La nouvelle est tombée tôt ce matin. Les forces de sécurités espagnoles viennent d'arrêter huit espagnols membres d'un réseau de jihadistes proche d'Al Qaida, qui recrutaient au Maroc et en Espagne pour rejoindre les combats en Syrie. Plusieurs dizaines de personnes dont des mineures auraient été enrôlées notamment pour des attentats suicides. Rabat devrait-il avoir peur ? Lors d'une opération conjointement menée, vendredi matin à Sebta, la police espagnole et la Guardia Civil, ont arrêté huit personnes pour leur implication présumée dans un réseau de jihadistes proche d'Al-Qaida. Le ministère espagnol de l'Intérieur en a fait l'annonce dans un communiqué, révélant que les suspects sont de «nationalité espagnole», sans toutefois préciser leurs origines, rapporte El Pais. Des mineurs recrutés Ledit réseau est chargé de recruter au Maroc et en Espagne pour rejoindre les troupes des rebelles syriens, selon la police ibérique et la garde civile, qui avaient chacune commencé respectivement à enquêter sur ce réseau en 2009 et 2011. «Des dizaines de personnes, certaines mineures, sont parties de Sebta et du territoire marocain sous couvert de ce réseau terroriste.», note le communiqué. Les Marocains recrutés passent par la ville autonome, avant de rejoindre la Syrie via la Turquie. Certains y vont pour accomplir des attentats suicides, et d'autres pour intégrer des camps d'entrainement, avant de pouvoir passer à l'action. Pendant le déroulement de l'opération policière, plusieurs djihadistes nouvellement recrutés s'apprêtaient à se rendre en Syrie. Un dispositif a été déployé dans toute la ville autonome et plusieurs autres arrestations pourraient suivre dans les prochaines jours ou semaines. Rabat devrait-il avoir peur ? Le réseau démantelé à Sebta ferrait non seulement un travail de recrutement, mais aussi d'endoctrinement. Ses membres financent les voyages et créent le contact avec d'autres cellules terroristes ailleurs dans le monde. Et tout cela, sous les ordres d'Al-Qaïda. Il faut dire que les Marocains sont de plus en plus impliqués dans les réseaux terroristes. Et le phénomène est grandissant depuis la crise syrienne. Que ce soit à partir de la Belgique, de l'Espagne ou même du Maroc, nombreux sont ceux qui vont combattre le régime de Bachar El-Assad. Une grande interrogation subsiste actuellement concernant les anciens détenus salafistes marocains qui rejoignent le Groupe Annosra, considéré comme organisation terroriste par Washington. A ce jour, un quart d'entre eux se serait envolé pour la Syrie. Pour l'instant, Rabat ne s'est pas encore prononcé sur le sujet. A l'allure où vont les choses, Interpol a récemment alerté le gouvernement chérifien sur le risque d'attentat terroriste pendant cet été. Une interpellation émise juste après le démantèlement par les forces de sécurités marocaines des cellules jihadistes «Al Mouahidoun» et «Attawhid». Lesquelles planifiaient l'installation d'un camp dans les zones montagneuses de Nador pour y mener des attaques à travers tout le Royaume. Face à cette menace, le Maroc n'a pas encore officiellement déployé un dispositif anti-terrorisme pour cet été, mais la police chérifienne semble rester aux aguêts.