* LEtat veut toujours assurer certaines missions de service public à travers ses organismes. * Le Crédit Agricole du Maroc (CAM), Barid Al-Maghrib, la BCP, le CIH les produits diffèrent et les missions aussi. Les banques marocaines ont connu ces dernières années de profondes mutations. Des réformes sont entamées, des fusions et des concentrations sont effectuées. Le secteur est devenu très concurrentiel et les métiers de plus en plus universels. LEtat, qui est également présent dans ce paysage, à travers sa participation dans certains organismes financiers, compte appliquer sa politique, surtout de service public. De tous les organismes financiers publics, le Crédit agricole du Maroc (CAM) demeure le plus concerné par la question du service public. Tarik Sijilmassi, Président du Directoire du CAM, a affirmé lors de la dernière convention des cadres que «le CAM est une banque pas comme les autres du fait quelle assume un service public et quelle est impliquée dans le développement du monde rural». En effet, le CAM est une banque à deux piliers : dabord une banque commerciale qui concurrence les plus grandes institutions de la place et qui se classe aujourdhui 4ème. Mais elle est aussi une banque solidaire avec le monde rural et ses problématiques de développement. Le financement du monde rural et de lagriculture est lune des missions principales de la banque. A cet égard, le CAM a créé des unités mobiles qui offrent des services de banque de proximité. Des véhicules équipés sillonnent les souks hebdomadaires pour être tout près des exploitants. La banque assure à travers ce service les opérations les plus courantes, notamment le dépôt, le retrait et le transfert dargent. Le CAM se distingue par ce service qui lui permet la meilleure couverture territoriale du paysage bancaire marocain. Le CAM assure également la politique agricole du gouvernement comme la distribution des subventions, le rééchelonnement des dettes ou leur annulation selon les périodes de sécheresse. En 2006, 100.000 agriculteurs ont bénéficié de cette opération. Lencours global des dettes annulées se chiffre à 2 MMDH. Mais la mission de service public ne doit en aucun cas perturber ni handicaper la croissance de la banque. A cet égard, le CAM a opté pour une politique sélective des candidats aux crédits; ce qui lui a permis de dégager des exercices bénéficiaires. «Nous sommes passés dune banque de subventions déguisées, car il y avait des prêts non remboursés, à une vraie banque commerciale qui assume ses engagements citoyens», a affirmé Sijilmassi. Le Président du Directoire du CAM a précisé que «sa banque peut assumer parfaitement les missions qui lui sont dévolues par ses statuts tout en rivalisant avec les autres banques sur le plan des performances». Le CAM offre des produits et touche une certaine clientèle quaucune autre banque ne touche. Les fondamentaux du CAM ont nettement progressé. Le PNB a plus que doublé entre 2005 et 2006. Le résultat dexploitation a doublé, passant à 800 MMDH. Mais les ambitions du CAM sont très fortes. Il table sur 1 MMDH en 2008. «Le Crédit agricole ne veut pas entrer dans une guerre de parts de marché mais sa vocation est dêtre une banque patriote qui a un vrai impact sur le développement du pays», a affirmé Sijilmassi. La mission de service public est aussi visible dans les services bancaires de Poste Maroc. Lorganisme est lune des grandes structures du pays avec 1.600 représentations, 8.000 postes demplois et un chiffre daffaires de 1,27 milliard de DH ; de plus, les services financiers de la Poste ont intégré la loi bancaire. Barid Al-Maghrib assure une large couverture territoriale. Lorganisme est présent dans les régions les plus enclavées et les plus reculées et qui sont boudées par les autres banques. Ceci permettra dans lavenir de réaliser la politique du gouvernement en matière de développement de la bancarisation. Barid Al-Maghrib touche également une clientèle qui reste peu ciblées par les banques. Les autres banques détenues par lEtat continuent en partie la mission de service public. Pour lencouragement du logement social, lEtat a signé avec plusieurs banques des conventions pour assurer des crédits Fogarim (Fonds de garantie immobilier). Le CIH et la Banque Populaire réalisent lessentiel des opérations. Fathallah Oualalou, ministre des Finances et de la Privatisation, a toujours mis laccent sur «les rôles des banques en matière de revalorisation de la demande, surtout pour les citoyens à faible revenu ou à revenu variable». Le but est détoffer loffre produit avec des conditions simples et avantageuses avec la garantie de lEtat. Chacun y trouvera son compte : les clients, la banque et lEtat. La mission de service public est aussi visible dans les opérations de collecte et de transfert dargent des MRE, la principale source de devises pour le pays. La BCP est le champion en la matière, son expérience de plus de vingt ans lui a permis dêtre la banque la plus sollicitée par cette catégorie de clientèle qui a une certaine spécificité. Lorganisme offre un package densemble qui accompagne nos concitoyens dans leur projet au Maroc.