À l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes, l'Association marocaine de lutte contre le sida (ALCS) a rappelé, ce mardi, que près d'une personne sur deux vivant avec le VIH est une femme. Dans un communiqué parvenu à Yabiladi, l'association d'utilité publique a estimé que «cette féminisation de l'épidémie exige une riposte sensible aux inégalités de genre». «Le constat dressé en cette Journée internationale des droits des femmes est particulièrement inquiétant. Au Maroc, 43% des personnes vivant avec le VIH sont des femmes. Une proportion en augmentation constante depuis le début des années 1990 où ce pourcentage était inférieur à 18%», indique-t-elle. Pour l'ALCS, les inégalités de genre et la violence à l'égard des femmes alimentent l'épidémie. Elle note que «la vulnérabilité anatomique et physiologique des femmes face au VIH les expose à deux fois plus de risque d'être infectées par le virus que les hommes», alors que «celle-ci est amplifiée par leur vulnérabilité socio-économique qui les rend bien souvent dépendantes économiquement et psychologiquement de leurs partenaires, et constitue de ce fait un obstacle à l'adoption d'un moyen de prévention». Tout en rappelant que l'évaluation genre de la riposte nationale au VIH 2019/2020 menée par le ministère de la Santé et de la Protection sociale avec le soutien d'ONUSIDA «recommande la mise en œuvre d'une stratégie transformatrice sur le genre et la mise en œuvre de réformes législatives et réglementaires destinées à mettre fin aux discriminations dont sont victimes les femmes notamment», l'ALCS a appelé le ministère de la Santé ainsi que l'ensemble des acteurs institutionnels concernés à «publier en urgence l'intégralité du rapport de l'évaluation genre de la riposte nationale au VIH 2019-2020». Elle recommande aussi de «mettre en œuvre sans plus attendre la stratégie transformatrice sur le genre recommandée», de «former les prestataires de services de santé en matière de genre, de droits humains et de non-discrimination», de «concevoir en concertation avec la société civile et les représentantes communautaires un plan d'action précis et budgétisé» et de «généraliser en concertation avec les ministères concernés un programme d'éducation sexuelle sensible au genre».