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A la quête des origines amazighes des autochtones canariens
Publié dans Albayane le 22 - 09 - 2019

Tout au long de l'Histoire, plusieurs pays dans les quatre coins du monde ont souffert à maintes reprises de tentatives visant à réduire à néant ou camoufler leurs vraies identités.
Ces tentatives, dans la quasi-totalité du temps, ont été vouées à l'échec à la faveur d'un fort attachement des autochtones à leur culture et terre natale. Un amour pour la patrie qui a été transmis d'une génération à l'autre.
Au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, des voix se sont élevées pour souligner la nécessité de protéger les particularités culturelles et civilisationnelles d'un nombre de peuples autochtones et de minorités à travers le monde, chose qui a donné lieu par la suite à l'approbation de la Déclaration sur les Droits des Peuples Autochtones, en septembre 2007.
Si pour des raisons politiques, idéologiques ou religieuses, les tentatives d'effacer l'identité des peuples Amérindien ou Balkanique par exemple, ont été avortées, d'autres à l'instar des Guanches, peuple autochtone des îles Canaries, n'ont pas eu suffisamment de chance.
Compte tenu de la proximité entre l'archipel canarien et du Maroc et la similitude de leur formation géologique, une question récurrente se pose sur si les Guanches ne seraient pas l'un des peuples s'étant établis au Royaume?
Dans ce cadre, selon des anciennes sources historiques et les études archéologiques les plus récentes, les Guanches seraient d'origine amazighe, et sont arrivés à l'archipel canarien entre les années 100 et 1000 avant J.C. suite à une campagne de déplacements forcés, orchestrée par le joug tyrannique de l'empire romain, dont les troupes eurent à faire face à une forte résistance des berbères au Nord-ouest de l'Afrique.
Arrivant aux îles Canaries, et d'après Claude Ptolémée, un ancien célèbre historien, les Guanches primitifs se nourrissaient du lait et de viande de chèvres qu'ils avaient apportés avec eux en fuyant les Romains.
Cette version, à propos des origines amazighes des indigènes des îles Canaries, a été confirmée par Antonio Perez Garcia, un historien contemporain qui les qualifie de «la Population préhispanique» de l'archipel.
Lors du 15è siècle, la Couronne de Castille a forcé les Guanches à se convertir au christianisme et à parler la langue espagnole, selon des études réalisées par un autre historien espagnol nommé José Farrugia de la Rosa.
Parallèlement aux recherches historiques sur ce sujet, l'enquête sur terrain a fait ressortir l'existence de plusieurs similitudes trop frappantes, dans les espaces géographiques de la région de Souss et les îles Canaries, les traditions et coutumes ancestrales et même les noms de certains sites historiques.
Parmi les sites les plus célèbres aux îles Canaries, on trouve «Almogarén del Bentayga», un lieu au sommet d'une montagne où les autochtones de l'archipel se rassemblaient, jadis, pour présenter des offrandes à même d'assurer une bonne reproductivité des chèvres et des pluies abondantes. Ce mot trouve également place dans le dialecte amazigh, les mots «Al Moggar» ou «Al Mougarin» signifie également «la saison» ou «la rencontre».
A Lanzarote, une des principales îles de l'archipel, un festival annuel des bergers est organisé, dont la programmation comprend une exposition des différents types de bétail, ainsi que l'organisation d'un cortège de carrosses, où des filles à bord balancent des boulettes à base de la farine de « Zoumetta », connue chez les amazighs par le nom de «Toumit».
S'agissant de similitudes au niveau des villes, il y a lieu de citer celle de «Tedle» aux îles Canaries, le même nom que porte un village à l'Est de la kasbah d'Agadir Oufella, ainsi que «Tafetana» similaire au village de Tafedna loin de 70 km d'Agadir.
Des ressemblances se trouvent également dans les deux langues amazighe et guanche, même si cette dernière perdure uniquement sous forme de noms propres de personnes, de localités et de communes, probablement à cause de la méconnaissance, des personnes chargées du processus de codification, de la langue amazighe et sa prononciation, explique l'académicien Ahmed Saber.
Le mot «Aho» signifie chez les Guanches «le lait caillé» contre «Agho» chez les amazighs, «Yerdan» (blé) se prononce «Irdin» en amazigh, «Amhan» (eau en guanche) correspond à «Aman» en amazigh, «Akouran» (maître ou chef) correspond à «Amou9rane» en amazigh, a expliqué M. Saber dans une déclaration à la MAP.
Depuis le 2è et 3ème siècle avant J.C jusqu'au 15ème siècle, les îles Canaries ont été fortement imprégnées par la langue et la culture amazighes, a affirmé ce spécialiste en linguistique hispanique assurant que cette réalité est reconnue par des établissements de l'archipel ayant une grande crédibilité à l'instar de l'Institut des études africaines aux îles Canaries.
Actuellement, parler de l'amazigh aux îles canaries ne soulève plus les mêmes réserves au sein des chercheurs et académiciens comme avant, a fait remarquer M. Saber, qui attire l'attention sur l'existence de gravures sur pierre de signes semblables à l'alphabet «tifinagh», découverts par le gouverneur militaire espagnol de l'archipel le général Franco en 1752 et qui revêtent une grande valeur archéologique.
Plusieurs signes rupestres et archéologiques exposés au musée du patrimoine à Fuerteventura témoignent d'une présence berbère à l'archipel, a poursuivi M. Saber qui est également chercheur en patrimoine et civilisation amazighes.
Suite à l'intérêt de plus en plus croissant pour la recherche scientifique sur les origines africaines des autochtones des îles Canaries, les Guanches ont pris conscience de la nécessité de valoriser la culture et les particularités linguistiques de l'archipel, par l'appel à la création, entre autres, d'une «Académie canarienne de langue».
L'intérêt porté à l'étude de l'ancienne civilisation canarienne ne se limite plus aux chercheurs locaux, désormais, cette thématique est devenue au centre de plusieurs symposiums dans de différents pays comme le Maroc, où plusieurs professeurs et académiciens relevant de l'université Ibn Zohr d'Agadir et des laboratoires de recherche à Souss-Massa travaillent conjointement avec leurs confrères canariens.
Cette coopération scientifique a été couronnée par la création d'un master à la faculté des lettres et des sciences humaines, encadré par des professeurs marocains et canariens.
A noter, que lors de l'université d'été de 2017 à Agadir, un doctorant chercheur à l'université de Las Palmas Susa Martin, qui est un citoyen espagnol d'origine Guanche a révélé l'existence d'écriteaux rassemblant des centaines de noms d'autochtones de l'archipel canarien, qui ont été vendus au marché des esclaves de Séville et Valence.
Les discussions ont conclu à l'idée suivant laquelle il existe une grande probabilité que certains Guanches ont été déportés en Amérique latine, lors des opérations du peuplement, ce qui ouvre des pistes de recherches concernant la possibilité de trouver des traces de la civilisation guanche dans ce continent.


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