L'historien et militant Maâti Monjib a annoncé entamer une grève de la faim, ce jeudi, après avoir été interdit de quitter le territoire national. Sur ses réseaux sociaux, le chercheur a fait savoir qu'il était invité par l'Université Sorbonne pour donner une conférence sur «Le Printemps arabe en Tunisie 2011-2021». A l'aéroport de Rabat-Salé, il a été confronté à la mesure qui le concerne, lorsqu'il a été «empêché de départ, malgré le billet et le passeport». A ce titre, Maâti Monjib a rappelé être interdit de quitter le territoire depuis 2020. «Ma voiture, ma maison et mon compte bancaire sont saisis depuis plus de quatre ans», a-t-il ajouté. L'année dernière, l'historien a fait partie des militants détenus qui ont bénéficié de la grâce royale, à l'occasion de la fête du Trône. Il était impliqué dans deux affaire, la première remontant à 2015, dans laquelle il a été initialement condamné à un an et demi de prison pour des accusations liées à «l'atteinte à la sécurité intérieure de l'Etat». La deuxième remonte à 2021, sur fond d'«accusations de blanchiment d'argent». Il avait été remis en liberté, en attendant son procès. Dans son message, Maâti Monjib a décrit son interdiction de quitter le territoire comme une «violation de la loi et du sens de la grâce royale, l'article 160 du Code de procédure pénale énonçant que les interdictions de voyager et le contrôle judiciaire sont limités à deux mois, renouvelables jusqu'à cinq fois au maximum». «Dans mon cas, il n'y a jamais eu de prorogation de ces mesures», a-t-il affirmé, fustigeant une «décision illégale et injustifiée (puisque la poursuite est politique et les accusations fabriquées)». Maâti Monjib a précédemment entamé plusieurs grèves de la faim. La dernière remonte à 2023, en protestation contre sa suspension de son poste de professeur d'université.