Une quarantaine d'ONG, dont Human Rights Watch et Amnesty International, ont saisi ce mercredi le Maroc à propos du dossier du militant ouïghour Yidiresi Aishan (également connu sous le nom d'Idris Hasan). Dans une déclaration conjointe signée par 45 associations, celles-ci ont demandé aux autorités marocaines d'«annuler la procédure d'extradition» visant ce militant et journaliste, arrêté à l'aéroport de Casablanca, le 19 juillet 2021. Les ONG ont appelé le Maroc à «trouver une solution alternative à la détention d'Yidiresi Aishan qui dure depuis une année et qui, en l'absence d'un examen périodique, d'une appréciation individuelle et de motifs valables, peut constituer une détention arbitraire», ajoute la déclaration. Pour elles, l'activiste ouïghour «demeure sous la menace d'une extradition du Maroc vers la Chine, où des motifs sérieux laissent craindre qu'il risque d'être soumis à la torture». «Après être arrivé au Maroc à bord d'un vol en provenance de Turquie, où il vivait avec sa famille depuis 2012, Yidiresi Aishan a été arrêté dans la nuit du 19 au 20 juillet 2021 sur la base d'une notice rouge diffusée par Interpol à la demande de la Chine et fondée sur des accusations d'appartenance à une organisation terroriste. Ces dernières années, la Chine a de plus en plus eu recours au système des notices rouges d'Interpol pour étouffer toute dissidence», rappelle la même source. Présenté devant le procureur près la Cour de première instance de Casablanca, le 20 juillet 2021, le militant ouïghour a été placé détention préventive à la prison Tiflet. Cependant, malgré l'annulation de la notice rouge par Interpol au motif qu'elle constituait une violation de ses statuts et le dépôt d'une demande de statut de réfugié auprès du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), la Cour de cassation de Rabat a émis un avis favorable à la demande d'extradition le 15 décembre dernier. «Depuis cette décision, l'émission d'un décret d'extradition par le Premier ministre du Maroc est la seule étape qui sépare Yidiresi Aishan de l'extradition», déplorent les ONG de défenses des droits humains.