Quoique les dernières précipitations abondantes aient amélioré le taux de remplissage des barrages, la forte demande en eau, en raison de la sécheresse, demeure toujours un problème. Les fortes pluies survenues, depuis le 6 mars, sur la majorité des régions du Maroc devraient avoir des effets positifs sur l'agriculture, les réserves de barrages et la facture alimentaire. « Le Maroc a enregistré tellement de précipitations cette année que les barrages du pays se sont remplis à des niveaux jamais vus depuis au moins trois ans », ressort-il d'une récente étude publiée par Arabian Gulf Business Insight (AGBI). Intitulée « Soulagement pour l'agriculture marocaine après de fortes pluies », l'analyse note que cette dynamique favorable est « de bon augure pour le secteur agricole, qui représente environ un sixième de l'économie et contribue aux exportations, et donc à la balance commerciale». François Conradie, cité par AGBI, une plateforme d'actualités économiques desservant la région MENA, a déclaré que « la hausse du niveau des barrages est un énorme soulagement pour le secteur agricole, qui a cruellement besoin d'une année de précipitations normales après la sécheresse de l'année dernière». Bien que seulement environ un cinquième des terres agricoles marocaines soient irriguées, les produits cultivés sur ces terres – tels que les dattes, les agrumes, les avocats, les tomates et les melons – sont essentiels aux exportations marocaines, a ajouté l'économiste au cabinet de conseil économique Oxford Analytica Africa. Les précipitations devraient également améliorer la production des terres non irriguées, principalement consacrées à la culture des céréales et au pâturage, a-t-il prévu, soulignant que cela pourrait alléger également la facture alimentaire du Maroc. AGBI note, au passage, que l'économie marocaine a progressé de 4,3 % au troisième trimestre 2004 grâce à une inflation en baisse.
Malgré les pluies, les importations de blé se poursuivront
« Bien que les céréales ne soient pas exportées, elles affectent la balance commerciale car il faut importer davantage de blé pour compenser les années de faibles récoltes », a tenu à préciser M. Conradie. Cité par AGBI, Mohammed Mahmoud, directeur général de l'Initiative Climat et Eau, a, de son côté, indiqué que l'impact de plusieurs années de sécheresse mettra encore du temps à s'atténuer. « Bien que ces dernières pluies aient apporté un répit en termes d'augmentation générale du niveau des barrages à court terme, la forte demande en eau, en raison de la sécheresse, y compris de l'agriculture, va toujours être un problème », a-t-il expliqué. Quoiqu'il en soit, il faut admettre que les précipitations importantes, accompagnées de chutes de neige dans plusieurs régions, survenues depuis des semaines, ont contribué à une augmentation du taux de remplissage des barrages. Selon les dernières données du ministère de l'Equipement et de l'Eau, le niveau de remplissage, au 24 mars 2025, s'élève à 37,35%, soit un volume de réserves de plus de 6,28 milliards de m3. Ce taux marque ainsi une hausse de plus de 10% (2,01 milliards de m3) en comparaison avec la même période de l'année dernière (4,27 milliards de m3 - 26,55%). Le taux de remplissage des barrages à 33% demeure, certes, modeste, mais s'inscrit dans une amélioration continue depuis plusieurs jours et constitue un baromètre positif pour sauver l'actuelle campagne agricole. Il est même prévu à ce que l'amélioration des réserves des barrages soutient les ressources en eau nécessaires à l'approvisionnement en eau potable et à l'irrigation.