PwC a réalisé en partenariat avec Casablanca Finance City le rapport intitulé : « Digitalizing Africa: the rise of Fintech Companies ». Ce rapport livre ses enseignements sur l'émergence de l'écosystème des Fintechs africaines, start-up fournissant des offres de services financiers et bancaires basées sur des solutions technologiques innovantes, bousculant les acteurs traditionnels de la banque et de l'assurance. Le rapport présente ainsi les clés afin de promouvoir le développement de ces start-up porteuses d'opportunités pour le continent. De prime abord, il est rappelé le contexte dans lequel les Fintechs se sont rapidement développés. Un contexte marqué essentiellement par la révolution digitale (Big data, intelligence artificielle et Blockchain), l'évolution des habitudes et comportements d'une nouvelle classe de consommateurs et l'impact de la crise financière mondiale sur les institutions financières traditionnellles. Une dynamique à plusieurs vitesses « Les Etats-Unis et l'Europe représentent les régions les plus actives. L'Asie, grâce à des pays comme l'Inde et la Chine, est en train de rattraper son retard. L'environnement y est propice grâce à une maturité des marchés, une disponibilité des talents et un cadre réglementaire favorable », fait apprendre le rapport. L'Afrique, quant à elle, accuse un certain retard, en raison notamment des difficultés en matière de formation des talents ou encore de la rigidité des cadres réglementaires. Toutefois, il est à reconnaître que le secteur des Fintechs est tout de même le plus actif dans l'écosystème des startup du continent. Et pour cause, des taux de bancarisations faibles, une forte pénétration du mobile et de l'internet, une population jeune et technophile... Par ailleurs, l'Afrique dispose d'avantages non négligeables pour combler l'écart tels que l'intérêt croissant des organismes bancaires et des opérateurs téléphoniques et les efforts fournis par les gouvernements africains pour soutenir l'émergence du secteur (options de financement adaptées aux besoins des Fintechs). Dans le continent africain, nous distinguons les leaders d'Afrique anglophone (Nigéria, Ghana, Afrique du Sud et Kenya), Les prometteurs d'Afrique francophone (installés au Sénégal et la Côte d'Ivoire) et les émergents d'Afrique du Nord (basés au Maroc et en Tunisie). Zoom sur le Maroc Pour ce qui est du Maroc, il ressort du même rapport que c'est un marché très dynamique au sein duquel le secteur de la Fintech se popularise. Les Fintechs émergent, et gouvernement, institutions financières et opérateurs télécoms s'y intéressent de plus en plus. Plusieurs initiatives récentes et l'évolution du cadre réglementaire en attestent. L'adoption par Bank Al-Maghrib de la loi 103-12 en est un exemple emblématique. Elle permet aux services non bancaires (notamment les opérateurs télécoms) d'offrir des solutions de paiement mettant fin au monopole des banques, pour promouvoir l'inclusion financière. Ajoutons à cela que le Maroc est l'un des seuls pays sur le continent à déployer de nombreux efforts pour faire adopter une loi facilitant l'activité de financement participatif (crowdfunding). L'accès au financement pour les start-up est également un enjeu majeur en évolution. Le Fonds Innov Invest lancé par la Caisse Centrale de Garantie (CCG) pour renforcer l'offre de financement ciblant les startups innovantes en est l'illustration. Il a nécessité un prêt de 50 millions de dollars auprès la Banque mondiale. Ce projet permet au gouvernement d'accompagner deux types de structures (incubateurs et accélérateurs), qui reçoivent un financement pour les start-up de leurs portefeuilles respectifs. Seulement, on ne dénombre encore que très peu de Fintechs qui en font partie. Si tous les éléments semblent réunis pour permettre le développement d'un écosystème Fintech performant au Maroc, la mise en œuvre des initiatives doit impérativement s'accélérer si le pays veut jouer un rôle clé dans le développement du secteur.