Les présidents français et algérien n'ont pas raccroché le téléphone de leur réconciliation qu'un autre événement est tombé sur le crâne algérien. Le sénat français a reçu l'ANAVAD, qui est le gouvernement kabyle provisoire en exil. L'ANAVAD et son président Ferhat Mehenni ont eu droit à un accueil chaleureux de la part de sénateurs qui soutiennent leur cause. Ils militent pour l'indépendance de la Kabylie et dans l'immédiat pour la libération des prisonniers politiques kabyle qui croupissent dans les geôles du régime militaire du pays occupant, l'Algérie. La délégation de l'ANAVAD a expliqué aux sénateurs la situation en Kabylie caractérisée par une répression dure qui pèse sur les citoyens « victimes de la dictature algérienne », selon les termes du président Mehenni qui souligne que « le cri de détresse de la Kabylie doit être entendu ». Il a également assuré que le gouvernement en exil ainsi que le Mouvement pour l'Autodétermination de la Kabylie, le MAK, ne laissera personne sur le bord de la route et que la lutte se poursuivra « jusqu'à la liberté et l'indépendance de la Kabylie ». L'élue et militante kabyle Yamina Amal a évoqué devant les sénateurs le cas des chrétiens kabyles empêchés de pratiquer leur culte dont certains sont emprisonnés et d'autres condamnés à mort. Pour le régime d'Alger c'est une catastrophe. Il vient juste de s'entendre avec l'Etat français sur des questions litigieuses et considère que la crise qui a duré huit mois est déjà passée. Dans les médias algériens on a même fêté une victoire algérienne sur l'ancien colon français. Le fait que le sénat français ouvre la porte au gouvernement et au mouvement kabyle indique que la question avance. Les Kabyle ont été reçu par plusieurs instances internationales comme aux Etats-Unis et au Canada. Ils préparent leur dossier pour la commission de décolonisation de l'ONU.