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Compte sur Carnet : La rémunération du compte sur carnet fond
Publié dans Les ECO le 02 - 05 - 2016

Le rendement du compte sur carnet s'est nettement effrité ces deux dernières années, conséquence de la baisse continue des taux obligataires depuis début 2014, selon les professionnels du secteur bancaire. Analyse.
Mauvaise nouvelle pour les détenteurs de comptes sur carnet. L'époque durant laquelle ce produit était considéré, par une majorité de ses utilisateurs, comme un produit rémunérateur est révolue. Le rendement du compte sur carnet n'est plus ce qu'il était, deux années auparavant. Il s'est, en effet, nettement effrité ceux dernières années, conséquence de la baisse continue des taux obligataires depuis début 2014, à en croire les professionnels du secteur bancaire.
Le produit d'épargne, dit préféré des Marocains, a ainsi vu sa rémunération fondre au fil des semestres pour se fixer à 2,11% au premier semestre de cette année, contre 2,43% au premier semestre 2015 et 3,62% au premier semestre 2014. Il s'agit là d'une baisse de 151 points de base en 4 semestres. La raison ? Le mouvement baissier de la courbe des taux auquel nous assistons depuis le début de 2014, en raison de la poursuite de l'amélioration des finances publiques, dans la continuité de la discipline budgétaire observée depuis 2011, ayant pour impact la raréfaction des titres souverains, parallèlement à une demande toujours importante des investisseurs en bons du Trésor. Cette détente des taux obligataires impacte, en effet, le rendement d'autres placements financiers, notamment les comptes sur carnet ouverts auprès des banques, puisque leur rémunération est indexée sur le taux moyen pondéré des bons du Trésor 52 semaines durant le semestre précédent, diminué de 50 points de base.
Notons que même si le taux de 2,11%, fixé par Bank Al-Maghrib pour ce semestre, est un taux minima, la majorité des banques s'y limitent. En effet, de la même manière que ce taux a connu cette baisse, les taux appliqués aux crédits ont vu leur taux de référence, fixé également par BAM, baisser fortement entre fin 2014 et début de l'année 2016. Il est donc logique que les banques se contentent de proposer à leurs clients épargnants le taux minima du compte sur carnet. Ce scénario est corroboré par l'amélioration significative de la liquidité bancaire. Cette année, BAM prévoit un excédent de liquidité bancaire de 20,9 MMDH en moyenne, alors qu'on était l'année dernière sur une moyenne de 16,5 MMDH de déficit des liquidités bancaires.
Cependant, certaines banques, dans un souci de gain de parts de marché, maintiennent des niveaux de rémunération intéressants. Tel est l'exemple de CFG Bank qui a lancé, pas plus tard qu'en avril de cette année, le compte sur carnet «à taux progressif». Comme son nom le suggère, ce produit propose des taux progressifs clairement prédéfinis et garantis pendant les trois premières années de détention. Autrement dit, un taux de 2,5% est appliqué la première année, de 3% la deuxième année et de 4% la troisième année. Contacté par les Eco, Moulhim Aouad, directeur exécutif en charge de la clientèle des particuliers et des professionnels chez CFG Bank, nous en livre le secret. «Il s'agit tout simplement d'un produit qui est conforme à l'esprit de CFG Bank, qui tient à fidéliser sa clientèle dans la durée en lui proposant des produits innovants et répondants à son besoin».
Ce produit peut donc représenter une bonne alternative, pour les épargnants en quête de rendement, au cas où le taux minimum proposé appliqué pour le compte sur carnet est amené à baisser sur le long terme car, en effet, le client bénéficie d'un taux de rémunération en constante progression et garanti sur les trois prochaines années. Sur ce dernier point, il semblerait, selon les analystes, que les perspectives d'évolution du rendement du compte sur carnet ne soient pas encourageantes. En effet, les taux obligataires sont encore orientés à la baisse, et ce, depuis le début de cette année. Au premier trimestre, ils ont enregistré des replis compris entre 2 et 27 points de base, selon les derniers chiffres publiés par la Direction des études et des prévisions financières (DEPF), relevant du ministère de l'Economie et des finances.
Toutes les composantes de l'offre et de la demande de titres souverains ont plaidé pour cette tendance, à en croire les analystes. La bonne tenue des comptes du Trésor sur les trois premiers mois de l'année était un facteur déterminant dans cette baisse. Sur le plan de la demande, la situation de la liquidité sur le marché, déterminante dans la formation de la demande de titres souverains, est également sur la voie de l'amélioration. L'impact de cette situation sur les comptes sur carnet est extrêmement clair et ne peut aller que dans un seul sens, à savoir la baisse du rendement. Ainsi, il y a de grandes chances de voir le rendement des comptes sur carnet baisser davantage, durant le deuxième semestre de l'année en cours, pour se situer à moins de 2,11%, son taux minimum actuel.
Aucun impact sur les encours
Malgré ce constat, les Marocains ne se sont pas pour autant détournés de ce produit. Plus de 138,3 MMDH y étaient encore placés en décembre dernier. L'encours a augmenté de 18 MMDH en deux ans. Ainsi, malgré la baisse de rendement de ce produit d'épargne, il attire toujours les épargnants. Cela peut s'expliquer notamment par le fait qu'il s'agisse d'un produit accessible à toutes les franges de la société. La liquidité du compte sur carnet est également un grand atout, mais aussi sa flexibilité puisque l'on peut le contracter à partir d'une épargne de 100 DH jusqu'à un versement plafonné à 400.000 DH, sans être contraint de payer une commission à l'ouverture ou à l'utilisation. Il permet également un suivi facile et continu puisque toutes les opérations sont transcrites sur un livret que le client garde. Mieux encore : depuis une dizaine d'années, les banques lui ont adossé une carte de retrait, rendant son utilisation plus facile et l'accès à l'argent ouvert, ce qui explique l'aspect préférentiel pour ce produit.
«Il est fort probable que la baisse continue»
Ahmed Benlafkih :
Directeur du réseau de Casablanca en charge du marché «Détail et MDM» à la Banque Populaire
Les ECO : Le taux minimum appliqué aux comptes sur carnet en ce premier semestre se situe à 2,11% contre 2,43% au premier semestre 2015 et 3,62% à la même période en 2014. Il s'agit donc d'une baisse de 151 points de base sur deux ans. Comment expliquez-vous cette baisse fulgurante ?
Ahmed Benlafkih : La rémunération du compte sur carnet suit la tendance que connaissent les taux directeurs de l'activité d'intermédiation bancaire. Tous les taux applicables aux crédits destinés aussi bien aux particuliers qu'aux entreprises ont subi des réductions considérables, dans un marché bancaire marqué par la surliquidité et la stagnation des emplois. Bank Al-Maghrib incite les banques à développer les crédits en faveur des entreprises, en prônant la baisse des taux débiteurs. Il me semble donc normal que les taux créditeurs applicables à l'épargne prennent la même trajectoire.
Dans ce contexte, comment ont évolué les encours des comptes sur carnet depuis le déclenchement de la vague baissière des taux obligataires ?
Comme je l'ai précisé lors d'un précédent entretien, la demande sur le compte sur carnet se caractérise par une forte inélasticité par rapport à la rémunération. Quel que soit le taux appliqué au compte sur carnet, les encours gérés par la place n'ont cessé d'augmenter : ils sont passés de 120,3MMDH à 138,3MMDH entre 2013 et 2015, soit une augmentation continuelle de près de 15%.
Les professionnels s'attendent à une poursuite de la baisse de la rémunération du compte sur carnet au second semestre. Quelles sont vos perspectives ?
Il est fort probable que la baisse observée lors des 4 derniers semestres continue et que les taux applicables aux crédits connaissent le même trend. Ce sera, en tout état de cause, une faible baisse qui n'aura pas d'effet sur l'évolution des encours pour la simple raison que ce produit est consommé pour ses autres atouts très appréciés par la clientèle. Premièrement, il permet en même temps une rémunération certaine (quoique faible) et de la liquidité, ce qui rend son utilisation relativement commode et aisée. Durant les dernières années, toutes les banques ont adossé une carte monétique à ce produit, permettant d'effectuer des retraits et de consulter le solde 24h/24 et 7j/7. Ainsi, il devient comparable dans sa commodité à un compte chèque. Deuxièmement, toutes les opérations sont annotées sur le carnet (d'où le nom du produit), ce qui facilite le suivi. Troisièmement, ce produit ne génère aucune commission bancaire, ce qui en fait le produit catalyseur de «l'épargne populaire» par excellence. Enfin, il faut rappeler que le compte sur carnet est considéré par la majorité de ses utilisateurs comme un produit d'épargne à différencier nettement d'un produit de placement qui est utilisé pour son rendement. Quand il ouvre un compte sur carnet, le client cherche généralement à mettre de l'argent de côté qu'il ne souhaite pas confondre avec l'argent qu'il utilise au quotidien. Le rendement est perçu comme un «plus». Certes, certains clients vont certainement ressentir la différence du rendement mais je ne pense pas qu'ils soient amenés à fermer leurs comptes.
Dans ce sens et vu le contexte de liquidité bancaire, quels seront les taux finaux proposés par les banques ?
Toutes les banques se limitent au seuil des taux minima fixés par BAM. Et comme je l'ai dit précédemment, la rémunération du compte sur carnet n'est pas en soi le principal atout ; ce qui explique que les banques ne mettent pas en avant le taux pour attirer plus de clientèle vers ce produit.
Au vu de tous les éléments précités, quelles sont donc les perspectives de développement du compte sur carnet au Maroc ?
Le compte sur carnet a de beaux jours devant lui au Maroc. Ce produit bénéficie de tous les avantages déjà évoqués. Il s'agit d'un produit accessible à toutes les franges de la société puisque l'on peut le contracter à partir d'une épargne de 100DH. Certains parents en ouvrent pour chacun de leurs enfants afin de leur constituer une épargne pour l'avenir. Les utilisations sont donc nombreuses. À l'image du livret «A» en France, le compte sur carnet est un produit qui bénéfice d'une grande popularité auprès de toutes les catégories de clientèle marocaine. le compte sur carnet est un produit qui bénéfice d'une grande popularité auprès de toutes les catégories de clientèle marocaine.


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