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Bruits de Seine, par Abdelhadi Saïd
Publié dans Le Soir Echos le 04 - 01 - 2011


Ségolène Royal agace les Français
Enfin, elle est première dans un sondage ! De quoi agacer Sarkozy ? Enerver ses rivaux au PS ? Même pas. Précisément, Ségolène Royal serait la personnalité politique qui agace le plus les Français. Elle énerve 73% des personnes interrogées par l'institut Harris Interactive pour VSD. La nouvelle de ce classement aurait-elle gâché le séjour marocain de Royal ? Il faut le croire, à entendre son porte-parole dénoncer avec virulence des «techniques de manipulation classiques», s'indigner de l'«offensive sondagière de la droite». Pourtant, n'était-il pas plus indiqué de prendre cette tête de podium avec plus de distance, d'humour ? Car que veut dire agacer au juste ? Creusons. Un. «Provoquer une sensation désagréable d'irritation nerveuse». Deux. «Harceler par des taquineries». Puis, il y a un troisième sens, vieilli : «Aguicher par des coquetteries». Au XIXe siècle : «Chercher à plaire par des regards, par des manières attrayantes». «La femme qui agace en veut au cœur ; elle veut amour pour amour». Si donc Royal agace les Français, c'est d'abord parce qu'elle les aime, et qu'elle veut en être aimée en retour. Du fond de ce 1er mai 2007, sa voix enflammée résonne encore dans les gradins de Charléty : «Prenons-nous la main, aimons-nous les uns les autres !».
Les détracteurs de Ségolène Royal pointent souvent du doigt l'indigence de sa pensée politique, et lui reprochent plus encore de chercher à y pallier par le look et le paraître. Ceux-là croiront toujours déceler le simulacre dans le moindre de ses faits et gestes, et jusque dans le lieu de ses vacances de fin d'année. Quand la prééminence de la destination Marrakech fait loi chez le tout-Paris, elle, opte pour le ciel scintillant de Ouarzazate, «Hollywood de l'Afrique» (bon, n'exagérons rien), ville-décor, ville de tournage, souvenez-vous de «L'homme qui voulut être roi». Tandis que DSK (qui n'agace, pour le moment, que 30% des Français, mais sans doute un pourcentage beaucoup plus important de Grecs) goutte à l'authenticité de la célèbre place marrakchie, pour Royal, ce sera une tente de charme, au bord de la piscine du Berbère Palace, endroit sympa qui s'appelle –je n'invente rien, je le jure– Jamaâ El Fna. Simulacre ou pas, Ségolène Royal, je vous le disais un jour, ne lâchera rien.
Politique, amour et multimédia
A Ouarzazate, Ségolène Royal a pris la main de son compagnon André Hadjez, «un homme très doué en multimédia et… très amoureux» (information de 2009, par l'intéressée elle-même se confiant à l'Express). Bravo, placer le multimédia et l'amour dans une même phrase est une prouesse littéraire que même des ingénieurs-poètes comme moi, ou des informaticiens qui lisent Horace comme Assange, auront toujours du mal à réussir. Homme d'affaires (gestion immobilière, dit-on), André Hadjez a aussi été éditeur de jeux de société (Le Défi d'Arsène Lupin, Sexy folies, etc.). Ça tombe à point nommé, non ? Les jeux de société renforcent les liens de groupe ; André Hadjez devrait en éditer quelques-uns spécialement pour le PS. Le Défi d'Aubry Martine serait un excellent début.
Les médias ne se seraient pas intéressés outre mesure à Hadjez (presse de voyeurisme à part), si le nom de sa société (Andecom) n'avait pas été associé en septembre 2009 à Désirs d'avenir. Pour 41.860 euros, Royal s'était offert alors un relookage du site Internet de son association, opération désastreuse, puisque la nouvelle version, graphiquement inepte et structurellement très peu élaborée, a été propulsée en quelques jours au rang de risée du web, avant d'être finalement remplacée en juin dernier. Cette somme, Pierre Bergé refusera d'ailleurs de la payer. Le très marrakchi mécène de l'ex-candidate à la présidentielle serait désormais plus proche de Vincent Peillon.
Hadjez, Hadjez… Dois-je vous l'avouer, le nom de ce natif de Casablanca a un petit côté, comment dire, agaçant ; on le prendrait pour la contraction, qui ne dit pas son nom, de Hadj et de Fez. Passons.
Le «multimédia» joue des tours aux politiques français, à droite comme à gauche. Une année après leur «lipdup» de promotion ridicule, les jeunes de l'UMP rééditent le flop avec leur «Solférino show», site destiné pourtant à moquer le PS. Eux-mêmes seront tournés en dérision, pour n'avoir pas communiqué sur le bon nom de domaine… Voilà ce qui arrive quand on confie des jeunesses de parti à des jeunes ! Abdellah Beqqali est resté à la tête de la Jeunesse Istiqlalienne jusqu'à l'âge de 49 ans (alors même que l'âge médian au Maroc avoisine les 27 ans, contre environ 39, en France). Copé, actuel patron de l'UMP, né trois ans après Beqqali, ferait bien de voler à la rescousse des Jeunes Populaires, aujourd'hui entre les mains de Benjamin Lancar.
Cela dit, la différence d'âge entre Copé et Lancar est d'environ 21 ans. Soit sensiblement la même qu'entre Beqqali et Abbas El Fassi, patron septuagénaire de l'Istiqlal et néanmoins Premier ministre. Il y aurait une logique, toute pythagoricienne, dans ce bas monde politique…
Seine sans bruit ?
Avec 3,90 mètres de haut et un an de retard, la Seine se rappelle au bon souvenir de sa grande crue de 1910. En pleines fêtes de Noël, les voies sur berge ont été fermées (une bonne chose ?), et les promenades en bateau fortement perturbées (moins drôle). Au tout début de l'année 2010, Paris avait célébré le centenaire du débordement historique du fleuve. D'habitude, selon Prévert, la Seine «se la coule douce», comme Sequana, la déesse celtique à laquelle elle doit son nom. «Et elle sort de sa source / Tout doucement, sans bruit, sans sortir de son lit / Et sans se faire de mousse / Elle s'en va vers la mer». Mais ce janvier-là, son niveau avait atteint 8,62 mètres.
Pour Saint-Amant, poète baroque du XVIIe, la Seine est «extravagante» ; «en ses grands accès», elle est «fâcheuse et hors d'elle-même». Ce poème a été sans doute écrit en référence à la crue de 1658. Officiellement, le niveau de la Seine est mesuré à l'échelle du pont d'Austerlitz. Mais le zouave du pont de l'Alma, avec ses guêtres, son pantalon bouffant et sa chéchia sculptés par Georges Diebolt, reste le moyen le plus poétique d'en mesurer l'impétuosité. Si en 1910, l'eau avait frôlé la barbe de la statue, en cette fin d'année, elle lui couvre les pieds (qu'elle a généralement au sec) ; en 1982, ses genoux étaient mouillés, et en 1924, c'est toute sa moitié basse qui baignait dans le courant.


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