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Le retour tardif du combattant (5/6)
Conte de Ramadan
Publié dans L'opinion le 17 - 09 - 2009

Deux jours plus tard, ils ont reçu un coup de téléphone émanant de Rabat et au bout de fil, M. B.A ancien commissaire devenu détective privé s'annonça et demanda à parler à M. ou à Mme Courageux au sujet de l'enquête qu'ils veulent lui confier. Sans discuter du montant des indemnités, ils l'ont chargé de réserver une suite dans le meilleur hôtel de Rabat et de les attendre à l'aéroport de cette ville au jour et à l'heure qui lui seront confirmés.
B.A. était dans la salle d'attente de l'aéroport de Rabat-Salé pour accueillir ses clients.
M. et Mme Courageux ont été invités à la salle d'attente où ils étaient attendus. Les premiers contacts établis entre les deux hommes n'ont pas duré quelques minutes et immédiatement, B.A a conduit le couple à l'hôtel Hilton où ne suite leur a été réservée.
En cours de route Alain, est resté stupéfait de voir que tout a changé et il lui était impossible de reconnaître ne serait-ce qu'un seul endroit de ce que sa mémoire pouvait garder. C'est à l'hôtel qu'il put s'entretenir avec le détective lui remettant les documents en sa possession et les renseignements concernant les personnes à rechercher.
Voyant que son client, lui a remis la somme de 20.000 ff pour couvrir les frais des investigations, il a été intrigué, craignant de tomber dans un piège de la Mafia ou autres et donc, il a pris toutes ses dispositions pour ne pas commettre d'indélicatesse d'une part et éviter de perdre un client de cette envergure d'une autre part.
C'est, ainsi qu'il l'a invité à répondre sans détour à toutes les questions qu'il compte leur poser pour faciliter ses recherches et au bout d'une demi-heure, le policier avait réunis tous les éléments qui allait lui servir pour les premières démarches. En outre, il a acquis la certitude que son client et sincère, mais n'a pu cependant élucider quelques choses de bizarre qui lui a relevé la conversation.
Aidé de deux assistants, il s'est rendu à l'adresse indiquée, M'barka et ses 3 enfants y sont inconnus.
Faisant du porte-à-porte, les investigateurs ont réussi à obtenir un petit renseignement d'une vieille femme qui habite cette rue depuis très très longtemps, et qui s'est rappelée de la femme de ce soldat Doukkali, mort en Indochine. Elle a révélé qu'elle a touché une somme importante au titre de capital décès et elle est partie, habiter Casablanca avec un de ses cousins avec qui elle s'est mariée.
Rechercher une femme de nom M'barka avec 3 enfants à Casablanca relève de la folie et continuer à prolonger l'enquête sans éléments de base est une forme d'escroquerie que le commissaire réprouve et de ce fait, il est allé rendre compte à son client de l'état de ses travaux.
Pour le consoler, et peut être, lui soutenir d'autres renseignements, il l'a obligé à subir un interrogatoire comme au commissariat mais cette fois ce ne sera pas à l'hôtel mais plutôt au cabinet du policier.
Le commissaire exigea qu'il lui donna tous les détails sans rien omettre. C'est ainsi qu'il a relevé que l'argent qui était envoyé d'Indochine par Ali à M'barka.
N'ayant pas trouvé de trace de les accusés de réception correspondants, Alain s'est engagé à les faire venir de France au plus tard dans les 48 heures chose qui s'est effectivement concrétisée.
Examinant ces documents un à un, les enquêteurs ont découvert sur un de ses accusés de réception, une empreinte digitale très lisible pouvant servir de piste sérieuses pour démarrer convenablement les recherches.
A cet effet, le commissaire confia à Alain, que grâce à cette empreinte soit que l'affaire sera élucidée soit que toute tentative de recherche serait vaine. Il lui expliqua que depuis 1975, l'Etat marocain a instauré la délivrance par la Sécurité Nationale d'une carte d'identité dont les principaux supports sont les renseignements d'état civil et les empreintes digitales de l'individu qui en demande l'obtention. Cependant si cette femme en a fait la demande, elle sera vite retrouvée, en prison.
Les relations de l'ancien commissaire, avec ses successeurs n'ont jamais cessé, car, pour réussir dans le privé, il est indispensable d'obtenir de l'aide. A cet effet, il s'est adressé au responsable du fichier central à qui il a remis le document portant l'empreinte présumée de la dame M'barka.
La chance s'est alignée cette fois du côté du policier, et grâce à cette démarche que l'empreinte a été identifiée par le service informatique comme étant celle de la dame Karkouri M'barka, habitant à Casablanca quartier Sidi Othman, rue 20 n° 76.
Grâce à cette découverte les espoirs de M. Alain (ou Ali) de retrouver les siens sont devenus si grands qu'il a proposé d'accompagner les enquêteurs à l'adresse fournie. Ne pouvant refuser à son client cette demande quoi qu'il ne l'approuve pas, ils se sont rendus au quartier Sidi Othman. Aucun habitant ne connaît Mme Karkouri M'barka et ce fut le désarroi de M. Alain qui pensait être tout prêt du but.
Sentant que son client démoralisé par cette première démarche, le commissaire l'a rassuré, et lui a demandé de retourner à son hôtel où il lui a promis de le rejoindre. Mais cette fois et d'une façon certaine, avec tout ce qu'il faut pour entrer en contact avec M'barka, si elle est encore en vie ou avec un de ses enfants dans le cas contraire. Connaissant parfaitement son métier, il est allé droit à la conservation foncière et avec la situation de l' immeuble, il a retrouvé le numéro de son titre et a appris qu'effectivement il était la propriété de Mme Karkouri M'barka, mais elle l'a vendu depuis près de 10 ans.
Voyant que le préposé au fichier informatisé de la conservation foncière est un homme d'une cinquantaine d'années, et donnait l'impression d'être un fonctionnaire qui s'applique à satisfaire les demandes des citoyens, le commissaire lui a demandé d'interroger l'ordinateur au moyens du numéro de la carte d'identité de la dame Karkouri figurant sur l'acte de vente de l'immeuble et à sa grande surprise, il s'est avéré qu'elle possède un titre foncier de 1000 m2 en plein centre de Casablanca.
A l'adresse indiquée, la chance a souri aux enquêteurs. La dame Karkouri M'barka et ses deux enfants Jilali et Bouchta dirigent une usine. Ne voulant pas se contenter de cette information, ils ont rassemblé d'autres données.
C'est ainsi qu'ils ont appris que l'usine en question appelée «Mabrouka» travaille exclusivement pour des maisons célèbres en Angleterre, en Allemagne et en France notamment «Christian au Dior». Le résultat de ce travail a été communiqué à M. Alain qui très satisfait en a payé le prix et généreusement d'ailleurs.
Etudiant le même soir avec Madeleine la meilleure façon d'approcher sa famille, celle-ci lui conseilla de se présenter à l'usine en question, déguisés en journalistes pour avoir un entretien avec la dame Karkouri et ses enfants et pour être sûrs d'être reçus, ils ont obtenu un rendez-vous par téléphone.
Le 31 juillet 2000 était un jour historique pour Ali, car pour la première fois depuis près des années qu'il va revoir M'barka, ses deux garçons qui étaient encore bébés et la dernière Aïda qu'il n'a jamais vue. A leur arrivée, ils furent conduits au bureau de la présidence, où M'barka entourée de ses fils les attendaient. Ali a failli se trahir, mais Madeleine a sauvé la situation en officiant qu'elle a lu sur les pages d'une revue qu'une dame marocaine, issue d'un milieu rural, a réussi à devenir PDG d'une usine à Casablanca et c'est la raison pour laquelle ils sont là pour voir un entretien journalistique avec elle.
Voyant que les journalistes, ne s'entretiennent qu'à leur mère, Jilali et Bouchta se sont excusés pour s'absenter un moment, car leur présence aux ateliers est indispensable. Profitant de cette situation, il était plus aisé à Ali de s'adresser à M'barka et de l'interpeller sur son passé le plus lointain et c'est là qu'il a ramené la convention sur le sujet de son mari défunt.
En parlant d'Ali, M'barak s'est servie du terme «Al marhoum», c'est-à-dire le «défunt». Ali au fond de lui-même doutait de cette miséricorde anticipée. Plus le temps passait plus il cherchait un bout de souvenir pour qu'elle puisse le reconnaître et l'identifier formellement. Avec l'âge et les années passées en France, il était impossible de le reconnaître. Quant à elle malgré l'âge, elle a conservé tous ses traits de belle épouse qu'était M'barka quand il l'a quitté. Se considérant près du but, et jouant le tout pour le tout, il lui a adressé la question suivante : « Est-ce vrai, comme il l'avait dit de son vivant à un de ses camarades qu'il vous appelait Mbirikti et qu'il a été, un jour, pendant que vous étiez ensemble dans un jardin à Salé, mordu par un chien ».
Intriguée par ces questions si précise, M'barka est restée silencieuse pendant quelques secondes et répliqua : « Tout ce que vous dite est tellement précis qu'on dirait que vous étiez parmi nous à l'époque». Et sans attendre Ali le rejoindre : «Bien sûr que j'y étais et c'est d'ailleurs ce médecin très grand qui a fait les soins lui-même».
«Comment vous étiez présents», répliqua-t-elle et sans attendre Ali, a remonté la partie droite de son pantalon jusqu'au mollet où l'on pouvait aisément découvrir les traces des points de suture et de déclarer : «C'est moi Ali, je ne suis pas mort je suis encore vivant».
Devant la secrétaire qui n'a rien compris, M'barka s'est approchée d'Ali, a regardé attentivement sa jambe et ordonna à la secrétaire de partir. Puis en langue arabe cette fois, en se rapprochant du vieil homme l'a regardée les yeux dans les yeux et à faillir tomber à la renverse si elle n'avait pas été soutenue par Madeleine.
Au bout de quelques minutes, M'barka avait formellement reconnu Ali et appellé ses deux garçons présents encore à l'usine et ce fut un moment émouvant lorsqu'ils apprirent que le journaliste qui s'est présenté pour un entretien n'était autre que leur père Ali qu'ils croyaient mort en Indochine.
Le reste de son histoire et de son calvaire, il l'a raconté lorsqu'ils l'ont emmené à la villa de M'barka, en présence de sa fille Aïcha qui elle aussi a été avertie de l'heureux événement.
La seule chose qu'il a évité de révéler c'est sa situation familiale et financière mais ses enfants si généreux et si bien éduqués, lui ont proposé soit de revenir vivre auprès d'eux à Casablanca soit de lui envoyer là où il se trouvait tout l'argent dont il aurait besoin.


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