Les détenus salafistes se rappellent au bon souvenir du gouvernement. Le 25 mars 2011, des représentants de l'Etat (Mohamed Sebbar, n°2 du CNDH, Hafid Benhachem, ex-haut délégué de la DGAPR), des détenus accusés de terrorisme (Nourreddine N'Faia et Mohamed Chetbi), et des politiques, Mustapha Ramid et Mohamed Haqiqi, signaient un accord devant permettre de régler définitivement la question des prisonniers salafistes. «Huit ans plus tard, le bilan des réalisations est trop timide. L'Etat n'a pas encore honoré ses engagements», observe, dans des déclarations à Yabiladi, Abderrahim Ghazali, le porte-parole de la Coordination mixte de défense des détenus islamistes. La mosaïque de cette catégorie de détenus compte «environ 1.200 individus dont 85 sont condamnés à de lourdes peines dans le sillage des attentats du 16 mai 2003. Il y a également 500 Marocains rentrés des fronts syrien et irakien. Le reste est complété par les personnes arrêtées dans le cadre d'opérations de démantèlement de cellules présumées terroristes», indique-t-il. «Actuellement, il n'y a pas de dialogue entre le gouvernement et les détenus salafistes», reconnait Ghazali. «Tout ce qu'il nous offre, c'est le "Programme Moussalaha" (lancé en 2017 par la Délégation générale à l'administration pénitentiaire et à la réinsertion, ndlr). Sauf que des centaines refusent de s'y inscrire alors que les autres ne sont pas convaincus par ses objectifs.» Le 19 août 2018, à l'occasion de la commémoration du 65e anniversaire de la Révolution du Roi et du Peuple, le roi Mohammed VI avait accordé sa grâce à 22 prisonniers salafistes ayant pris part au "Programme Moussalaha".