Le conseil national de l'Union marocaine du travail (UMT) a salué le succès de la grève générale observée les 5 et 6 février, annonçant un taux de participation de 84,9 %. Dans un communiqué publié à l'issue de sa réunion tenue samedi 8 février au siège central de Casablanca, l'organisation syndicale «a insisté sur le caractère pacifique et exemplaire de cette mobilisation», soulignant «l'absence de débordements ou d'incidents.» L'UMT a vivement dénoncé ce qu'elle qualifie de tentative du gouvernement et du ministre du travail, Younes Sekkouri, de «minimiser l'ampleur de la mobilisation» en avançant des chiffres qu'elle juge «fallacieux.» Pour le syndicat, cette posture viserait à occulter la gravité de la crise sociale qui secoue le pays, exacerbée, selon lui, par l'indifférence de l'exécutif face aux revendications des travailleurs et la poursuite de politiques jugées «antisociales». L'organisation syndicale a également fustigé l'adoption par le Parlement d'une loi organique limitant le droit de grève, qualifiant ce vote d'«imposture législative.» Selon l'UMT, ce texte a été approuvé avec seulement 21 % des voix, dans un hémicycle où 291 députés sur 395 étaient absents. Le syndicat y voit une tentative manifeste de restreindre l'action syndicale et de porter atteinte aux acquis sociaux. En réaction à cette situation, l'UMT a annoncé une rupture totale avec le ministre du travail, déclarant Sekkouri «persona non grata» et annonçant son retrait de toutes les instances de dialogue social à composition tripartite qu'il préside. Parmi ces instances figurent le Conseil de la négociation collective, le Conseil de la médecine du travail et de la prévention des risques professionnels ainsi que le Conseil supérieur de la promotion de l'emploi. Enfin, le conseil national de l'UMT a confié à son secrétariat national le soin de déterminer les futures actions à entreprendre face à ce qu'il considère comme une tentative de musellement des libertés syndicales. Le syndicat a exhorté l'ensemble de ses adhérents à maintenir leur mobilisation pour la défense de leurs droits et de leurs acquis historiques.