Les pluies sont abondantes, bien réparties dans le temps et dans l'espace. Après les précipitations durant l'automne qui assurent le bon démarrage de la saison agricole, l'état végétatif des plantes et les parcours naturels; Celles du printemps jouent le rôle de la finition en améliorant la qualité, le calibre des récoltes et leur teneur en matière organique. Le fellah marocain ne peut que se réjouir. La saison s'annonce bonne et prometteuse. «Goulou el 3am zine...» est sur toutes les lévres. L'été sera des plus festifs avec son lot de mariages, de moussems et de festivals. Le cumul pluviométrique est très favorable, dépassant nettement la moyenne nationale des cinq dernières années. Le taux de remplissage des barrages a atteint les 86%, contre moins de 70% au cours de la même période de l'année dernière. On est tout proche du record de l'année 2009 où le niveau des réserves en eau a atteint les 93%. Cette situation permet d'alimenter généreusement la nappe phréatique et de donner de la visibilité pour les périmètres irrigués. Elle assure également un potentiel assez confortable de production hydroélectrique, permettant au passage au Maroc de réduire ses besoins en énergie fossile. Face à une crise internationale qui perdure, et dont les impacts se font sentir chez nous, la bonne campagne agricole est un salut pour notre pays. Le cas contraire est une annonce de catastrophe, de déprime ou de récession. Déjà, les indicateurs macroéconomiques du pays laissent à désirer. Benkirane et son gouvernement peuvent remercier le ciel pour sa clémence qui devrait leur épargner une grogne sociale en instance. Le moral de plusieurs opérateurs, chefs d'entreprise ou de ménages est en berne. La crise est plus psychologique qu'économique. La pluie, comme on le véhiculait dans les milieux populaires, est synonyme de vie, d'espoir et d'optimisme. Qu'on le veuille ou non, l'agriculture reste déterminante dans la croissance du Royaume, du moins pour la prochaine décennie. Et ce, en attendant que les autres secteurs, surtout ceux du Plan Emergence, sur lesquels notre pays aspire se baser pour assurer son développement, trouvent leur vitesse de croisière. L'effet de l'agriculture sur l'économie demeure direct et immédiat. La population rurale, dont la majorité travaille dans le secteur primaire, représente plus de 40% des habitants du Maroc. Elle contribue notoirement dans la demande nationale, surtout de consommation, qui peut facilement passer du simple au double. Et impactant des secteurs comme le commerce et le transport qui présentent de bonnes performances lors des bonnes saisons agricoles.