La ville de Marrakech accueillera, du 14 au 16 avril 2025, le troisième forum GITEX Africa Morocco. Après deux premières éditions, l'événement à venir se veut comme marqueur d'un nouveau cap. La question de l'intelligence artificielle sera au cœur des rencontres, outre les infrastructures numériques, ainsi que des initiatives affirmant l'Afrique comme un acteur mondial clé. Avec des conférences sectorielles renforcées, des initiatives innovantes et des forums de networking stratégiques, le troisième forum GITEX Africa Morocco se veut un rendez-vous qui affirme la place de l'Afrique comme un acteur clé du digital mondial. Cette édition, prévue du 14 au 16 avril 2025 à Marrakech, mettra l'accent sur les infrastructures numériques, l'intelligence artificielle et les avancées technologiques, à l'initiative du ministère de la Transition numérique et de la réforme de l'administration, l'Agence du développement du digital (ADD) et KAOUN International. Au bout des deux premières éditions, cet événement s'est imposé comme le plus grand rendez-vous technologique et entrepreneurial du continent. Cette année, le rendez-vous marquera un nouveau cap, dans le prolongement du GITEX Global, accueilli par les Emirats arabes unis depuis 42 ans. En conférence de presse, ce vendredi, la ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l'administration, Amal El Fallah Seghrouchni, a rappelé ainsi les orientations royales pour mettre à disposition les «ressources humaines suffisantes et spécialisées dans divers domaines du numérique», pour instaurer «une culture du numérique au sein de tous les segments de la société», de manière à développer des infrastructures techniques «capables de suivre l'évolution rapide de ce secteur». La diaspora africaine et l'IA au cœur du GITEX Africa 2025 En d'autres termes, il s'agit de «combler le retard vis-à-vis des pays développés dans ce domaine et de tirer profit de l'essor numérique mondial». Dans ce contexte, l'édition 2025 «vise à renforcer la position de l'Afrique en tant qu'acteur de premier plan dans le paysage technologique mondial, en mettant l'accent sur les infrastructures numériques, les développements en intelligence artificielle et les dernières innovations technologiques», a ajouté la ministre. Dans ce sens, elle a souligné que la nouveauté de cette édition serait le «Sommet sur la couverture future de l'Afrique», une plateforme regroupant «les principaux acteurs des télécommunications, du cloud computing et des centres de données». Aussi, ce sommet abordera l'impact de l'expansion du réseau haut débit, le lancement des technologies 5G et les développements du cloud, ainsi que le renforcement des partenariats public-privé pour définir l'infrastructure numérique future du continent. Par ailleurs, cette édition verra le lancement du «Global African Diaspora Studio», un espace dédié à la rencontre des talents africains du monde. Selon la ministre, l'«objectif est de stimuler l'investissement, d'établir des partenariats transfrontaliers et de favoriser le transfert de connaissances entre les leaders technologiques africains à l'étranger et les écosystèmes locaux». «En attirant des investisseurs en capital-risque, des incubateurs de startups et des institutions de recherche de premier plan, le studio vise également à servir de plateforme stratégique contribuant à renforcer la position de l'Afrique sur la scène mondiale de l'innovation», a fait savoir Amal El Fallah Seghrouchni. Dans ce contexte, elle souligne que le Maroc «s'engage à soutenir le développement de GITEX Africa Morocco, dans le cadre de sa vision ambitieuse de faire du pays un pôle numérique incontournable en Afrique». Outre les acteurs clés du secteur, la ministre annonce que cette édition sera une occasion pour réunir «un groupe restreint de responsables gouvernementaux, d'organismes de réglementation et de leaders des technologies pour aborder les questions liées à la gouvernance de l'intelligence artificielle, à la législation numérique et aux politiques qui façonnent l'avenir de l'innovation sur le continent africain». Il s'agit aussi de faire rencontrer «des leaders de l'industrie, des innovateurs et des décideurs afin d'ouvrir la voie à des partenariats efficaces, qui accéléreront l'intégration du continent dans l'économie numérique mondiale». Le GITEX Africa 2025 consacrera également une place importante à l'intelligence artificielle (IA), en accueillant des startups leaders développant des solutions IA. «Des ateliers seront organisés sur divers sujets, auxquels participeront des acteurs clés, notamment des entreprises, des responsables gouvernementaux et des décideurs», a souligné la ministre. Pour elle, «l'objectif est d'unifier les visions autour de la définition de politiques encadrant l'adoption de l'IA en Afrique». «Les dernières études internationales prévoient que l'IA contribuera à hauteur de 15 700 milliards de dollars à l'économie mondiale d'ici 2030, soulignant l'importance cruciale de ce secteur mondial vital», a-t-elle affirmé. Un soutien aux start-ups et près de 45 000 visiteurs attendus Par ailleurs, ce troisième forum «verra la Société financière internationale (IFC), branche de la Banque mondiale dédiée au financement du secteur privé, rejoindre GITEX Africa en tant que partenaire de développement économique». Dans le même contexte, l'initiative «SheWins Africa» de l'IFC «occupera une place de choix au sein du salon». L'idée sera de «donner plus de pouvoir aux startups dirigées par des femmes, de renforcer leur rôle dans l'économie numérique et de parvenir à une croissance économique plus inclusive et durable sur le continent africain», explique encore Amal El Fallah Seghrouchni. En soutien aux startups marocaines et pour renforcer leur présence lors des événements internationaux, le ministère de la Transition numérique et de la réforme de l'administration a lancé la deuxième édition de l'initiative «Morocco 200», bénéficiant à 200 startups marocaines pour prendre en charge 90% de leurs frais de participation au GITEX, après avoir été sélectionnées selon certains critères. «Cette année, la Semaine Technologique GITEX facilite leur interaction avec l'environnement régional et international, en améliorant les opportunités de développement de leurs projets et en les ouvrant à des partenariats d'investissement», a fait savoir la ministre. Dans le cadre du programme de l'événement, des séminaires sectoriels mettront en avant des secteurs stratégiques tels que les technologies de l'éducation (EdTech), les technologies agricoles (AgriTech), les technologies de la santé (HealthTech) et les technologies du sport (SportTech). A ce titre, la ministre a déclaré que «des partenariats efficaces seront noués pour accélérer l'intégration du continent dans l'économie numérique mondiale, renforçant ainsi la position de l'Afrique en tant que pôle d'innovation mondial». En chiffres, le succès de GITEX Africa s'observe à travers le nombre de participants par rapport à la première édition. Ainsi, les startups participantes cette année seront plus de 1 400, contre plus de 400. «La première édition a attiré plus de 32 000 visiteurs, tandis que cette année, elle devrait accueillir plus de 45 000 visiteurs venus de plus de 130 pays», outre près de «650 institutions gouvernementales, plus de 350 investisseurs et plus de 660 intervenants du monde entier sont attendus».