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Province de Tata : Un bon bout du monde dévalorisé
Publié dans Albayane le 08 - 08 - 2011


«Voir Tata et mourir !». Une citation courante qui conviendrait, sans doute, à une contrée vachement pittoresque. Mais, il va, assurément, sans dire que cette rhétorique serait exclusivement destinée aux visiteurs qui, par désir d'exploration et recherche de plaisirs sensuels, se rendent laconiquement à ses patelins de rêve. Marquée par une cohérence physique légendaire, avec un paysage oasien féerique et un potentiel hydrique à portée de main, cette région est constituée d'oueds et d'eaux souterraines alimentées de crues pour une agriculture vivrière et une abondance aux nappes phréatiques. Etendue sur environ 26 000 km2 et englobant une population de plus de 130 000 habitants, cette province renferme des sites naturels d'une beauté captivante. Sans nullement dans l'exagération ni la présomption démesurée, cet environnement spatial est, peut être, unique au monde, de par l'originalité et le raffinement de son équilibre morphologique saisissant. « Voir Tata et mourir !», ne cessera-t-on jamais de répéter. Cependant, les citoyens de ce bout du monde fabuleux «meurent» sans voir Tata. Car, tout simplement, de tout temps, les populations qui devraient voir Tata et mourir dans la dignité son longtemps acculés au Maroc inutile. Eternellement abandonnée à son sort, la province se voit dégrader de jour en jour, aussi dans sa dimension humaine qui se détériore dans la précarité atroce que naturelle qui s'effrite dans l'érosion macabre. Des années durant, depuis sa création en 1977, la province vit le martyr des politiques ségrégatives qui ont émaillé le Maroc des contrastes. L'Homme et la Nature en pâtissent, depuis qu'on a tourné le dos à ses populations connues pour leurs bravoures ancestrales en face des occupants et ses richesses naturelles hors pair. Depuis une éternité, les bledards qui subissent les affres de la canicule torride et le froid glacial se privent des conditions de vie les plus élémentaires, en termes de projets structurants et de commodités socio-éducatives. Dotés de valeurs de noblesse, ils ne se sont jamais insurgés contre ces brutalités qui les assaillent dans leur quotidien, au point de sombrer continuellement dans la soumission, depuis l'époque de Glaoui qui les marque du sceau funeste du Makhzen. Parallèlement, l'entourage subit pareillement les atrocités du massacre, à l'image du lac Iriqui qui s'étendait sur 30 km de long en large et qui imprimait à cette région une splendeur naturelle ahurissante. Ce joyau qui faisait la fierté et la joie de toute la communauté de Drâa fut lâchement poignardé par l'ancien gouverneur, sous prétexte que les bordures marécageuses enlisaient les dromadaires qui venaient s'abreuver dans ces eaux émanant de la kyrielle d'oueds avoisinants. C'est ainsi que la déviation de ces cours d'eau faisait tarir le lac pour sauver les bêtes. Toutefois, il convient aussi de relever que la récupération des eaux dans les cuvettes du barrage pour d'autres fins aussi vitales a accéléré, en fait, le tarissement du lac, mis à sec définitivement. On déplorerait également l'amenuisement systémique d'une denrée rare dans les lieux, d'une qualité mondialement reconnue, à savoir le palmier-dattier qui s'expose également à des génocides éhontés pour des usages souvent personnels et inavoués. Des arbres qui s'élèvent dans le firmament hautain et anisent de saveur chatoyante durant des décennies sont vilement abattus et perpétuellement déshydratés, depuis qu'on n'a jamais songé mettre en amont des canaux aux crues déversant des coulées d'eau une ou deux fois par an pour vivifier ces plantations moribondes. A plan touristique, point d'attractivité certain, on mit beaucoup de temps à mettre au point une stratégie de valorisation de tous ces patrimoines naturels de haute notoriété universelle, alliant les sites rocailleux, les versants abrupts, les oasis verdoyants et les la flore luxuriante. «Voir Tata et mourir», dira-t-on encore et toujours. Mais les responsables dans notre pays sont si sectaires qu'ils ne voient que le bout de leur nez, c'est-à-dire le Maroc utile. Tata devrait, en fait, ne plus compter sur ces mentalités rétrogrades. Désormais, l'élite naissante de cette région devrait secouer le cocotier, se débarrasser des carcans du Makhzen glaouien et s'en aller taper sur les tables, au côté de ses consœurs de la vallée de Drâa et du Tafilalet, Errachidia, Tighir, Zagora…, à la veille de la régionalisation avancée pour lutter contre cette sottise infâme que la Réaction avait cultiver, pendant des décennies, à savoir «le Maroc utile et le Maroc inutile».

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