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Sahara-CIA files #15 : Quand l'ambassadeur US s'est rendu au Sahara en opposition à l'Algérie et à la Libye
Publié dans Yabiladi le 26 - 07 - 2024

Au lendemain de l'élection du républicain Ronald Reagan à la tête des Etats-Unis, en 1981, Washington a montré plus d'ouverture vers le Maroc. Dans ce contexte, l'ambassadeur américain Joseph Werner Reed s'est même rendu au Sahara, en guise de soutien affiché à Rabat, ainsi qu'en opposition marquée vis-à-vis de l'Algérie et de la Libye.
Avec la fin du mandat du président démocrate Jimmy Carter (20 janvier 1977 – 20 janvier 1981) et la succession du républicain Ronald Reagan (20 janvier 1981 – 20 janvier 1989) à la tête des Etats-Unis, Washington a peu à peu orienté sa politique en faveur du Maroc, au sujet du dossier du Sahara.
Daté de décembre 1982, un document de la CIA a abordé ce rapprochement, avec une référence à un article publié dans l'édition de décembre du magazine américain The Atlantic. Intitulé «Maroc : un ami dans le besoin» l'écrit signé par le journaliste Pranay Gupte affirme que «le roi Hassan II veut plus d'aide américaine».
Pranay Gupte ajoute avoir «été invité par Hassan II, âgé de cinquante-trois ans, à [l']interviewer dans son vaste palais vert à Fès», à la veille de la visite du roi aux Etats-Unis et de la première rencontre de ce dernier avec le président nouvellement investi. Il a ajouté :
«Hassan II, un homme petit de taille et élégant, mêlait un français soutenu et un arabe rythmé. Il semblait enthousiasmé par sa prochaine visite à Washington. Il a longuement parlé du souhait de son pays d'Afrique du Nord de développer une économie forte et des relations amicales avec les Etats-Unis.»
Pranay Gupte
Un roi accessible pour la diplomatie américaine
Selon l'auteur de l'article, le roi est longuement revenu sur la menace qui vise le Maroc, «de la part d'un groupe armé se faisant appeler Polisario et cherchant à établir une République arabe sahraouie indépendante et démocratique au Sahara occidental».
En outre, l'article rapporte les affirmations du roi Hassan II concernant le caractère crutial du soutien militaire et politique de l'administration Reagan pour faire barrage au Polisario, «principalement financé par l'Algérie, la Libye et l'Union soviétique». A cet égard, le souverain a souligné que «de nombreux dirigeants africains et certains hauts responsables américains proches de l'ancien président Jimmy Carter – il ne les a pas cités nommément – ont fait pression sur lui pour des négociations directes avec les rebelles».
Quand Kissinger «révélait» aux Espagnols que Hassan II préparait une attaque armée au Sahara
L'auteur de l'article explique que le roi Hassan II porte de grands espoirs pour l'avenir du Maroc et le soutien des Etats-Unis, notamment après la nomination de Joseph Verner Reed comme ambassadeur dans le royaume. Le diplomate américain aurait déclaré : «Je suis venu au Maroc avec un projet, qui reflète l'enthousiasme de l'administration Reagan.»
«Je pense que nous devons, par tous les moyens, soutenir nos vrais amis comme le Maroc. Je dis constamment aux Marocains : Comptez sur nous. L'URSS est le seul empire qui subsiste du XIXe siècle et, pour moi, il est clair que le prochain point de pression pour les Soviétiques sera le royaume du Maroc, qui occupe une position stratégique.»
Joseph Verner Reed
Par ailleurs, l'ambassadeur américain a exprimé son admiration à l'égard du roi Hassan II, le qualifiant de «dirigeant éclairé, doté d'une expérience hors norme». La même source rappelle d'ailleurs que Joseph Verner Reed bénéficie d'un «accès facile à Hassan II, un homme que les autres envoyés occidentaux ont du mal à rencontrer».
Plus loin, le document de la CIA évoque l'incident du retard du souverain, lors de la visite de la reine Elizabeth II au Maroc. Après que le roi «l'a laissée attendre quinze minutes dans sa voiture», il s'est trouvé «seul monarque au pouvoir à ne pas avoir été invité au mariage du prince Charles».
Un soutien américain à Hassan II et à la marocanité du Sahara
L'ambassadeur a souligné que «quels que soient les problèmes actuels de Hassan II, le roi ne sera pas renversé par des islamistes, contrairement à ce qui s'est produit avec le Shah». Dans ce sens, Reed a précisé que Hassan II était plutôt un roi en contact avec son peuple. «En cas de danger imminent» guettant le souverain, les Etats-Unis agiront ainsi «avec fermeté en son soutien, plus que lorsque le Shah a été menacé».
«Je suis déterminé à ce que la présence américaine soit vue et ressentie ici», a encore déclaré le diplomate. Dans l'une de ses actions les plus médiatisées, Reed a ordonné de remplacer le drapeau américain de son ambassade par un plus grand.
Sahara-CIA files #14 : L'épopée de Hassan II pour mettre fin à l'occupation espagnole
Selon le même document, «sous la supervision de Reed, la CIA a considérablement renforcé ses ressources humaines et élargi ses activités». Aussi, le diplomate est devenu le premier ambassadeur américain à se rendre au Sahara, «un signal à Hassan II, à l'Algérie et à la Libye voisines, selon lequel les Etats-Unis soutiennent le Maroc dans ses revendications sur ce territoire».
Dans ce sens, Reed a qualifié publiquement et à plusieurs reprises Mouammar Kadhafi de «pirate», à cause du soutient du colonel libyen au Polisario. Le document cite un haut responsable du corps diplomatique marocain, disant que le diplomate américain a été «l'ambassadeur de nos rêves». «Nous n'aurions jamais pu trouver un responsable américain plus parfait pour le Maroc. Son accès aux deux dirigeants, Hassan II et Reagan, sont une très bonne chose, bien que dans le service diplomatique, il semble être moins apprécié par ses collègues», relate la source.
De son côté, un ambassadeur européen dont le pays entretient des relations étroites avec les Etats-Unis a déclaré : «Qu'est-ce qui pousse Reed à se mobiliser autant ? L'énergie de cet homme est incroyable, mais le sentiment général est qu'il exagère quelque peu». Certains responsables marocains influents, comme le député Mohamed Benaïssa, estiment pour leur part que «malgré les nombreuses promesses publiques de Reed concernant le soutien américain au Maroc, l'administration Reagan, déjà à court d'argent pour l'aide étrangère, pourrait ne pas être en mesure de faire suivre les paroles par les actes».
«Il y a beaucoup de bruit politique. Je crains que cela ne crée de grandes attentes, du côté marocain», a déclaré Benaïssa.


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