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Groupes étrangers : Le Maroc ne serait-t-il qu’un centre de profit ?
Publié dans Finances news le 14 - 06 - 2007

* Des groupes étrangers présents dans le tour de table de toutes les banques privées du Royaume, mais leur apport pour l’économie jugé modeste.
* La configuration du système bancaire fortement influencée par des décisions politiques.
* L’Etat initie depuis 2 à 3 ans un protectionnisme déguisé.
Le système bancaire marocain est-il aussi efficient pour susciter la convoitise des groupes étrangers ? En tout cas, même s’il ne l’est pas, il présente visiblement des signes de stabilité et de santé qui justifient certaines prises de participation dans des banques locales.
La présence de capitaux étrangers dans les établissements bancaires nationaux est pour le moins historique et ne date certes pas d’aujourd’hui. Néanmoins, ces dernières années cette tendance a connu une nette augmentation avec l’arrivée de nouveaux groupes dans le système bancaire.
Jadis terrain où avaient pignon sur rue les Français, ce secteur cultive aujourd’hui une certaine «diversité de nationalités», avec une présence de plus en plus significative des Espagnols, discrète des Italiens, peu significative des Suisses et des Américains.
Néanmoins, la présence française dans les banques marocaines reste de loin la plus importante, et il faut peut-être l’appréhender sous l’angle des relations séculaires qui unissent le Maroc et la France.
Ainsi, trois filiales de grandes banques françaises opèrent sur le territoire national. Outre le Crédit du Maroc qui reste détenu à hauteur de 52,64% par le Crédit Agricole, il y a la BMCI dont BNP Paribas détient 65,03% du capital, ainsi que la SGMB qui opère depuis plus de 90 ans sur le territoire national et contrôlée à hauteur de 52% par la Société Générale (actionnariat au 30 juin 2006).
A côté de ces filiales, d’autres groupes étrangers se sont positionnés dans le tour de table des banques locales, avec des participations minoritaires mais significatives qui leur donnent, selon le cas, un droit de regard sur la gestion.
On notera, dans ce sens, la modification récente de l’actionnariat de BMCE Bank (au 19 avril 2007) avec l’entrée dans le capital de Caja de Ahorras del Mediterraneo (CAM) à hauteur de 5%, lequel rejoint dans le tour de table d’autres étrangers comme le Crédit Industriel et Commercial (10%), Banco Espirito Santo (2,77%), Morgan Stanley (1,07%) ou encore l’Union bancaire privée suisse (0,75%).
De même, la géographie du capital d’Attijariwafa bank fait apparaître, au 30 juin 2006, la présence de plusieurs groupes étrangers, dont notamment le Groupe Santander (14,7%), Corporaciòn Financiera Caja de Madrid (3,42%) ou encore Unicredito Italiano (2,06%).
L’empreinte des groupes étrangers reste donc visible au sein de toutes les grandes banques privées du Royaume, mais également au niveau de certains établissements publics. C’est le cas notamment du Groupe Caisses d’Epargne qui détient 35% du holding Massira Capital Management, lequel détient à son tour 70,74% du CIH (au 30 juin).
Présence utile ?
Au finish, cette présence significative des groupes étrangers dans le système bancaire national est-elle profitable à l’économie nationale ?
«On peut l’apprécier de deux manières», nous confie un observateur averti qui requiert l’anonymat. «D’un côté, précise-t-il, cette présence témoigne de la crédibilité de notre système bancaire qui a procédé à une restructuration et à une mise à niveau profonde pour se mettre en phase avec les standards internationaux. Et le garant de cette crédibilité est bien évidemment Bank Al-Maghrib qui a imposé des règles du jeu claires qui ont donné confiance aux investisseurs étrangers». Néanmoins, ajoute notre source, «l’apport des banques étrangères pour l’économie nationale reste quand même modeste compte tenu des positions stratégiques qu’elles occupent et leur présence relativement longue sur le territoire pour certaines». «Le Maroc est davantage considéré comme un centre de profit : c’est comme si elles investissaient dans un portefeuille d’actions pour réaliser uniquement des bénéfices; il n’y a pas véritablement de transfert de savoir-faire. Leur présence est donc purement… financière», conclut-il.
Le propos peut sembler tranchant. Pourtant, la démarche des autorités semble s’inscrire dans la même veine… à une différence près : elles ne le disent pas, elles agissent, avec l’objectif d’ériger un système bancaire solide qui ne soit pas constitué de banques majoritairement détenues par des étrangers, mais plutôt de leaders nationaux capables de tenir la dragée haute aux institutions bancaires étrangères.
C’est le sens qu’il faut donner à la naissance du Groupe Attijariwafa bank. C’est le sens qu’il faut également donner à la tentative ratée du Groupe Caisse d’Epargne d’entrer dans le tour de table de BMCE Bank. Non pas que la banque présidée par Othman Benjelloun n’y souscrivait pas, mais c’étaient plutôt les autorités qui avaient opposé leur veto. Argutie avancée par le Comité des Etablissements de Crédit pour justifier son refus : «le projet d’alliance BMCE-Caisse d’Epargne n’est pas structurant pour l’économie nationale».
«Faux prétexte», rétorque un banquier de la place. «Le projet industriel présenté par les deux parties était bien viable, mais c’est surtout la tournure qu’allait prendre ce partenariat qui inquiétait les autorités. Car il me semble qu’il était prévu, outre les 20% qu’allait prendre la Caisse d’Epargne, qu’elle porte plus tard sa participation à 33% pour atteindre la minorité de blocage et pouvoir intervenir dans la gestion de l’établissement», souligne-t-il. C’est cette implication dans la gestion qui semblait être le point de discorde. Or, «il est impossible qu’un actionnaire détienne 20% d’un établissement sans qu’il ait un droit de regard», nous confiera, à l’époque, un responsable de BMCE Bank.
«C’était une décision purement politique qui était surtout motivée par le fait que BMCE Bank était un peu au coude à coude avec la BCM de l’époque, laquelle cherchait désespérément des niches de croissance. Il fallait non seulement stopper les velléités de croissance du Groupe Benjelloun, mais également favoriser l’émergence d’une institution bancaire vraiment solide. D’où le rapprochement BCM-Wafabank qui a donné naissance à l’ensemble que l’on connaît maintenant», conclut notre banquier.
En vérité, tant les autorités que les observateurs souhaitaient davantage un rapprochement maroco-marocain, c’est-à-dire une union BCM-BMCE Bank. Ce que le camp Benjelloun ne voulait pas entendre. «Notre groupe (…) ne retiendra en termes d’alliances et de partenariat que les candidats qui apportent une véritable valeur ajoutée, cohérente avec notre stratégie et ses fondements, et profitable à l’économie nationale qui a plus que jamais besoin d’entreprises fortes, ouvertes sur l’international et partenaires de ceux qui dans le monde imposent leur savoir-faire, leur expertise et leur autorité», avait notamment précisé Othman Benjelloun. Et dans des propos à peine voilés, un membre de la Direction générale avait laissé entendre que «les deux entités (BCM et BMCE Bank) peuvent apporter davantage au système bancaire séparées que réunies».
En tout cas, aujourd’hui, l’objectif (non avoué) des pouvoirs publics est bien clair : protéger le secteur de la mainmise des banques étrangères, tout en mettant en place des établissements puissants qui font autorité sur le marché. Cela pour dire qu’on aime bien les étrangers, mais…
Une démarche que semble bien apprécier cet analyste de la place pour qui «même si l’on se trouve dans un contexte de libéralisation, il est néanmoins tout à fait normal de protéger certains secteurs-clés de notre économie, notamment le secteur bancaire, de certaines convoitises. Depuis 3 ans maintenant, c’est ce que s’attèle à faire l’Etat. Nous ne sommes pas les seuls d’ailleurs : certains pays comme les Etats-Unis font de même, notamment dans le secteur agricole».
Certes, mais la question à se poser est de savoir si le protectionnisme déguisé de l’Etat est en faveur d’un seul établissement bancaire ou de tout le système bancaire…


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