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Ahmed Ouachi, directeur d'une société de sécurité «La sécurité a un prix»
Publié dans La Gazette du Maroc le 15 - 05 - 2009

Les événements du 16 mai 2003 ont eu pour effet immédiat la prolifération de sociétés de sécurité qui ont pratiquement investi le secteur. à la même période, les actes terroristes et les braquages se sont multipliés à un rythme inquiétant.
Ancien contrôleur général à la DGSN, Ahmed Ouachi de formation juriste s'est reconverti dans le secteur de la sécurité à travers la société Secu-protect qui détient une importante part du marché. Voici son avis sur les actes de braquage et sa vision d'un service de sécurité responsable et réellement efficace.
Lagazette Du Maroc : Comment expliquez-vous ce phénomène de braquage des banques en vogue depuis quelques années au Maroc ?
Ahmed Ouachi : Le phénomène n'est pas tout à fait nouveau. Il est même très ancien. On n'appelait pas cela braquage mais «attaque à main armée». Il date de plusieurs siècles, lorsqu'on s'attaquait aux caravanes pour dérober de l'or et toutes sortes de marchandises. Ensuite on attaquait les diligences et puis c'était au tour des banques.
Restons au Maroc où l'on ne compte pas de cas fréquents de ce genre.
Le Maroc a connu un cas du genre en 1965. Il y avait eu une attaque à main armée à Casablanca. Un braquage de banque avorté grâce à la vigilance de la police qui était au courant des préparatifs et avait tendu un piège aux assaillants. Un piège qui a réussi. C'était le premier grand fait du genre enregistré au Maroc. Puis, il y a eu d'autres attaques à main armée dans plusieurs régions du Maroc. Je me rappelle encore, lorsque j'étais en fonction à Aïn Sebaâ, j'avais vécu trois cas de braquages de banques qui utilisaient différents subterfuges : Ils choisissaient leurs cibles parmi les clients transportant des sommes importantes. Ils les suivaient ensuite, puis dégonflaient les pneus pour les obliger à s'arrêter et descendre de voiture. A l'époque, les braqueurs étaient des Algériens qui revenaient de France et disposaient de voitures puissantes. Mais grâce au flair de la police, ils ont été mis sous les verrous.
Mais ce phénomène semble avoir pris de l'ampleur durant ces dernières années ?
Effectivement, dans la foulée des événements terroristes du 16 mars 2003, nous avons assisté à une série d'opérations de braquage. Il y a eu alors la création, si ce n'est la prolifération de sociétés de sécurité. Un foisonnements d'entreprises travaillant dans ce secteur et dont certaines, je le dis franchement, n'ont rien à voir avec la sécurité. Ce sont pour la plupart des sociétés qui assuraient l'intérim, s'occupaient de nettoyage ou de gardiennage.
Après les événements du 16 mai et les menaces qui hantaient le pays, ils ont investi le secteur de la sécurité. Mais quelle sécurité ?
Il y a eu des menaces, puis une accalmie, mais il semble que les opérations de braquage ont repris de plus belle.
Ces agences bancaires attaquées étaient-elles surveillées ?
Certaines d'entre elles étaient effectivement surveillées, mais malheureusement, il se trouve que d'autres agences bancaires ont été braquées par leurs propres agents de sécurité. Comme ce directeur d'agence qui est arrivé à 8 heures du matin, et qui a trouvé le frère de l'agent de sécurité de la banque cagoulé, qui brandissait son couteau et lui demandait d'ouvrir le coffre pour s'emparer d'une somme de 150.000 DH. D'ailleurs, la police n'a pas mis beaucoup de temps pour les retrouver.
Pourquoi ?
Parce que l'on savait que ces agents n'étaient pas dans la sécurité. Ce métier n'est pas leur vocation, ils n'ont ni l'expertise ni l'expérience nécessaire pour s'assumer dans ce secteur. Et la conséquence de ce foisonnement est que ces entreprises commencent à brader les prix de leur prestation, sans prendre la peine de donner une formation adéquate à leurs agents, qui sont en général sous- payés. Quand vous payez un agent de sécurité à 1200 DH, que vous proposez votre service de sécurité aux clients, en particulier les banques et les institutions financières à 1800 DH, comment voulez- vous que ces agents soient motivés.
Le ministère de l'Intérieur s'active depuis quelques temps à réglementer ce secteur.
Quelle est votre appréciation de cette action ?
Il y a eu deux décisions fondamentales ces dernières années sur la question de la sécurité. La première est la loi 27/06 relative aux activités de gardiennage et transport de fonds qui avait été votée par le Parlement pour réglementer le secteur de la sécurité. Puis il y a eu le dernier communiqué du ministère de l'Intérieur qui est l'administration de Tutelle de ce secteur et qui constitue un rappel des instructions données lors de la réunion du 5 janvier dernier, tenue entre le ministère, les sociétés de sécurité et le groupement Général des Banques du Maroc et qui a souligné que certains établissements bancaires n'avaient pas encore mis un dispositif de sécurité adéquat, ce qui a favorisé les dernières opérations de braquage.Cette nouvelle donne implique sans doute de nouvelles exigences pour les sociétés de sécurité.
Pensez-vous qu'ils sont en mesure d'assumer cette responsabilité ?
Je pense que les dispositions à prendre sont dans les textes, mais il y a deux fondamentaux pour réussir dans ce secteur. Le premier est la formation de l'agent de sécurité, précédée par des mesures rigoureuses de sélection et le recrutement des agents.
La deuxième est qu'il faut s'occuper et accorder l'importance qu'il faut au statut social de l'agent de sécurité. On ne peut pas réussir dans ce créneau, sinon l'on ne tient pas compte de ces deux éléments. Il faudrait donc donner aux agents recrutés une formation adéquate portant d'abord sur la sécurité générale de façon à ce que l'agent puisse faire le distinguo entre sécurité publique et sécurité privée.
Parlons maintenant des prix pratiqués par les sociétés de sécurité et de la réaction avec les clients potentiels en particulier les banques ?
Je pense que la sécurité est un tout indivisible. Elle n'est pas évaluable. Tout le monde doit y participer. Il doit y avoir une complémentarité entre les sociétés de sécurité, les services d'ordre et la population. Nous avons même aujourd'hui au Maroc, des résidences privées qui sont surveillées. Mais ceci a bien évidemment un prix et je reconnais que certains de nos clients appliquent la méthode du moins disant pour recruter leurs agents.
Vous ne trouvez pas que certains établissements bancaires préfèrent travailler avec des sociétés de sécurité à des prix insignifiants pour ce type de services ?
Effectivement, certains établissements bancaires ne semblent pas tout à fait prêts à investir dans ce volet sécurité. Car il y a plusieurs volets dans ce métier : la sécurité générale, la sécurité en cas d'incendie, et les actions de secourisme sans compter l'accueil, la communication et les qualités humaines de l'agent. En effet, une fois que l'agent est formé et répond à tous ces critères, il faut qu'il ait un statut social digne de ce nom : le smig, la CNSS, la couverture sociale et médicale, le mois de congé chômé et payé, le jour de repos hebdomadaire etc… Or, depuis quelques années, et en l'absence des textes d'application de la loi 27/06, qui, à ma connaissance, seraient sur le point d'être promulgués, nous assistons à une concurrence déloyale. Il y a des sociétés qui bradent les prix, mais bien heureusement, les entreprises qui s'attachent les services de ces sociétés commencent maintenant à faire la différence entre ce qui est crédible et ce qui ne l'est pas.
Quel est à votre avis le profil de ces braqueurs et quelle est leur cible en dehors des banques ?
Il y a les banques bien évidemment, mais il y a aussi toutes les institutions financières : le CIH, la poste. Ce sont des actes qui sont désormais répertoriés dans ce qu'on appelle le crime organisé.
Le profil de leurs auteurs correspond à certains jeunes gagnés par l'oisiveté ou la soif du gain rapide. Et puis, il ne faut pas oublier que dans ce crime organisé, il y a des filières et des bandes de plusieurs nationalités qui disposent de gros moyens logistiques et de transport, comme celle qui a agi dernièrement à Kénitra où un groupe de dimension internationale : un Marocain, un Mauritanien, un Nigérian et un Algérien, ont été arrêtés. Je dirais aussi que c'est un peu le fruit de la mondialisation. Et grâce à nos traditions dans ce domaine, nous avons la chance d'avoir une réglementation très rigide et rigoureuse sur le port d'armes. Sinon on serait dans une situation pire que ce que nous avons vécue jusqu'à présent.
Nous sommes une nouvelle fois en période estivale, généralement marquée par un important flux touristique, le retour des MRE et le risque d'opérations de braquage de banques ou d'actes terroristes encore plus graves ?
La période est certes sensible et il faut redoubler d'effort de vigilance. Mais nous savons que parmi ces jeunes RME, il y en a quelques uns qui exportent ce savoir-faire criminel vers leur pays d'origine. S'attaquer aux banques, aux établissements hôteliers, aux ports et aéroports etc…
On dit aussi que certaines sociétés de sécurité hésitent à user de leurs droits d'utiliser des armes à feu, car elles ne seraient pas outillées pour cela ?
Cette loi 27-06 stipule et autorise le port d'armes pour le transport et le convoyage des fonds. Mais d'une façon implicite et non explicite. Il nous faut donc des textes d'application pour mieux réglementer le secteur.
Je comprends toutefois leur attitude sur le port d'armes. Qui va porter ces armes ? Est-ce un ancien agent de police issu d'une académie de police ? Est-ce le premier venu ?
Dans plusieurs cas, nous avons trouvé des repris de justice travaillant dans certaines entreprises de sécurité.
Et comment peut-on à votre avis remettre de l'ordre dans ce secteur ?
Cela passe par un contrôle rigide et suivi des autorités compétentes pour discerner les entreprises qui agissent dans ce secteur. C'est le ministère de l'Intérieur qui assure la tutelle du secteur qui doit le faire.
Et que diriez-vous de la surexploitation de ces agents de sécurité en termes d'heures de travail. Il y a des agents qui travaillent 12 heures d'affilée. En fait, il y a deux systèmes : le premier est deux fois 12 heures et même avec l'octroi d'un jour de repos par semaine, ce système reste inefficace, fatigant, lassant et affaibli l'attention et la vigilance. Par contre, il y a le système de trois fois 8 heures, c'est ce que nous appliquons chez nous à l'entreprise, même s'il est beaucoup plus coûteux.


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