Publicis a créé la surprise en annonçant une croissance organique de 3,1% de son revenu au 1er trimestre, deux fois plus forte que celle d'Havas, à la faveur d'un net redémarrage en Amérique du Nord. Le 3e groupe publicitaire mondial s'est également dit confiant dans sa capacité à surperformer en 2010 un marché publicitaire mondial désormais attendu en hausse de 2,2% par ZenithOptimedia, contre 0,9% auparavant. «La croissance organique dépasse même les estimations les plus élevées -la plupart tablaient en moyenne sur un pour cent », souligne UBS dans une note. «On ne sait toutefois pas dans quelle mesure l'amélioration du revenu se répercutera sur les bénéfices, étant donné le probable réinvestissement dans les activités du groupe et l'inflation des coûts salariaux». Le président du directoire de Publicis, Maurice Lévy, a d'ailleurs confirmé à des journalistes viser pour cette année une stabilisation de sa marge opérationnelle à son niveau de 15% de 2009, en intégrant un impact de 50 à 70 points de base liée aux coûts d'acquisition de l'agence de publicité sur internet Razorfish à Microsoft en octobre 2009. Maurice Lévy a expliqué que Publicis préférait recruter et garder des talents en période de reprise, tout en réaffirmant viser une nette remontée de la marge à partir de 2011. Le revenu de 1.162 millions d'euros, supérieur aux attentes des analystes, tient à la croissance organique de 4,8% affichée par l'Amérique du Nord, qui représente la moitié du total, et au rythme de l'ordre de 7 à 10% dans les autres régions, à l'exception de l'Europe, toujours en recul. La France, locomotive européenne Le Vieux continent, en baisse de 1,5%, a cependant rarement connu des situations aussi contrastées d'un pays à l'autre, a noté Maurice Lévy. La France, où Publicis a intégré le budget Carrefour l'été dernier, affiche une croissance de 8,4%, le Royaume-Uni et l'Espagne reviennent dans le vert, mais l'Europe du Nord, y compris l'Allemagne, continue de régresser. Publicis, qui affiche un gain de budget net de 1,2 milliard de dollars sur le 1er trimestre, devrait enregistrer une croissance organique «en ligne» au deuxième trimestre, comparé au premier, peut-être même un peu meilleure, a précisé Maurice Lévy. Il s'est toutefois montré encore prudent pour la seconde partie de l'année, en raison de «quelques nuages» tels que les problèmes de dette de certains pays européens. Publicis compte sur son exposition aux marchés émergents et au numérique, où il veut réaliser d'ici trois à quatre ans 60% de son revenu, contre près de la moitié actuellement. Le titre Nestlé avance après un trimestre meilleur que prévu Le titre Nestlé SA était en nette hausse jeudi en fin de matinée après la publication de chiffres trimestriels supérieurs aux attentes et d'objectifs confirmés pour l'année en cours. Vers 10h GMT, l'action progressait de 2,02% à 53,05 francs, signant la meilleure performance sur l'indice suisse.La croissance organique a bondi à 6,5% contre 3,8% un an plus tôt, a précisé dans un communiqué le numéro un mondial des denrées alimentaires, dépassant de loin les 5,1% anticipés par les analystes.Le groupe basé à Vevey a encore accru son rythme de croissance, puisqu'au dernier trimestre 2009, sa croissance organique affichait 5,3%. Tous les secteurs ont renoué avec une croissance positive, à l'image du maillon faible du groupe, Nestlé Waters, qui a enregistré un taux de 2,5%. La zone Europe en a profité pour signer une progression de 3,4% contre 0,5% un an plus tôt.La croissance interne réelle (Real Internal Growth - RIG) s'est améliorée à 4,8% après 0,3% et 4,2% attendus par les marchés.Les effets de change ont une nouvelle fois influé négativement la performance, mais moins qu'il y a un an, puisque leur effet s'est réduit à -2,7% après -5,2% un an plus tôt. Les acquisitions y ont en revanche contribué pour 0,6% contre -0,7% un an plus tôt. Le chiffre d'affaires a progressé à 26,28 milliards de francs suisses (18,3 milliards d'euros) contre 24,17 milliards à la même époque de l'année précédente, alors que les marchés en attendaient 24,57 milliards.