Face aux difficultés persistantes d'expulser certains ressortissants algériens en situation irrégulière ou reconnus coupables d'actes de délinquance, la France pourrait-elle s'inspirer de la méthode employée par le président américain Donald Trump ? En réponse à la Colombie, qui a refusé l'atterrissage de deux vols de rapatriement, M. Trump avait annoncé une série de mesures coercitives, notamment des sanctions économiques, des restrictions de visas et des contrôles accrus aux frontières. Début janvier, un agitateur algérien interpellé à Montpellier et qui avait été expulsé vers l'Algérie a finalement été renvoyé vers la France, Alger l'ayant «interdit de territoire», selon le ministère de l'intérieur. Cet homme de 59 ans, surnommé «Doualemn», avait été interpellé après une vidéo contenant un appel à la violence. Placé en centre de rétention administrative (CRA) à Nîmes, il avait été conduit à Paris d'où il est parti en avion vers l'Algérie. Il serra jugé le 24 février pour «provocation à commettre un crime ou un délit.» Deux autres Algériens ont été récemment interpellés, l'un à Grenoble, l'autre à Brest, pour avoir mis en ligne des contenus appelant à des actes violents, souvent contre des opposants au régime algérien. Par ailleurs, Sofia Benlemmane, propagandiste algérienne, a été placée en garde à vue à Lyon, accusée d'avoir diffusé des messages de haine et des menaces contre des internautes, et plus généralement contre tous ceux susceptibles de s'opposer au pouvoir algérien et aussi des déclarations insultantes envers la France. Par ailleurs, elle avait été condamnée en 2001 à sept mois de prison avec sursis et trois ans d'interdiction de stade après avoir pénétré sur la pelouse du Stade de France lors d'un match amical France-Algérie. L'exécution des obligations de quitter le territoire français (OQTF) se heurte à des refus d'octroi de laissez-passer consulaires par Alger. Une stratégie coercitive à la Trump : quelles implications ? Si Paris adoptait une approche similaire à celle de Trump, cela pourrait inclure : 1. Sanctions économiques : imposer des restrictions commerciales ou augmenter les taxes sur les produits algériens importés en France. 2. Suspension de visas : réduire ou suspendre la délivrance de visas pour les responsables algériens, leurs familles, ou même des catégories plus larges de citoyens. 3. Contrôles renforcés : intensifier les inspections des marchandises algériennes ou des passagers en provenance d'Algérie, sous prétexte de sécurité nationale. De telles mesures pourraient exercer une pression sur Alger pour qu'il coopère plus. La France, tout en cherchant à résoudre les défis liés aux expulsions, devra peser avec soin les conséquences politiques et économiques d'une stratégie plus ferme envers Alger et, surtout, quérir le soutien de Bruxelles. Dans ce contexte, la voie d'une approche pragmatique est considérée comme une option privilégiée, mais jusqu'à quand ?