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Londres maintient ses consultations avec Rabat sur la question du Sahara alors que plusieurs députés britanniques enjoignent le gouvernement de suivre la voie tracée par Washington
Le secrétaire d'Etat aux affaires étrangères et au Commonwealth du Royaume-Uni (FCDO), David Lammy, a déclaré, mardi devant la Chambre des communes, que Londres poursuivait ses échanges avec le Maroc au sujet du Sahara, tout en précisant que la position britannique sur ce dossier demeurait «en cours de réexamen.» Répondant à une interrogation formulée par le député conservateur Andrew Mitchell, qui appelait le gouvernement britannique à suivre l'exemple de Washington et de Paris en apportant un appui explicite au plan d'autonomie sous souveraineté marocaine, le chef de la diplomatie britannique a souligné que «le Royaume-Uni continue le dialogue avec les autorités marocaines» et que «la position du gouvernement reste conforme à celle observée sous le précédent exécutif.» «Cette orientation fait l'objet d'un réexamen constant à la lumière des évolutions régionales et internationales», a précisé M. Lammy, évoquant la complexité de la question dans le cadre plus large des équilibres diplomatiques mondiaux. «La Grande-Bretagne suit de très près les développements dans la région, et procède à une évaluation approfondie des différentes dimensions du différend relatif au Sahara [occidental]», a-t-il déclaré. Cette déclaration intervient dans un climat de recomposition progressive des positions internationales à l'égard du Sahara, alimentée notamment par le soutien formel exprimé par Paris à la souveraineté du Maroc, et sa reconnaissance du plan d'autonomie comme seule issue viable. En mai 2024, le député conservateur Sir Peter Bottomley a introduit le débat parlementaire sur cette question par une motion solennelle : «Je me permets de proposer que cette Chambre considère la politique du gouvernement relative à la reconnaissance du Sahara occidental comme marocain.» Poursuivant dans un propos d'une rare clarté diplomatique, il a déclaré : «Ce débat a pour but d'exhorter le gouvernement britannique à reconnaître, enfin, la souveraineté du Sahara occidental en tant que partie intégrante du Royaume du Maroc. Ce pays, notre deuxième plus ancien allié, est un partenaire fiable qui sollicite notre appui pour cette reconnaissance. Les Etats-Unis et Israël, deux de nos alliés les plus proches, ont d'ores et déjà reconnu cette souveraineté. D'autres partenaires majeurs – l'Espagne, ancienne puissance coloniale dans cette région, mais également la France, les Pays-Bas, l'Allemagne et plusieurs autres Etats – considèrent que les propositions d'autonomie formulées par le gouvernement marocain constituent l'issue la plus sérieuse et la plus équilibrée. Et pourtant, le Royaume-Uni demeure dans l'expectative.» Et d'ajouter, dans une mise en garde explicite : «En définitive, j'enjoindrai mon propre gouvernement de cesser toute forme d'hésitation et de reconnaître clairement la souveraineté marocaine sur le Sahara. À défaut, nous courons le risque d'une erreur d'appréciation majeure dans notre lecture géopolitique, non seulement à l'égard du Maroc, mais à l'égard de l'ensemble du Maghreb.»