en stratégie (McKinsey & Co, Boston Consulting Group, Roland Berger…), et qui concentrent environ la moitié des transactions du marché. En deuxième lieu figurent les grands cabinets nationaux de conseil qui concentrent 25% de part de marché et qui comptent 8 à 10 ans de présence sur le marché (Valyans, Capital consulting, B-Five…). Ensuite, il y a les cabinets marocains dont le cœur de métier est historiquement l'audit, et qui capitalisent généralement sur une marque internationale (Ernest & Young, Fidaroc Grant Thornton, Deloitte, Mazars,..). A côté de ces acteurs, il existe de petits cabinets dont l'activité est centrée sur le conseil, réalisant des courants d'affaires qui ne dépassent pas 15 millions de DH et qui ciblent souvent de petits segments tels que les filiales de grands groupes français, ou le volet conseil de grandes SSII. De l'avis des spécialistes, le paysage concurrentiel évolue rapidement, et les hiérarchies historiques sont de plus en plus bousculées, à la fois pour les conseillers en stratégie et les acteurs de l'audit et conseil. Le potentiel que recèle le marché ne laisse pas indifférent puisque chaque année sept à dix noms pénètrent le secteur du conseil. Ainsi, selon Fidaroc Grant Thornton, il s'en est créé plus d'une quarantaine durant les dernières années. «Le marché est caractérisé par l'entrée constante de nouveaux acteurs avec des niveaux de qualité des prestations contrastées mais qui prennent quand même une partie du marché», notent les experts de Fidaroc. A ce titre, si la plupart des cabinets étrangers interviennent au niveau stratégique en menant des enquêtes sectorielles et en préparant des scénarios d'internationalisation ou de recentrage métier, les cabinets de conseil marocains interviennent pour leur majorité au niveau opérationnel (conseil en management, marketing, RH…). Ces cabinets travaillent avec les grandes entreprises marocaines mais surtout avec les PME. «Les cabinets marocains ne sont pas assez compétitifs en matière de conseil en stratégie. Par contre, ils sont très sollicités dans l'opérationnel, ceci en raison de leur connaissance de l'environnement local, de la culture, de leur expertise et surtout de leur compétitivité en matière de prix. Une PME marocaine n'a pas les moyens de payer la prestation d'un cabinet étranger qui livre ses services moyennant pas moins de 15 000 DH par jour», concède un manager d'un cabinet de la place.