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Municipalité d'El Jadida Pour malversation, faux, usage de faux et complicité
17 personnes écrouées parmi plus d'une soixantaine et d'autres suspects et témoins déférés devant la cour d'appel
17 personnes parmi plus d'une soixantaine d'autres suspects déférés le jeudi 17 mars 2011 devant le procureur général près la cour d'appel d'El Jadida, ont été écrouées pour malversation, abus de confiance, faux, usage de faux et complicité. Il s'agit d'un ancien président de municipalité et trois conseillers, ainsi que des fonctionnaires et promoteurs présumés être impliqués dans des transactions louches concernant la concession de certains marchés publics de la commune d'El Jadida La cour d'appel a, dans le cadre du même dossier, ordonné la mise en liberté provisoire de 13 suspects et auditionné le reste en tant que témoins. Un procès marathonien qui a duré jusqu'à une heure tardive de la nuit de jeudi à vendredi, devant de hautes mesures de sécurité et la présence d'une immense foule qui a squatté la cour d'appel dès les premières heures de la matinée. L'instruction de cette affaire qui remonte aux années 2002-2007 par la police judiciaire a duré plus de cinq mois, avant que le dossier ne soit fin prêt pour la présentation jeudi de tous les suspects et témoins devant la cour d'appel. Tout a commencé lorsque le procureur général du Roi a ordonné l'ouverture d'une enquête auprès de l'ex-président et de six conseillers de la commune sur des affaires et des marchés durant notamment la période 2004/2007. Pour les commodités de l'enquête, des bureaux à l'intérieur même de la municipalité et les différents dossiers ont été mis à disposition des officiers de la police judiciaire. Les anomalies relevées par les magistrats de la Cour des Comptes sont nombreux. A commencer par des situations fictives pour débloquer des fonds sur des travaux de construction, sur des entretiens de bâtiments communaux non réalisés réellement sur le terrain et des fournitures injustifiées. Il a été relevé que ces marchés sont presque immuablement accordés aux mêmes sociétés. Pour la circonstance, des élus procèdent à la création de sociétés écran sous couvert de leurs proches. Le rapport relève des faits étonnants, notamment des travaux d'aménagement et de renforcement de voirie entamés bien avant l'ouverture des plis. Une flagrante violation des règles de la concurrence relatives aux marchés publics comme noté par les magistrats. Les dépenses effectuées sans justification sont nombreuses. Autre exemple, le festival estival organisé par la commune durant la période du 15 juillet au 15 août 2004. Malgré les surfacturations, aucun document n'a été produit pour expliquer la disparition de 233.457,7 DH. De même, la commune s'est endettée pour régler des dépenses injustifiées telles que la consommation d'eau, d'électricité, du téléphone (Aberration) des domiciles de certains subalternes du gouverneur. Le tout aux frais du contribuable. De même, le carburant et les pièces de rechanges sont accordés gracieusement à des représentants d'autorités locales, à des personnalités et à des particuliers. A cet effet, la commune a payé 1.178.354 DH. Autre exemple, des meubles pour le bureau du premier adjoint du gouverneur (téléviseur, réfrigérateur ) avec 99.000 DH. En plus de meubles pour son logement pour 98.700 DH. La liste des aberrations relevées par les enquêteurs est longue et étonnante. Des loyers pour logement de fonctionnaires municipaux et agents d'autorité nécessitent annuellement 1.365.600 DH annuellement. Les magistrats ont de même relevé le caractère fictif de plusieurs prestations. Comme pour l'achat de meubles pour la maison d'hôte pour 99.243 DH et d'ustensiles de cuisine pour un montant de 156.072 DH. L'ensemble de ces équipements a disparu après le départ de l'ex-président. La commune a également engagé des dépenses pour l'achat de journaux au profit d'un soi disant exploitant d'un kiosque inexistant pour un total de 55.890 DH. Autre aberration relevée, la municipalité a construit 3 Cafés avenue Nabeul face à la plage et qui ont été accordés gratuitement en 2006/2007. Un des bénéficiaires actuels n'est autre que le frère du président de l'époque. La gestion des recettes de la municipalité est entachée d'irrégularités très flagrantes. Assurément, la liste est encore longue et les enquêteurs de la police judiciaire ont du pain sur la planche. Comme pour l'occupation gratuitement et sans appel d'offres du stade municipal Lachhab pour l'organisation d'une foire commerciale en 2007. La transaction se serait déroulée à l'époque en sous main. En sachant que l'affermage de ce même stade a eu lieu pour 1.605.000 DH pour l'été 2008 et 2.250.000 DH pour l'été 2009... La prochaine audience de ce procès est prévue pour le mercredi 23 mars en cour. Affaire à suivre !