Le groupe, connu entre autres pour son café Nespresso et ses barres chocolatées Kit-Kat, a fait mieux qu'Unilever et Danone en termes de croissance en 2009, sans avoir recours à des baisses de prix, une performance appréciée par les investisseurs. Vingt-neuf des 39 analystes interrogés par Reuters recommandent d'acheter le titre Nestlé, qu'ils jugent bon marché comparé à ses deux grands concurrents sur la base des estimations de résultats et de distribution de liquidités aux actionnaires sous forme de dividendes et de rachats d'actions. Si Unilever et Danone ont dû baisser leurs prix au second semestre 2009 pour préserver la croissance de leurs ventes, Nestlé a pu relever les siens tout en générant des volumes plus élevés. Ceci lui procurera un avantage si les tarifs des matières premières se remettent à grimper au second semestre de cette année. Andrew Wood, analyste chez Sanford Bernstein, s'attend à ce que 2010 soit une bonne année pour Nestlé, qui augmente ses investissements publicitaires et profite d'une base de comparaison favorable par rapport aux mois difficiles connus au début de 2009. «Nous croyons que Nestlé est le groupe le plus fort et le plus équilibré dans le secteur européen de l'alimentation. Il a généré des résultats opérationnels excellents (...) et cela devrait se poursuivre à moyen terme», a-t-il ajouté. Le chiffre d'affaires courant du groupe dans l'alimentation et les boissons a progressé de 3,9% en 2009, contre +3,5% pour Unilever et +3,2% pour Danone. Son action est valorisée à 16,8 fois les prévisions de bénéfice pour 2010, soit un niveau similaire à celui de Danone et légèrement supérieur à celui d'Unilever, dont le PER (price/earnings ratio) est de 15,8. Manque de transparence ? Pour les analystes, la principale inquiétude concernant Nestlé porte sur la communication avec les investisseurs. Ils jugent en effet ambiguë sa stratégie de croissance externe et déplorent notamment le manque de transparence quant à l'avenir de la participation de 30% du groupe dans L'Oréal. Nestlé a déclaré vouloir consacrer deux à trois milliards de francs suisses (1,4 à 2,1 milliards d'euros) à des acquisitions chaque année, un budget qu'il a nettement dépassé en rachetant les activités de pizzas surgelées de Kraft pour 3,7 milliards de dollars en janvier. Thomson Reuters prévoit un CA au mieux stable Pas d'acquisition à court terme. Le groupe d'information et de données est décidé. Néanmoins, Thomson Reuters a mis en avant une hausse de ses ventes nettes au quatrième trimestre et a dit prévoir un retour à la croissance du chiffre d'affaires au second semestre de cette année. L'évolution des ventes nettes a un impact différé sur son chiffre d'affaires, car celui-ci est généré en majeure partie par des abonnements. «Nous avons déjà vu le contexte des ventes nettes s'améliorer nettement au cours du dernier trimestre et au premier trimestre de cette année», a déclaré le directeur général, Thomas Glocer, au cours d'une interview. Pour 2010, le groupe s'attend à un chiffre d'affaires stable ou en légère baisse et à un cash-flow libre courant en léger recul en raison de nouveaux investissements. Bénéfices en baisse Au quatrième trimestre 2009, le bénéfice courant a reculé de 16% à 661 millions de dollars (488 millions d'euros environ). Le bénéfice par action ajusté ressort à 44 cents, contre 50 cents sur la période correspondante en 2008, soit un cent au-dessus du consensus des estimations d'analystes établi par Thomson Reuters. Le chiffre d'affaires trimestriel courant a augmenté de 1% à 3,35 milliards de dollars, soit 30 millions de plus qu'attendu par le marché. En excluant l'impact des taux de change, le chiffre d'affaires a diminué de 3%.