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Vidéo. Chakib Benmoussa : "La transformation de l'école publique passe par l'innovation"
Publié dans La Vie éco le 15 - 02 - 2023

C'est avec un grand sens de pédagogie que le ministre de l'Education nationale nous explique les principaux chantiers entrepris dans le cadre du déploiement de la feuille de route de la réforme de l'enseignement. Et le renouveau de l'école marocaine semble sur la bonne voie.
La réforme de l'école publique peut se dessiner dans les bureaux du ministère ou encore dans les salles de réunions abritant les négociations avec les syndicats, mais c'est au sein même des établissements qu'elle se déploie. Chakib Benmoussa en est bien évidemment conscient. D'où ses visites régulières dans des écoles pour constater la mise en place des nouveaux mécanismes introduits lors de cette rentrée. Entre un cours d'amazigh et une séance de maths, La Vie éco fait passer au tableau le ministre de l'Education nationale. Entretien exclusif.
Nous sommes quasiment à la moitié de l'année scolaire. Peut-on établir un premier bilan d'étape des réformes engagées à la rentrée ?
Conformément à la feuille de route 2022/26, nous avons mis l'accent sur les pratiques d'enseignement en classe. Notre conviction est que la réforme passe par l'intérêt que l'on porte à l'apprentissage des élèves. Dans le préscolaire par exemple, nous avons ouvert 5.000 classes nouvelles cette année et déployé une approche pédagogique plus dynamique, avec des contenus plus intéressants mais aussi par la formation plus appropriée des éducateurs dédiés au préscolaire. Nous avons également apporté quelques innovations au niveau de la pédagogie dans le primaire à travers la mise en place de la méthode TARL (Teaching at the right level) qui permet, à travers des activités ludiques, de contribuer à l'apprentissage des élèves, de créer cette envie d'apprentissage et de remédier à leurs lacunes. Au niveau de l'axe enseignant, nous avons travaillé durant ces premiers mois sur la formation initiale des enseignants en collaboration avec le ministère de l'Enseignement supérieur. L'objectif est de renforcer le recrutement des étudiants dans les filières des sciences de l'éducation. Cet effort sera accompagné par le renouvellement des approches pédagogiques et des outils numériques pour faciliter le travail des enseignants et renforcer leur impact sur les apprenants.
Vous avez récemment signé avec les syndicats les plus représentatifs du secteur un accord qui pose les jalons du statut unifié des fonctionnaires de l'Education nationale. A quand son déploiement effectif ?
Nous avons voulu un statut spécifique global et unique pour l'ensemble des catégories de l'éducation nationale, un statut plus attractif et qui permet d'avoir les conditions de mobilisation de la réforme. Nous espérons que les textes d'application, décrets et autres arrêtés seraient élaborés d'ici l'été de manière concertée afin d'apporter des réponses aux attentes des fonctionnaires et enseignants de l'éducation nationale. C'est un accord qui nous permettra d'avoir une mobilisation plus large des enseignants pour la mise en œuvre de la réforme. D'ailleurs, la réussite des objectifs stratégiques dépend de trois conditions, notamment la mobilisation de tous les acteurs pour mener à bien le changement, leur engagement dans la construction participative de la réforme et la bonne gouvernance, à travers le renforcement des capacités des acteurs et la mobilisation des ressources financières nécessaires pour soutenir la réforme.
Combien devrait coûter ce nouveau statut censé améliorer les conditions des enseignants ?
Ce statut prévoit l'instauration desmécanismes d'amélioration de situation et d'harmonisation de carrière d'un certain nombre de cadres du ministère, d'incitation à l'amélioration des résultats et la mobilisation au niveau des établissements scolaires. Toute cette dynamique nécessite des moyens supplémentaires. Nous estimons une enveloppe de six milliards de dirhams additionnels dans un horizon de quatre ans.
Ce statut met fin aux 12 régimes qui prévalaient dans le secteur, dont celui des contractuels. Mais la contestation de ces derniers reste palpable. Comprenez-vous leurs revendications ?
Il s'agit d'un statut unique qui respecte le texte de la fonction publique et qui crée les mêmes droits et obligations pour l'ensemble du personnel de l'éducation nationale. Par contre, nous avons insisté pour que le recrutement du personnel reste régional. C'est un choix stratégique de notre pays mais nous considérons que cela ne constituerait pas une limite dans la mobilité du personnel. Nous comprenons que certains souhaitent voir des résultats et pour notre part nous avons un engagement ferme de mettre en place le texte d'application avant l'été et nous pensons qu'il répondra aux inquiétudes de certains. Avec l'aide des syndicats les plus représentatifs, nous pensons que la dynamique mise en place mettra fin aux différentes contestations.
Le recrutement et le renforcement du personnel est un axe stratégique dans votre réforme. Quels sont justement vos besoins en termes d'effectifs ?
Nous avons prévu un recrutement annuel de près de 18.000 enseignants et 2.000 cadres administratifs et financiers. Des recrutements qui accompagnent le renforcement des infrastructures scolaires à travers le pays et qui permettraient in fine de réduire l'encombrement dans les classes, constaté dans certaines écoles.
Quid de l'amélioration globale des cursus d'apprentissage, notamment via les activités extrascolaires ?
La feuille de route a considéré que les activités extrascolaires constituent un axe majeur et important pour les élèves, qu'elles soient sportives, culturelles, artistiques ou autres. Elles font partie intégrante du développement des compétences et de l'apprentissage des enfants. Elles doivent prendre une place importante dans les cursus. Aujourd'hui, un effort est établi avec les différentes associations pour accompagner et développer ces activités dans les écoles. Dans un futur proche, elles seront totalement intégrées dans les programmes scolaires, de manière à alterner entre les cours classiques et les activités extrascolaires.
Vous avez également annoncé la généralisation de l'anglais dès l'année prochaine dans les collèges. Avez-vous les effectifs nécessaires pour démarrer cette filière ?
Nous avons lancé cette année le recrutement des enseignants dédiés à cette matière et nous souhaitons l'intégrer progressivement dans les écoles et la généraliser dès la première année du collège. Nous prévoyons également au niveau de certains lycées d'avoir des enseignements bilingues et pourquoi pas de choisir un lycée par région, dans un premier temps, pour expérimenter l'enseignement des matières scientifiques en anglais.
Qu'en est-il de la langue amazighe? Où en est sa généralisation dans toutes les écoles et aux collèges ?
L'accent est mis sur le primaire pour l'instant. Aujourd'hui, nous avons encore un effort à faire pour généraliser l'apprentissage de cette langue au niveau des écoles primaires en travaillant sur le recrutement des enseignants. Nous avons pour le moment doublé le corps professoral en passant de 200 à 400 enseignants. Nous travaillons également sur les approches et outils pédagogiques des enseignants mais aussi sur le réseau des écoles qui dispenseront cette matière, que ce soit dans les zones «amazighophones» ou ailleurs. La demande existe, les parents sont attentifs à l'apprentissage de la langue amazighe de leurs enfants.
Avec la méthode TARL, on voit bien que les enseignants innovent pour impliquer davantage les élèves dans leur apprentissage. êtes-vous satisfait de cette nouvelle manière pédagogique ?
Notre conviction est que le changement passe par ces innovations en classe. On se rend compte que lorsque les pratiques pédagogiques évoluent, s'améliorent et s'adaptent à la réalité des élèves, les résultats ne peuvent que suivre.
Ceci grâce aussi à l'engagement des enseignants et au suivi des élèves.
Parfois, certains élèves éprouvent des difficultés d'apprentissage et ont besoin d'un accompagnement plus soutenu. Un accompagnement pédopsychiatrique est-il envisageable ?
Il est évident que certains élèves éprouvent encore des difficultés. La méthode TARL permet de les évaluer individuellement selon leur niveau réel en fonction de leurs capacités et de réadapter la pédagogie pour leur redonner confiance en eux. Maintenant, pour les cas les plus difficiles qui nécessitent des accompagnements plus lourds avec des spécialistes, nous sommes en train de constituer un réseau de spécialistes pour accompagner les élèves au sein de leur structure. Aussi, nous faisons appel à des associations pour ces questions.
Quelles seront les nouveautés pour la prochaine rentrée scolaire, notamment sur le plan des contenus pédagogiques ?
Nous sommes attentifs à ce que l'enseignement des matières fondamentales dans le primaire puisse évoluer à l'avenir. Nous devons pour cela travailler toutes les matières à chaque niveau, travailler les méthodes pédagogiques pour accompagner les enseignants, évaluer à chaque fin d'année les acquis des élèves et, in fine, mettre en place des mécanismes de remédiation. Ces approches seront appliquées dans des écoles pilotes pour tester leur adaptation à la réalité avant de les généraliser dans un deuxième temps. Je reste convaincu que la transformation de l'école marocaine passe par ces démarches qui doivent être focalisées sur l'impact de l'apprentissage concret des élèves et le développement des enseignants.
MISSION
Le rapport de la Commission pour l'élaboration d'un nouveau modèle qu'il a présidée fait la part belle au chantier de la réforme de l'enseignement. Et c'est lui qui a été désigné pour piloter ce chantier prioritaire dans le programme gouvernemental et faisant l'objet d'une feuille de route royale.


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