* Le taux de chômage est descendu, pour la première fois depuis le Recensement général de la population et de l'habitat de 1971, sous la barre des 10%, passant de 11,3% à 9,8%. * La hausse importante de l'emploi rémunéré s'expliquerait par une conjoncture économique plus favorable et le déploiement de grands chantiers. Avec l'enquête sur le marché du travail au premier trimestre 2006, le Haut Commissariat au Plan inaugure une série d'enquêtes basées sur le nouvel échantillon-maître issu du Recensement général de la population et de l'habitat de 2004. Cet échantillon se caractérise par une couverture géographique plus étendue et une représentativité actualisée des différentes couches sociales. Inutile de rappeler qu'en matière d'emploi, le taux de chômage a été toujours supérieur à 10% et que les pouvoirs publics ont mis les bouchées doubles afin de réduire ce taux. L'emploi a été favorisé cette année par les grands chantiers lancés par le Souverain aussi bien en matière d'INDH qu'en matière d'infrastructures routières, portuaires Sur cette base, la population active âgée de 15 ans et plus a, au terme du premier trimestre de l'année 2006, atteint 11.128.000 personnes, soit une baisse de 0,9% par rapport à la même période de l'année précédente. Cette baisse de l'offre de travail a particulièrement concerné les femmes (-6,9% au niveau national contre +1,3% pour les hommes) et a été enregistrée exclusivement en milieu rural (-2,3% contre +0,4% en milieu urbain). En termes relatifs, le taux d'activité a subi une baisse de 1,7 point (2,0 points dans les villes et 1,3 point dans les campagnes). Cette baisse a touché la quasi-totalité de la population à l'exception des citadins âgés de 45 ans et plus et de ceux n'ayant aucun diplôme. En matière d'emplois, 506.000 postes rémunérés ont été créés (262.000 dans les villes et 245.000 dans les campagnes). A l'inverse, l'emploi non rémunéré a reculé de près de 428.000 postes dont près de 94,0% sont localisés en zones rurales et 97,7% concernant les aides familiales. La hausse importante de l'emploi rémunéré s'expliquerait par une conjoncture économique plus favorable et le déploiement des grands chantiers dans les domaines des infrastructures, de l'habitat et des programmes de développement humain et de promotion de l'emploi. Le recul de l'emploi non rémunéré serait dû, quant à lui, en bonne partie, à un changement de statut professionnel de certains actifs qui sont passés du statut « d'aide familiale » au statut de «salarié». La première catégorie a baissé de 418.000 et la seconde a augmenté de 472.000, alors que l'auto-emploi a augmenté de 34.000 postes. La création nette d'emplois (rémunérés et non rémunérés confondus), a augmenté de 78.000 postes (contre une diminution de 5.000 une année auparavant) résultant d'une création de 235.000 postes en milieu urbain et d'une diminution de 157.000 en milieu rural. Secteurs créateurs d'emplois En milieu urbain, cette création d'emplois est le fait des secteurs d'activité suivants : «bâtiments et travaux publics» (+28,6%, soit près de 106.000 postes d'emplois), «agriculture, forêt et pêche» (+27,2%, soit environ 46.000 postes) et «services» (+2,5%, soit près de 75.000 postes). La hausse de l'emploi urbain a bénéficié aussi bien à l'emploi salarié (+7,8%, soit environ 222.000 postes) qu'à l'auto-emploi (+2,8%, soit près de 42.000 postes contre près de 92.000 au niveau des secteurs public et semi-public). S'agissant du milieu rural, la baisse nette d'emplois (de 157.000) est le solde du recul des effectifs employés dans le secteur de l'agriculture (-5,2%, soit près de 225.000 personnes dont près des deux tiers sont des femmes) et dans celui de l'industrie (-6,1%, soit près de 12.000 emplois) et d'une hausse de ceux employés dans les secteurs « bâtiments et travaux publics » (+19,0%, environ 52.000 emplois) et les « services » (+5,8%, environ 32.000 emplois). Le nombre d'actifs occupés exerçant en milieu rural a diminué aussi bien dans les secteurs public et semi-public (-7,6%) que dans le secteur privé (-2,8%). L'évolution globale de l'activité et de l'emploi a eu pour conséquence une baisse de 14,4% de la population active en chômage au Maroc, passant de 1.273.000 à 1.090.000 personnes. Le taux de chômage est ainsi descendu, pour la première fois depuis le Recensement général de la population et de l'habitat de 1971, sous la barre des 10%, passant de 11,3% à 9,8%. En zones urbaines, ce taux a baissé de 19,2% à 15,4%. Cette baisse a bénéficié à l'ensemble des actifs et plus particulièrement aux femmes (-5,0 points), aux actifs âgés de 25 à 34 ans (-5,3 points) et aux diplômés (-4,4 points). En zones rurales, il a en revanche légèrement augmenté de 3,3% à 3,9%. Cette augmentation a touché toutes les catégories d'actifs à l'exception des femmes et des adultes âgés de 35 à 44 ans. Ceci serait dû à l'évolution qu'a connue le travail salarié : le nombre de ruraux exerçant des emplois non rémunérés (dont les aides familiales constituent près de 98%) a baissé de plus de 400.000 au profit du salariat (qui a augmenté de 245.000) et de la demande de travail salarié non satisfaite. Celle-ci est à l'origine de l'augmentation constatée du chômage rural.