Un référendum sur des réformes constitutionnelles dans les prochains mois au Maroc : Le discours royal a surpris bon nombre d'observateurs. Gouvernement et opposition saluent l'avancée apporté par le roi, Khadija Ryadi de l'AMDH remercie les Jeunes du 20 février, qui restent cependant vigilants. Réactions. A l'annonce du discours royal mercredi 9 mars, il était difficile de savoir à quoi s'attendre, l'on restait réservé. Après le discours, les langues se délient. Les lignes directrices mentionnées par le roi annoncent d'importants changements dans le système politique marocain. Mais les réactions ne sont pas unanimes. Jamal Rhmani, et l'USFP, soulagés Premier visé par les réformes constitutionnelles annoncées par le roi : le gouvernement, qui devrait voir accroître sa légitimité démocratique. Pour Jamal Rhmani, ministre de l'Emploi et de la Formation Professionnelle, le discours royal est exceptionnel. «Je salue le discours de sa Majesté, c'est un discours historique pour le Maroc qui annonce la réforme qui va renforcer les mécanismes démocratiques du pays, nous explique-t-il. Aujourd'hui, tous les acteurs de la vie politique économique et sociale marocaine sont unanimes. Tous se mobilisent pour la réussite de cette grande réforme.» Un discours historique, mais pas seulement pour le Maroc, selon le ministre. «Nulle part dans le monde arabe, quelque chose de semblable n'a eu lieu.» Pour l'USFP et M Rhmani, l'annonce du roi tombe à pic. Le parti, divisé par rapport au soutien à donner au mouvement de contestation au Maroc, devait décider d'un éventuel retrait du gouvernement des ministres USFP. Selon le ministre de l'Emploi, ce retrait n'est plus d'actualité, puisque «sa Majesté répond favorablement à l'une des réformes demandées de l'USFP lors de son dernier conseil national». Mustapha Ramid : «Plus que jamais le moment pour les partis de prendre le train en marche» Le chef de file des députés parlementaires du Parti de la Justice et de la Vérité (PJD), rejoint Jamal Rhmani quant à l'importance du discours : «historique», estime Mustapha Ramid. Il poserait les bases d'un Etat démocratique, une véritable rupture. «Le roi a donné l'impression d'avoir entendu les jeunes qui sont sortis manifester le 20 février ainsi qu'à tous ceux qui aspirent à l'instauration d'une vraie démocratie au Maroc», estime celui qui a démissionné de son bureau politique. Clairvoyant, il conseille aux partis politiques restés en marge du mouvement de «prendre le train en marche». «C'est plus que jamais le moment pour qu'ils fassent des propositions concrètes» a-t-il conclu. Beaucoup dépendra de ces propositions, et, de manière générale, des réformes élaborées par la Commission mise en place par le roi à cet effet. Sans se prononcer davantage, Mustapha Ramid se pose la question si elles répondrons aux réelles attentes démocratiques qui s'imposent. Les militants des droits humains, entre optimisme et vigilance Cette question, Khadija Ryadi, présidente de l'AMDH, la pose avec plus d'insistance. Elle est plus mitigée sur le contenu du discours royal, et tient, en premier lieu, à «remercier les Jeunes du 20 février». «Sans leur impulsion, nous n'aurions pas pu ouvrir le débat», déclare-t-elle. Un débat, dans lequel le discours royal s'inscrit sans pour autant le clore. Car si son contenu apporte du nouveau, sur la forme, il n'y a guère d'inventions. La commission charger d'élaborer des propositions de réformes constitutionnelles est nommée par le roi. «Elle n'émane pas du peuple», critique Khadija Ryadi. De même, cette commission doit proposer des réformes de la constitution, alors que les revendications des manifestants comprenaient une nouvelle constitution. Raison pour Mohamed El Aouni, coordinateur du Mouvement pour une constitution démocratique, de dire qu'il faut «lancer un débat national auquel toutes les forces démocratiques les jeunes et différents représentants du peuple participeront». Les jeunes du 20 février restent mobilisés Quant aux initiateurs eux-mêmes de ce grand débat, ils restent vigilants. «J'ai été surpris par le discours. Par rapport aux discours précédents, il est progressiste», concède Hakim Sikouk, enseignant de philosophie à l'université d'El Jadida et membre actif des Jeunes du 20 février. «Une avancée extraordinaire», estime même Montassir Sakhi, membre actif à Rabat et Salé. Certains jeunes estiment que le discours ne sert qu'à absorber la colère du peuple. Sakhi explique que toutes les revendications du mouvement n'ont pas été entendues, surtout les revendications économiques et sociales. Raison de plus pour rester vigilant. Ainsi, tous sont unanimes sur l'importance de garder le 20 mars comme journée de mobilisation nationale.