Un autre groupe de 22 personnes, dont sept femmes et deux enfants, vient s'ajouter aux 162 personnes ayant regagné récemment le Maroc, mettant ainsi «un terme à des années de souffrances et de séquestration dans les camps de Tindouf». Cette énième fuite des camps du Polisario intervient au moment où des participants à un séminaire international, tenu samedi à Assa, ont dévoilé les graves violations des droits de l'homme commises à l'encontre des séquestrés des camps de Tindouf, en territoire algérien. Initiée par l'Association marocaine des unionistes sahraouis, cette rencontre a été marquée par une série d'exposés portant sur la thèse séparatiste du Polisario et ses répercussions humanitaires et la responsabilité du régime algérien dans les violations des droits de l'homme dans les camps de Tindouf, notamment dans la terrible prison «Arrachid», tristement célèbre depuis les années quatre-vingt. A quoi joue l'Algérie ? À côté des violations des droits de l'homme, le Polisario vient d'être encore une fois épinglé dans l'enlèvement d'otages étrangers. Se référant à des sources proches des autorités judiciaires mauritaniennes, le quotidien Kenya Times a rapporté vendredi que «des éléments du Polisario ont joué un rôle dans le rapt des trois humanitaires espagnols, dont deux sont toujours en captivité entre les mains d'Al-Qaïda dans le Maghreb islamique et au Sahel (AQMI)». Cette affaire serait la preuve qui révèle les tactiques d'AQMI visant à tirer profit des persistants conflits séparatistes dans la région, dont celui autour du Sahara marocain. Omar Ould Sidi Ahmed Ould Hamma, plus connu sous le nom de Omar Sahraoui, un ancien membre du Polisario, a été en effet le mercenaire recruté par l'AQMI pour commettre l'enlèvement en Mauritanie des trois coopérants espagnols. Arrêté à la mi-février dernier et ayant comparu le 29 mars devant un tribunal de Nouakchott, il travaillerait pour le compte de Mokhtar Belmokhtar, un Algérien, influent membre de la branche d'Al-Qaïda au Maghreb et au Sahel qui retient comme otages les deux autres Espagnols, Albert Vilalta et Roque Pascual dans le désert du nord du Mali. Paradoxalement, cette suite d'évènements a coïncidé avec l'installation, mercredi dernier à Tamanrasset (sud de l'Algérie), d'un comité d'état-major opérationnel conjoint entre l'Algérie, le Mali, la Mauritanie et le Niger. Le but de ce comité est la coordination des opérations de lutte contre les groupes terroristes qui évoluent dans les régions frontalières...