L'armée et la police béninoises ont mis fin par la force, jeudi 2 mai, aux manifestations ayant lieu devant la résidence de l'ancien président Boni Yayi depuis hier. Trois personnes ont été tuées par la police. Alors que les manifestants ont barricadé toutes les entrées menant à la résidence de l'ancien chef d'Etat pour tenter de le protéger d'une éventuelle arrestation, les forces de l'ordre ont délogé ces soutiens de l'ex-président, qui a rejoint le camp de l'opposition. « Ils ont fait une incursion brutale », a indiqué un proche de l'ex-président Boni Yayi qui se trouve toujours à l'intérieur de son domicile de Cotonou, la capitale économique du pays. « Ils ont tiré des rafales de balles, trois personnes ont été tuées et tout le monde est parti », a ajouté cette source à l'Afp. Les militaires ont tiré à l'arme automatique sur les manifestants, et certains apparaissaient à terre sur une vidéo que l'Afp a pu visionner. Sur fonds de scandale électoral où l'opposition n'a pas été autorisée à participer, l'ex-président Boni Yayi de 2006 à 2016 ainsi que Nicéphore Soglo, lui aussi ancien président du Bénin de 1991 à 1996, ont tous deux dénoncé un « coup d'Etat électoral ». Le taux de d'abstentionnisme à ces élections législatives qui se sont déroulées dimanche avoisinait les 80%. Voyant un important dispositif policier s'approcher de la résidence de Boni Yayi, les attroupements de ses partisans ont pris petit à petit de l'ampleur. Des feux ont été allumés en vue d'empêcher les forces de l'ordre de s'approcher du domicile de l'ex-chef d'Etat. De son côté, le ministre béninois de l'Intérieur a réfuté les allégations d'arrestation de Boni Yayi. «Je peux vous assurer qu'aucun projet de l'arrestation de l'intéressé n'a existé contrairement à ce qui est relayé», a déclaré en ce sens Sacca Lafia.