L'appel de SM le Roi Mohammed VI à un dialogue avec l'Algérie est une initiative au service de la stabilité et de la prospérité de l'ensemble des pays du Maghreb, a souligné, lundi soir à Bruxelles, l'ancien ambassadeur du Maroc auprès de l'ONU, Mohamed Loulichki. "L'initiative de SM le Roi Mohammed VI de lancer un appel à nos frères et voisins algériens pour la constitution d'un mécanisme politique conjoint de dialogue et de concertation afin de résoudre les problèmes en suspens, permettra non seulement de servir les intérêts des deux peuples mais également la stabilité et la prospérité de l'ensemble des pays du Maghreb", a-t-il dit lors d'une conférence-débat sur le thème : "Le règlement du différend régional sur le Sahara : quelles perspectives pour les relations euro-africaines". "La stabilité de l'Afrique du Nord a un impact non seulement sur la stabilité de l'ensemble de l'Afrique au vu des défis communs, mais elle a aussi une résonance en Europe dans la mesure où le Maroc et avec, tous les pays du Maghreb, peut jouer un rôle de trait d'union, un pont pour une meilleure compréhension des intérêts réciproques et le catalyseur d'un nouveau partenariat entre les rives nord et sud de la Méditerranée", a-t-il expliqué. Il s'agit d'"un appel sincère à la fraternité, à la coopération, à l'ouverture et au développement régional", a relevé le conférencier lors de cette rencontre organisée à l'initiative de l'ambassade du Maroc à Bruxelles et modérée par le journaliste Tarik Laâbi. Invité à commenter la dernière résolution du Conseil de sécurité de l'ONU (2440), M. Loulichki s'est félicité que "c'est la première fois que le Conseil de sécurité a été clair et réaliste en s'adressant à l'Algérie et à la Mauritanie pour s'impliquer et apporter une contribution positive" pour le règlement de la question du Sahara. Il a émis le souhait de voir l'Algérie répondre favorablement à cet appel Royal qui a suscité un large appui international y compris de la part du Secrétaire général des Nations Unies, soulignant que les Marocains et les Algériens "sont condamnés à vivre ensemble" d'autant plus que les deux pays ont tous les atouts de complémentarité à même d'en faire les locomotives du Maghreb. L'ancien diplomate a déploré dans ce sens le coût du non-Maghreb qui fait perdre à chacun des pays de la région 2 à 3 pc du PIB. Evoquant le retour du Maroc à l'Union africaine, M. Loulichki a souligné que cette réintégration du Royaume au sein de sa famille institutionnelle continentale constitue "une réponse à une attente, celle exprimée par plusieurs chefs d'Etat africains" mais aussi "le couronnement d'une politique". "Lorsque le Maroc avait quitté l'Organisation de l'Unité africaine (OUA, remplacée en 2002 par l'Union africaine), il n'a jamais quitté l'Afrique", a-t-il rappelé, en mettant en avant la politique africaine du Royaume concrétisée par le développement d'une coopération bilatérale, multilatérale et sous-régionale. Cette coopération, a-t-il précisé, est confortée par une forte présence du secteur privé marocain en Afrique et le lancement de projets d'envergure dans plusieurs pays africains, sans oublier l'importante contribution du Royaume aux opérations de maintien de paix à travers le continent. En introduction de cette conférence-débat, l'ambassadeur du Maroc en Belgique et au Grand Duché du Luxembourg, Mohamed Ameur, a indiqué que cette rencontre s'inscrit dans le cadre d'un cycle de conférences initié par l'ambassade depuis l'année dernière pour mieux faire connaitre "un Maroc en mouvement qui inspire et interpelle", en mettant en avant les réalisations du Royaume et son expérience dans différents domaines. Les précédentes conférences organisées dans ce cadre, portaient respectivement sur la réforme du champ religieux, l'expérience marocaine en matière des droits de l'homme et la place de la femme dans la société marocaine. Cette rencontre, qui a eu lieu au prestigieux Cercle Royal Gaulois Artistique et Littéraire de Bruxelles, a été marquée par la présence de plusieurs personnalités marocaines et étrangères, dont des diplomates, des universitaires et des membres de la communauté marocaine.