Si globalement, le nombre d'exécutions a drastiquement baissé durant les 10 dernières années, les condamnations sont toujours prononcées, notamment au Maroc où 93 personnes attendent dans le couloir de la mort, selon un nouveau rapport d'Amnesty International. L'année 2018 a été celle où le moins d'exécutions ont été enregistrées au cours de la dernière décennie, révèle l'ONG Amnesty International dans son rapport intitulé «La peine de mort en 2018 – faits et chiffres», publié ce mercredi. Au total, l'organisation a recensé au moins 690 exécutions dans 20 pays en 2018, soit une baisse de 31% par rapport à 2017 (au moins 993 exécutions). Ces applications de la peine capitale ont eu lieu principalement en Irak, au Vietnam, en Arabie Saoudite, en Iran et en Chine, où ont été exécutés le plus grand nombre de condamnés, souligne l'ONG. Quant aux condamnations à la peine de mort, 2 531 ont été prononcées dans 54 pays, dont le Maroc. Au cours de la même année, «19 336 personnes à travers le monde se trouvaient sous le coup d'une condamnation à mort», peut-on lire dans le rapport. Au Maroc, 19 condamnations la peine de mort ont été prononcés en 2018, précise l'ONG. De plus, jusqu'à fin 2018, 93 personnes attendaient dans le couloir de la mort, tandis que cinq personnes ont été graciées au cours de la même année, selon Amnesty. Le Maroc abolitionniste en pratique mais absentéiste Le Maroc est considéré comme un pays abolitionniste en pratique, étant donné qu'il n'a procédé à aucune exécution depuis 1993. Néanmoins, le Maroc s'était rangé du côté des Etats ayant choisi l'abstention pour un moratoire de l'application de la peine de mort votée par l'Assemblée générale des Nations unies en décembre dernier. Une abstention qui s'était d'ailleurs opérée quelques jours après la déclaration du ministre d'Etat aux droits de l'Homme et ancien ministre de la Justice et des libertés. «La peine capitale ne sera pas abolie de sitôt au Maroc», a affirmé Mustapha Ramid. Les tribunaux continuent ainsi de prononcer des peines capitales, malgré l'opposition et la condamnation de plusieurs associations et ONG. Pour rappel, dans son précédent rapport, Amnesty International exhortait les Etats n'ayant toujours pas acté le moratoire d'abolir la peine de mort. Cet appel retrouve son écho dans une proposition de loi, consultée par Yabiladi, formulée en 2017 au sein du Parlement marocain.