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Union pour la Méditerranée : Un sommet pour quoi faire ?
Publié dans L'observateur du Maroc le 14 - 07 - 2008

Le coup d'envoi de l'Union pour la Méditerranée a été donné à Paris le dimanche 13 juillet. La quasi totalité des chefs d'Etat et de gouvernement de la rive sud avaient finalement fait le déplacement à l'exception de l'ombrageux colonel Kadhafi, du roi de Jordanie, et, de manière plus surprenante, du roi du Maroc, remplacé par son frère. Mohammed VI dernier aurait été agacé par la déférence des autorités françaises à l'égard du président algérien qui s'est longuement fait prié avant d'annoncer sa participation. Non content de dépêcher à Alger son ministre des affaires étrangères, puis son Premier ministre, Nicolas Sarkozy avait rencontré en tête à tête Abdelaziz Bouteflika au Japon, en marge du G8. Alors même que sa venue était acquise depuis plusieurs jours…
Incontestablement, le président français a réussi a donné à l'événement toute la pompe qu'il souhaitait, quitte à offrir sur un plateau au président syrien sa réhabilitation internationale. Mais tout reste à faire. Le sommet proprement dit n'a en effet duré que trois petites heures. Ce qui veut dire que chaque chef d'Etat n'a disposé pour s'exprimer que de quelques minutes, un peu plus pour les deux co-présidents, Nicolas Sarkozy et Hosni Moubarak. Difficile dans ces conditions d'aller au fonds des choses… Cet échange terminé, tout le monde s'est retrouvé pour un dîner « amical et informel ». Ceux qui le souhaitaient étaient, le lendemain, invités à assister au défilé du 14 juillet sur les champs Elysées.
La grand messe voulue par Nicolas Sarkozy a-t-elle quelque chance de relancer sérieusement la coopération euro-méditerranéenne, encadrée depuis 1995 par un « processus de Barcelone » complètement enlisé ? Beaucoup en doutent. Les conflits qui ont jusqu'ici empêché d'avancer sont toujours d'actualité : celui du Proche Orient bien sûr, mais aussi celui du Sahara, qui empoisonne les relations algéro-marocaines depuis de nombreuses années, et celui qui oppose, à propos de l'île de Chypre, les Grecs et les Turcs. Dans ces conditions, tout est prétexte à dissensions. Ainsi, les chefs d'Etat et de gouvernement réunis à Paris ont dû renoncer à choisir le pays qui abriterait le secrétariat général, et celui dont serait issu le secrétaire général, faute d'accord entre les pays du Sud. L'Algérie ne veut pas que le Maroc soit mieux lotie qu'elle, le Maroc déplore que les Français, en suggérant de l'offrir à la Tunisie, ait cédé aux pressions de l'Algérie. Résultat : on décidera plus tard, lors de la réunion ministérielle qui doit se tenir au mois de novembre. Et ce pourrait bien être Bruxelles qui ramasse la mise. Sur tous les points litigieux, la déclaration commune adoptée dimanche est minimaliste. Suffisamment vague en tous cas pour satisfaire tout le monde. C'est notamment le cas du passage consacré au conflit israélo-arabe. C'est aussi le cas du paragraphe consacré au fonctionnement du secrétariat général. Là, le clivage passait plutôt au sein des pays du nord. La France, appuyée par l'Italie, l'Espagne et le Portugal militait pour un secrétariat très autonome par rapport à Bruxelles, les autres pays européens étaient réticents.
A l'origine, le projet de Nicolas Sarkozy beaucoup plus ambitieux : il voulait construire une « Union de la Méditerranée en s'affranchissant complètement de Bruxelles et du processus de Barcelone. Mais il a été sévèrement rappelé à l'ordre par les Allemands et par les eurocrates. Et la nouvelle Union, rebaptisée « Union pour la Méditerranée » a aujourd'hui principalement pour objectif de relancer le processus de Barcelone. Quarante quatre pays sont donc parties prenantes, si l'on compte la Libye, qui a un statut d'observateur. C'est beaucoup pour être efficace. Nicolas Sarkozy a certes obtenu des autres Européens qu'ils acceptent le principe de projets communs, très concrets, auxquels participeraient les Etats qui le souhaitent. Une première liste a été adoptée en même temps que la déclaration commune. Cette approche pragmatique, qui vise à donner aux uns et aux autres l'habitude de travailler ensemble, est sans doute la plus raisonnable compte tenu des divisions du monde méditerranéen. Encore faut-il que la dépollution de la Méditerranée ou les autoroutes de la mer puissent être financées. Or les Allemands ont obtenu que le budget prévu par la commission pour la coopération avec le monde méditerranéen pour la période 2007-2013 ne soit pas augmenté. Les Français parlent de sources de financement multiples, à la fois publiques et privées qui associeraient l'Union européenne à des organisations internationales, à des pays riches comme les Etats du Golfe, à des entreprises privées… Reste à voir ce qui sera vraiment possible.
Nul ne peut reprocher au président français d'avoir souhaité cette relance de la coopération entre les deux rives de la Méditerranée, si dépendantes l'une de l'autre a bien des égards. Son projet n'en suscite pas moins, au Nord comme au Sud, un scepticisme qui se nourrit de l'expérience passée. Peut-être aurait-il dû voir moins grand en envisageant plutôt une forme renforcée d'association entre les seuls Etats du Maghreb et ceux de l'Europe du Sud. Car en effet moins de 15 kilomètres – la largeur du détroit de Gibraltar- séparent les côtes maghrébines de celle de l'Europe.


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