Une carrière qui s'est imposé par le hasard des choses. Nina Mitz, PDG de Financial Dynamics France, a pu concilier entre sa passion de la communication et son penchant pour la finance. Ancienne élève de de l'INSEAD et l'IHESI, cette professionnelle de la communication stratégique a fait récemment un bref passage au Maroc. D'où cette rencontre …. Nina Mitz est une professionnelle de la communication stratégique en France et à l'international, fonctions qu'elle a exercées au sein du gouvernement Jospin de 1997 à 2002. D'ailleurs, un poste de porte-parole à l'international a été créé en 1997 au sein du ministère de l'Economie, des Finances et de l'Industrie où elle officiera. Ancienne élève de l'INSEAD et de l'IHESI, Nina explique que le choix de sa carrière s'est fait par hasard. «J'ai commencé à travailler extrêmement tôt tout en poursuivant mes études. Et à un moment donné, j'ai eu deux propositions professionnelles. L'une venant du secteur financier et l'autre du secteur de la communication. Et c'est à ce moment-là que ma famille m'avait assuré qu'en choisissant la communication, je m'amuserai mieux. Ce qui est intéressant, c'est qu'au fur et à mesure de ma carrière, j'ai réussi à concilier à la fois mon intérêt pour la finance et pour la communication». Elle fut successivement Directeur de la communication pour les activités financières de Groupama, Directeur de la communication groupe de sa filiale de réassurance Sorema, Conseiller du président de la Bourse de Paris, Directeur de la communication du groupe Japan Airlines, Hôtel Nikko et de NCR basé à Dayton et conseil de Rockwell, Boeing, Westinghouse, International Nickel ainsi que de First National City Bank et JP Morgan. En 1990, Nina Mitz avait fondé l'Association France-Japon/France Asie Service pour aider les Français à exporter au Japon et en Asie du Sud-Est dont elle a assuré la vice-présidence. C'est alors que fut lancée la campagne «Le Japon : c'est possible», en coordination avec la DREE et le CFCE. De 1992 à 1994, elle collabore avec la SBF-Bourse de Paris (devenue Euronext), auprès de Jean-François Théodore, au développement international du marché boursier français. Et puis, un tournant dans sa carrière ! En effet, de juin 1997 à mai 2002, Nina Mitz est nommée conseiller pour la communication internationale de Dominique Strauss-Kahn, Christina Sautter et Laurent Fabius, ministres de l'Economie, des Finances et de l'Industrie en charge de promouvoir l'image économique de la France en Europe et à l'International. Son portefeuille de responsabilités comprenait la communication autour des G7/G8, G20, réunions de l'OMC (notamment celle de Seattle), les Ecofin formels et informels, ainsi que les institutions financières internationales : FMI et Banque mondiale, BERD et BEI, ainsi que l'OCDE et les réunions de la zone Franc. «Je pense que c'est extrêmement rare de passer du privé au public. J'étais comme un OVNI qui venait d'atterrir, mais très rapidement les choses se sont mises en place et je me suis liée d'amitié avec les collègues, surtout les apolitiques d'entre eux». Dans le cadre de ses fonctions au ministère de l'Economie, des Finances et de l'Industrie, en tant que conseiller pour la communication internationale, Nina Mitz a eu notamment pour mission d'aider à construire l'image internationale de DSK. Parmi ses responsabilités au ministère, peuvent être également citées les campagnes de passage à l'Euro et le lancement de l'Eurogroupe, Conseil informel des ministres des Finances des pays de l'Euro ainsi qu'une contribution au développement du tandem franco-allemand, moteur de la croissance européenne en 1997-1999, par la mise en place d'une stratégie de communication active dans la presse allemande et européenne. À la demande du gouvernement, Nina Mitz a également participé à différentes missions d'Etat, notamment aux Etats-Unis avec le professeur Adolphe Steg, dans le cadre de l'affaire des spoliations. En 1999, Nina Mitz a fondé le Centre d'accueil de la presse étrangère à Paris en collaboration avec le Quai d'Orsay pour permettre aux journalistes étrangers de trouver à Paris un lieu de travail et de réunions. Ouvert en 2000 à la Maison de la Radio, le CAPE est aujourd'hui situé au Grand Palais et accueille de nombreuses associations de presse étrangères et plus de 350 conférences annuelles, permettant à plusieurs centaines de journalistes étrangers de travailler de façon confortable grâce à la mise à disposition d'espaces de travail équipés et de salles de réunions. Elle en est aujourd'hui la présidente d'honneur. «C'est sûrement mon passage au gouvernement français qui m'a le plus marquée dans ma carrière. Les affaires de l'Etat sont absolument passionnantes. J'ai eu la chance de travailler au ministère des Finances à un moment extrêmement intéressant avec des ministres de très grande qualité. C'était justement à un moment où l'économie française avait été leader en Europe et avait dépassé l'économie allemande. Une aventure extrêmement passionnante !». Nina Mitz est depuis 2003 président Directeur général de Financial Dynamics France, filiale française de l'un des principaux réseaux internationaux intégrés de conseil en communication stratégique, financière et media. En 2004, dans le cadre de sa collaboration avec Dominique Strauss-Kahn, elle fut à l'origine de la création de l'un des tout premiers blogs politiques français, sur le modèle de celui mis en place aux Etats-Unis par Howard Dean, pionnier de la communication politique interactive. «Le fait de se réveiller le matin, de penser qu'en allant au travail je rencontrerai des personnes intéressantes, que je relevais des défis, et de penser le soir en me couchant, que j'ai peut-être été utile pour les personnes que j'ai conseillées, c'est là ma principale motivation !». À noter aussi que de 2002 à 2005 elle coordonna la mission européenne du «Trade and Poverty Forum» du German Marshall Fund dont Dominique Strauss-Kahn était le président. «Très franchement, je n'ai jamais souffert d'être femme dans ma carrière. Et j'ai démarré ma carrière dans les années 70, une période donc où l'égalité entre homme et femme commençait à être admise. Et puis, le fait d'être femme ayant une formation académique assez poussée était, je pense, un atout et cela facilite également le contact». Persévérante, tenace … Auteur d'articles sur la crise financière, la communication internationale, la relation avec les marchés financiers, la communication des dirigeants…, Nina Mitz adore lire et a, de ce fait, deux types de lectures : celle du plaisir, notamment les romans et les livres littéraires, et celle professionnelle jugée utile et plaisante à la fois. «Comme le livre de joseph Nye, l'inventeur du soft power». Nina Mitz est Chevalier de la Légion d'Honneur et si la vie était à refaire, «Peut-être que j'aurais intégré les affaires de l'Etat un peu plus tôt».