Rencontre à Paris entre Nasser Bourita et Jean-Noël Barrot lors du Sommet mondial de l'énergie nucléaire    Le Maroc mise sur l'énergie nucléaire civile pour renforcer sa stratégie énergétique    Fès-Meknès : un opérateur dédié à l'aménagement des zones industrielles voit le jour    Economie : le numérique, un levier clé de croissance    Le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l'étranger, M. Nasser Bourita, a eu, mardi à Paris, un entretien avec le ministre français de l'Europe et des Affaires étrangères, M. Jean-Noël Barrot.    Le FC Barcelone envisage le retour d'Abdessamad Ezzalzouli pour renforcer son attaque    Kickboxing à Tikiouine : une initiative solidaire pour les jeunes d'Agadir pendant le Ramadan    Morocco Foreign Minister holds talks with French counterpart in Paris    El proyecto de ley que designa al Polisario como organización terrorista gana apoyo en el Congreso estadounidense.    La recherche du nourrisson « Younes » se termine en tragédie : son corps retrouvé dans une canalisation à Zagora    Prévention et prise en charge des addictions : un guide national en préparation    Le Grand Ftour du GAM célèbre sa 10è édition et présente sa vision à l'horizon 2028    Melilla conteste Madrid sur l'ouverture de la douane commerciale avec le Maroc    Le Polisario minimise la perte de soutien international face à l'initiative marocaine pour le Sahara    La compagnie allemande Discover Airlines lance de nouvelles liaisons vers Agadir et Fès pour l'hiver 2026    La compañía alemana Discover Airlines lanza nuevas rutas hacia Agadir y Fez para el invierno de 2026.    Publicité : 425 MDH investis durant les dix premiers jours du Ramadan    Mazagan Beach & Golf Resort célèbre la 3e promotion de son programme Leadership au Féminin    Lions de l'Atlas : Adil Ramzi complète le staff de Mohamed Ouahbi ?    Les Lionceaux de l'Atlas U17 repartent à la conquête de l'Afrique    Mondial 2026 : Mohamed Ouahbi en mission à Atlanta !    Mercato : Après Chelsea, le FC Barcelone se renseigne sur Yassine Gessime    Al Qadsiah sécurise l'arrivée de Souffian El Karouani pour la prochaine saison    Ligue des champions : Liverpool, Barça, Bayern ... Voici le progamme de ce mardi    Grande distribution au Maroc : de grands changements en vue    Akhannouch représente le Roi au 2è Sommet international sur l'énergie nucléaire à Paris    Trump : l'armée américaine prendra le contrôle du détroit d'Ormuz « le moment venu »    Le président Trump affirme que la guerre en Iran est « quasiment » finie    Guinée. Doumbouya dissout 40 partis politiques    Accès des femmes à la justice : Ben Yahia met en avant à New York les avancées du Maroc    La guerre contre l'Iran... Washington s'apprête-t-elle à inscrire le Polisario sur ses listes noires ?    Du conflit avec l'Iran à la guerre au Liban : un pays pris au piège d'une guerre qui le dépasse    Guerre au Moyen-Orient : le PJD appelle à préserver la stabilité des pays arabes    Trump : L'armée américaine prendra le contrôle du détroit d'Ormuz "le moment venu"    Les autorités pharmaceutiques activent le retrait de lots de lait infantile du marché marocain    Interdiction d'une fresque à Tanger : quand l'art s'arrête face aux autorités locales    Santé : L'INPLLC relance le marché relatif à la cartographie des risques de corruption    MRE : la question de la participation électorale relancée    Selon les calculs, l'Aïd Al-Fitr devrait être célébré le samedi 21 mars au Maroc    La DGSN dément des rumeurs d'enlèvements d'enfants    Radios et télévisions indépendantes : l'ARTI prépare sa stratégie 2026-2027    Tourisme. Le Maroc à l'honneur sur France Télévisions    SILA 2026 : Abidjan, la capitale du livre    Après le changement de direction, l'IMA présente sa nouvelle offre éditoriale    Caftans au Maroc #3 : De Tétouan à Oujda, les influences locales et andalouses se croisent    Diaspora #431 : Najma, l'âme marocaine derrière l'artiste NAJ    Azoulay : Un Ftour Pluriel d'anthologie qui fera date    UNESCO : Tanger relance sa candidature au patrimoine mondial    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Anti-féminisme. La pilule rouge séduit les Marocains
Publié dans L'observateur du Maroc le 12 - 05 - 2022

« Prends the Red Pill et choisis d'être un homme, un vrai. Ne te laisse plus manipuler par les femelles et leurs manigances. Tu es le mâle Alpha, les femmes doivent être à ton service et non pas le contraire ! Reconnais enfin ta véritable valeur ! » c'est en ces termes choquants que l'un des adeptes du mouvement anti-féministe s'est adressé aux autres membres du groupe facebook marocain « Red Pill Maghribi II ». Comptant plusieurs milliers d'abonnés, ce groupe fermé facebook et bien d'autres continuent de drainer les nouveaux adeptes d'une idéologie profondément misogyne.
Suprématie masculine
Déjà pour y accéder, il faut répondre à des questions qui se veulent sélectives : « Red Pill est-il un mouvement contre la femme en général ? Le mariage avec une femme active, vous êtes pour ou contre ? »... autant d'interrogations qui sont assez révélatrices des orientations masculinistes et franchement antiféministes du groupe et de ses administrateurs. Si depuis les années 90, la Pilule rouge désignait sur le web l'action « d'ouvrir les yeux » à un autre internaute et s'appliquait plutôt au domaine politique via les discussions virtuelles et les forums, l'expression a été détournée par l'extrême droite américaine de ce premier contexte. Aujourd'hui prendre « the Red Pill » consiste à embrasser une idéologie prêchant la supériorité masculine et blanche. « Beaucoup de jeunes Marocains ont été séduits par elle sans vraiment comprendre ses préceptes néo-nazis basés sur l'exclusion, la haine et la peur de l'autre. Ils ont trouvé dans ces idées un écho à leur propre misogynie », explique Réda Al Bahi, chercheur en sociologie de l'image.
Un constat confirmé d'ailleurs par les propos et les posts haineux des pro-Red Pill. « La plupart des théories du Red Pill sont basées sur la sociologie et la psychologie évolutive. Son objectif principal : Préserver la dignité de l'homme et sa suprématie dans la société. Trêve de concessions et de tolérance avec les lois favorisant les intérêts du féminisme destructeur et des femmes en général » argumente Karim El Ghazi, l'un des administrateurs du groupe aux milliers d'abonnés. « Nous devons nous libérer de cette injustice, de cette idéologie féministe qui nous prive de beaucoup de nos droits et laisse les femmes tenir les rênes de la société. Le mâle Alpha doit reprendre les choses en main », ajoute, avec véhémence, l'administrateur.
Pink Pill
Un jargon assez spécifique qui renvoie à la jungle et rappelle un combat pour la survie. « Les « red pillistes » attaquent toutes les femmes qu'elles soient actives ou non. Leur rage est sans limite et leurs critiques sont fausses et erronées. Ils oublient que la femme est la plus grande perdante actuellement : Elle doit assurer au travail en tant que femme active et accomplir en parallèle ses devoirs familiaux en tant que mère et épouse » répond Hind Benaissa, sur le groupe féminin anti-Red Pill, « Pink Pill ». Des attaques et des ripostes qui entrent dans le cadre de la guerre des genres qui se déclenche de temps à autres sur les réseaux sociaux pour « exorciser » les conflits homme/femme de la vie réelle.
« C'est l'effet de meute. Chaque individu a une histoire sentimentale personnelle qui est en rapport étroit avec son éducation. Chacun a un model parental qui influencera ses relations futures avec le sexe opposé. Ce sont des valeurs qui sont transmises par les aînés de la famille (père, mère, grands-parents...) et qui dicteront son comportement avec autrui » nous explique Maria Bichra, love coach. « Sur les réseaux sociaux et leurs groupes, les anomalies prennent de l'ampleur car exaltées par l'effet de meute. On se sent protégé par le groupe, de ce fait on se donne du courage et on se permet des agissements extrêmes parfois » ajoute-t-elle.
Le fossé
Un « semblant de pouvoir» doublé d'une « éternelle incompréhension » entre hommes et femmes qui donnent lieu à un profond conflit. « De par mon travail avec les couples marocains, je constate l'ampleur du fossé séparant les partenaires. Manquant affreusement d'outils pour communiquer avec l'autre, ce dernier est souvent représenté de manière erronée», explique la love coach. Méconnaissance, irrespect, manque de confiance en soi et en l'autre, désamour...
Beaucoup de relations homme/femme chez nous sont minées de l'intérieur. D'après Maria Bichra, les Marocains auraient besoin d'une véritable rééducation à l'amour dans son sens absolu : Amour de soi et amour de l'autre. Pour Mustapha Massid, psychologue clinicien et auteur de plusieurs livres, cette guerre est très significative car reflétant une réalité humaine caractérisée par ce conflit qui existe entre hommes et femmes depuis la nuit des temps. « La guerre des sexes a connu différentes étapes tout au long de l'Histoire. A l'ère où l'homme détenait le pouvoir absolu et la femme était soumise, il y avait déjà une guerre froide qui se manifestait par des actes insidieux de part et d'autre. Avec l'apparition des droits de l'Homme et l'émancipation féminine, on assista alors à une guerre des sexes menée par des mouvements qui se disaient féministes ou masculinistes » analyse le psychologue.
Selon ce dernier, le contexte arabo-musulman en général et le contexte marocain en particulier ne sont pas épargnés par ce marasme social. « Si les réseaux sociaux représentent un espace de partage d'idées et de discussions, ils révèlent aussi ses côtés abusifs plus ou moins graves tel que la diffamation, le harcèlement. La grande animosité entre genres dans le contexte marocain n'a fait que trouver un espace propice à sa déflagration sur la toile » note le spécialiste. Une fracture entre homme et femme qui a toujours existé aussi bien chez nous qu'ailleurs, comme l'affirme Dr Massid. « La cause étant souvent une religion mal interprétée, un héritage ancestral et de fausses croyances dont plusieurs d'entre nous n'arrivent pas à se défaire. C'est sans parler de l'influence des autres cultures favorisée par la grande ouverture virtuelle » conclut le psychologue.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.