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Sahara marocain : l'engagement de l'Algérie, coûteux et improductif
Publié dans Barlamane le 22 - 03 - 2023

L'engagement de l'Algérie sur la question du Sahara marocain est total et entier, bien qu'il ne soit, en apparence, motivé que par le souci de plaider l'autodétermination d'une infime minorité de la population, qui a choisi de s'exiler dans les camps de Tindouf, la majorité de la population étant restée sur place, en plus de plusieurs milliers d'anciens dirigeants du polisario qui ont rallié, au fil des années, le Royaume.
Depuis 1975, date à laquelle l'Algérie a choisi de contrer le Royaume et la récupération de ses provinces du sud, aujourd'hui prospères et mieux loties, y compris par rapport à certaines villes en Algérie, la junte militaire algérienne a investi des sommes colossales, au détriment des intérêts du peuple algérien, pour financer l'hostilité au Royaume du Maroc et le séparatisme. Il s'agit de l'entretien des camps (nourriture, santé, scolarisation des enfants, des bourses d'études pour les étudiants dans les universités algériennes), les stages et formations militaires au profit des milices à Cuba et auprès du Hezbollah, l'armement du polisario en drones, en chars et blindés de l'ancienne Union soviétique, la prise en charge des voyages des dirigeants du polisario, avec des passeports algériens, et de leur séjour à l'étranger, le financement des campagnes de l'appareil diplomatique algérien, du lobbying en Europe et aux Etats unis, des pots de vin offerts à certains pays pour soutenir cette cause, effacement de la dette algérienne à l'égard de 14 pays africains et deux pays arabes à hauteur de 1,5 milliard de dollars, en contrepartie de leur soutien potentiel à la cause première de l'Algérie, le financement de séminaires et de marches de protestation en Europe, le soutien des associations européennes pro-algériennes etc...la fourniture des armes au polisario qui dispose de chars de l'ancienne union soviétique, de pièces d'artilleries, de lanceurs de missiles que le plus ancien et le plus légitime des mouvements de libération, en l'occurrence le mouvement de libération de la Palestine, n'a jamais pu se les procurer, y compris auprès des pays arabes de la région.
* Discours et pensée uniques
L'Algérie entière est mobilisée pour le Polisario et tous les Algériens, à l'exception de rares cas, sont continuellement bombardée par la propagande algérienne sur la thèse du pouvoir (même si certains, en privé, s'en démarquent) sauf Hocine Ait Ahmed, farouche opposant à la dictature militaire, jusqu'à sa mort, qui avait estimé que le pouvoir algérien est mal placé pour parler de l'autodétermination, quand il confisque la volonté et le choix du peuple algérien. Les partis politiques, de gauche comme de droite, y compris les islamistes, sont bec et ongles avec la junte, avec quelques réserves de Louisa Hanoune, de Noureddine Boukrouh et d'autres. Car, personne ne peut s'opposer à la thèse du pouvoir, sans risquer de s'exposer à la véhémence du pouvoir et sa revanche. La junte a inscrit «la république» de Tindouf aux programmes scolaires et enseigne aux enfants algériens son histoire, ses frontières, ses richesses du sous-sol, ses relations internationales. La question du Sahara, version algérienne, est l'objet de plusieurs recherches, mémoires et thèses universitaires, encouragées par le pouvoir. Aussi, plusieurs générations d'Algériens ont-elles été endoctrinées et formées à l'hostilité au Maroc, présenté comme force d'occupation coloniale.
* Graves dégâts du monopartisme
De cette véhémence anti-marocaine, surgit le rôle grave joué par le FLN dans la division du Maghreb et la haine et l'hostilité de l'Algérie au Maroc, depuis plusieurs décennies. De là découle aussi le danger du monopartisme adopté en Algérie, dès son indépendance. Le parti unique, le FLN, a été destructeur et néfaste, pour l'Algérie et pour le Maghreb. La situation de déliquescence dans laquelle se retrouve l'Algérie, à tous les niveaux, est bien la conséquence et l'héritage des choix néfastes du FLN, sous la direction du dictateur Boumediene. Les médias algériens, tous secteurs confondus, parlent d'une seule et même voix, celle du pouvoir, quand il s'agit du Maroc et de la question du Sahara. Des statistiques récentes montrent que l'agence de presse algérienne diffuse plus de dépêches sur le Maroc que ne le fait la MAP sur l'Algérie. L'APS a même crée une fenêtre Maroc-Algérie dans laquelle elle verse toute la calomnie captée de par le monde contre le Royaume et une autre fenêtre sur les batailles «héroïques» du polisario contre le Royaume. Des batailles qui n'existent sur aucun rapport de la MINURSO, juste dans l'imaginaire de l'APS et de la junte au pouvoir. Comme du temps du parti unique, les voix contre, contradictoires, différentes ou opposées, sont inexistantes dans la presse algérienne, tous secteurs confondus (presse écrite, audiovisuelle et électronique), comme du temps du parti unique, époque où les journalistes craignaient que des bulletins météorologiques donnent lieu à des lectures politiques suspectes des hautes instances du FLN, qui traduiraient l'instabilité des conditions atmosphériques comme une insinuation renvoyant à la situation politique dans le pays. Je tiens ce témoignage d'un grand et ancien journaliste d'El Moudjahid qui avait, le premier, crée un journal indépendant du soir en Algérie, ce pays qui a dépensé, selon des chiffres non officiels, quelques 500 milliards de dollars pour la cause du polisario, depuis 1975, une fortune immense qui aurait, sans nul doute, permis à l'Algérie d'envoyer des fusées dans l'espace, avec des passagers algériens à bord.
* Dépenses faramineuses pour la cause du polisario
Mais, l'autodétermination ne valait-elle pas cet immense gâchis dont, seul, le peuple, privé d'eau au robinet dans la capitale, et condamné à faire les files, 60 ans après l'indépendance, pour s'offrir un carton de lait ou une ration de lentilles, mesure le désastre et l'énormité du préjudice porté au peuple algérien lui-même, avant les peuples du Maghreb. 500 milliards de dollars ! Le pouvoir se serait emparé du double, soit mille milliards de dollars en 20 ans (200-2020), alors que Bouteflika, avec la complicité de la junte, était aux commandes du pays. Seuls 40 milliards de dollars auraient suffi au Maroc pour s'éjecter au rang des grandes monarchies du golfe, sur tous les plans, selon un ancien chef de gouvernement marocain. La comparaison, aujourd'hui, entre le Maroc et l'Algérie, en dépit des moyens colossaux dont dispose notre voisin de l'Est, qui sont éjectés par la fenêtre ou carrément volés, fait ressortir, selon les experts, une avance du Maroc d'au moins quatre décennies, en matière économique, dans le secteur des infrastructures et également dans le domaine politique. Le Maroc compte des partis politiques anciens, dont l'un date des années quarante, lesquels partis ont développé parmi les marocains la culture du débat, de l'acceptation des différences, de la cohabitation des idées opposées et divergentes. Cela se répercute également au niveau de la presse marocaine, qui compte une presse partisane ancienne, remontant à 1944, une presse audacieuse, qui respecte les constantes nationales. Les «camarades» cohabitent avec des «islamistes», les partis de droite et de gauche. Ce sont des partis avec référents idéologiques, mais aussi des positions politiques, nationales et internationales, audacieuses. Des partis qui n'ont jamais préconisé, comme, honteusement, un Zaim algérien, un troc de pommes de terre contre des armes de la Russie.
* Résultats désastreux et catastrophiques
Malgré les dépenses colossales et faramineuses –qui continuent d'ailleurs- pour la collecte de soutiens politiques et diplomatiques à sa cause du Sahara marocain, malgré le rappel en service d'anciens diplomates algériens jugés chevronnés, l'Algérie se retrouve placée au pied du mur, depuis quelques années.
L'instabilité politique interne, l'exécution de plus de 200 000 Algériens, les pénuries alimentaires redondantes et les scandales de corruption, le musellement de la presse, le semblant de démocratie de façade, les règlements de comptes et les assassinats politiques (Boudiaf), ont dévoilé la véritable nature du régime despotique, sanguinaire et répressif d'Algérie, et jeté du discrédit sur ses plaidoiries à l'international sur les droits de l'homme et l'autodétermination. Ses thèses sont aujourd'hui récusées partout dans le monde.
Par deux fois, le Conseil de sécurité a offert à l'Algérie une porte de sortie «honorable», celle de se joindre aux tables rondes de Genève et de s'impliquer dans la validation de l'option qui fait aujourd'hui le consensus international, à savoir l'autonomie, puis de réussir ainsi à se débarrasser d'un lourd et triste héritage de la guerre froide, dont l'Algérie ne tire aucune dividende, en termes de pertes et profits, et qui a asséché, plutôt, les caisses de l'Etat, appauvri le peuple algérien, lequel accuse un immense retard par rapport au reste des pays du Maghreb. Continuer de plaider pour l'autodétermination, seule ou avec l'Afrique du sud, c'est ou bien vouloir perpétuer ce conflit pour pouvoir éterniser la mainmise de la junte militaire algérienne, ou enfoncer l'Algérie jusqu'au suicide. «La politique extérieure est à l'image de la politique intérieure», dirait-on. Comment voulez-vous que sur les ruines d'un système politique en Algérie, l'on veuille faire ou construire une diplomatie d'avant-garde, qui prendrait le leadership régional ou continental ! De l'utopie !
Il faut que les Algériens se rendent à l'évidence que l'on ne construit pas un pays sur son passé, sur «les gloires» des années cinquante. L'Algérie devrait passer à l'étape suivante, cesser de vouloir «être le centre du monde», «la Mecque des révolutionnaires». Aujourd'hui, la Mecque des révolutionnaires, des vrais révolutionnaires, se mesure au progrès d'un pays, à son développement, à son essor économique, point au nombre de ses morts pour l'indépendance. La politique extérieure ne devrait plus prendre le dessus sur la politique intérieure. L'Algérie développe, à mon avis sur la scène internationale, des thèses au-dessus de ses potentialités et de sa dimension. Plus grave, ses théories ont porté un grave préjudice au bon voisinage, au Maghreb, à la fraternité arabe et musulmane. Il va falloir attendre deux à trois générations pour réparer les dégâts portés à l'unité maghrébine. L'Algérie reste seule dans le monde arabe, en Europe, et au sein de l'Organisation de la conférence islamique et au Conseil de sécurité à défendre le morcellement du Maroc. Et cela sans aucun remord.


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