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Conjoncture, Lahlimi réfléchit aux alternatives
Publié dans Les ECO le 19 - 04 - 2013

Le Haut-commissariat au plan a pris son temps pour réagir aux derniers rebondissements économiques et financiers. Il a dû temporiser, le temps de mener les études qu'il fallait ou pour faire mûrir une vision. Ce n'est que mercredi dernier qu'il a tenu une rencontre pour contribuer au débat sur une nouvelle politique économique, dans un contexte marqué par les déséquilibres macros. Ahmed Lahlimi, Haut-commissaire au Plan, n'y est pas allé de main morte pour diagnostiquer le mal. Pour lui, le Maroc souffre d'un vrai problème de rentabilité de ses investissements, même les plus conséquents. Il a expliqué qu'il fallait 7 unités d'investissement pour aboutir à une unité en croissance. Très faible valeur ajoutée, si on se compare à des pays du même niveau. Sans être alarmiste, Lahlimi estime qu'il va falloir agir sur un certain nombre de paramètres pour revenir aux équilibres fondamentaux. Il propose ainsi de revoir le système fiscal pour une meilleure restructuration de l'économie, en redistribuant les recettes d'impôts sur les secteurs porteurs et les familles vulnérables. Ce n'est pas tout. Il va falloir aussi désacraliser la politique de placement des capitaux dans les secteurs productifs. Les économistes le savent, il s'agit-là d'un vrai shortcut pour une dévaluation indirecte de la monnaie, propice à la relance de la machine de l'économie via l'export. Dans quelques jours aussi, le HCP publiera sa très attendue étude sur l'informel au Maroc, un document qui donnera de la visibilité sur les possibles pistes de récupération de larges pans de l'économie marocaine qui se dérobent à la légalité et à une fiscalité décourageante.
Faire converger les contrat-programmes
Aujourd'hui, ni le gouvernement, ni les opérateurs ne se voilent la face. Nizar Baraka a déclaré tout de go devant les Conseillers qu'un montant de 17 MMDH de la compensation a été financé par l'endettement. Ce qui revient à dire que le Maroc s'endette désormais pour consommer et pas uniquement pour investir. Revoir à la baisse le budget d'investissement de 15 MMDH en 2013 n'est pas vu de la même façon par Lahlimi. Ce dernier qui répète, le sourire aux lèvres, ne pas vouloir se substituer aux «institutions compétentes» pour donner des solutions, reconnaît que de manière générale, toute baisse de l'investissement n'est pas sans impact sur la croissance et l'emploi. Il bifurque illico sur ce qui lui semble être une entrée en matière vers la sortie de crise : «Revoir le modèle de développement sectoriel en apportant plus de convergence aux différents contrats-programmes». En effet, plus de rigueur dans la gestion de ces programmes améliorerait le rendement des investissements et contribuerait à la réduction des déficits extérieurs.
Déficits jumeaux
Plusieurs interrogations ont été alors exprimées sur les possibles scénarios liés au maintien d'un taux de change fixe ou pas, sachant que le premier garantit certes une visibilité pour les opérateurs, mais ne profite pas des évolutions positives qui peuvent avoir lieu. En tout cas, dans une situation où l'économie est en proie à des déficits jumeaux (7,2% pour le budget et 10% pour le compte courant), où la maîtrise de l'inflation se traduit par des subventions croissantes des prix à l'importation, et où la pression sur les réserves en devises ne cesse de s'aggraver, toutes les propositions sont bonnes à scruter. Lahlimi se dit prêt à aider tous les secteurs qui exprimeront le besoin d'être accompagnés pour traverser cette zone de turbulence, notamment en apportant une assistance technique sur les moyens financiers et fiscaux les plus à même de les aider à profiter de la reprise, quand elle aura lieu. Même au niveau du dialogue social, Lahlimi a son mot à dire : «mon ambition est de voir le dialogue avec les syndicats porter sur les pistes de maintien des grands équilibres macroéconomiques et non uniquement sectoriels». En effet, la situation l'exige, mais pas au détriment de la classe ouvrière, faut-il rappeler. En effet, d'autres considérations d'ordre politique et social émergent alors pour mettre encore plus de pression sur les pouvoirs publics.
Une croissance prospective
Mettant de l'eau dans son vin, Lahlimi estime que le Maroc a réussi, au cours de la dernière décennie, à réaliser des progrès économiques et sociaux qui l'apparentent aux pays émergents. Il a su inscrire son développement dans une vision prospective concernant les choix sectoriels et sociaux. Mais il s'est attaché à résorber, en premier lieu, les déficits historiques en matière d'infrastructure économique et sociale et de développement humain, dans une démarche de redistribution territoriale de l'économie et une atténuation des disparités sociales. Le leg des années du Plan d'ajustement structurel (PAS) a imposé un rythme assez bas aux réformes et réalisations qu'il fallait mener à l'époque. Pour rattraper son retard, le Maroc a donc dû amorcer une programmation des investissements en respectant les engagements donnés. Aujourd'hui, l'engagement fort dans l'économie verte, en particulier les énergies renouvelables, l'économie de l'eau, l'agriculture ou encore dans des activités à forte teneur technologique, attestent de cette vision du futur.
Quel policy mix ?
Le fait est là, corroboré par les statistiques du HCP. Le taux de couverture des investissements par l'épargne qui représentait 107% en 2001, n'est plus que de 90% aujourd'hui. Cette baisse peut paraître anodine, mais elle renferme un indicateur majeur sur la capacité du pays à maîtriser le trend de ses engagements en infrastructures et autres projets de développement. À ce niveau, des arbitrages d'ordre micro-économiques s'imposent, en attendant d'avoir plus de visibilité sur les grands chantiers comme la décompensation. Sur ce dernier registre, les chiffres du HCP indiquent que la décompensation énergétique permettra de ramener la facture de 40 MMDH à 11 MMDH en 2020. Cela représente un manque à gagner énorme pour le budget de l'Etat. Lahlimi reconnaît que cette décompensation, même graduelle, risque de porter préjudice à certains secteurs consommateurs d'énergie. Mais il ajoute qu'il y a toujours moyen d'adapter les process de production, via la mise à niveau de ces secteurs, même ceux qui souvent font preuve de résistance. Il faut donc trouver un bon mixage entre les mesures à prendre dans le court terme et ceux qui permettent une relance à moyen terme, lorsque la crise lèvera les voiles. Lahlimi reconnaît encore une fois que les pays qui sont confrontés à des déséquilibres macro-économiques peuvent s'engager dans des réformes qui génératrices de coûts économiques et sociaux, dans l'immédiat. Mais, reprend-il, l'effet de ces mesures doit être pondéré par des mesures d'accompagnement institutionnel et social. L'objectif étant que ces mesures soient réappropriées par l'ensemble de la société. En clair, la crise ne doit pas être utilisée comme alibi ou argumentaire pour imposer des réformes pouvant compromettre le bien-être et le pouvoir d'achat des Marocains.


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