Le programme Ibhar II pour la modernisation et la mise à niveau de la flotte côtière et artisanale semble battre de l'aile. De l'avis des professionnels, le dossier avance toujours au rythme d'un train du sénateur. Pourtant, le programme a été lancé depuis l'an dernier et la 2e phase du programme (2011-2014) a promis une réussite puisqu'elle était marquée par l'implication des professionnels via les Chambres des pêches maritimes. À l'heure actuelle, plusieurs pêcheurs ont récemment visité la Chambre et ont menacé de manifester devant la délégation de la pêche d'Agadir suite à un retard dans le déblocage des subventions. «Nous avons réussi à dépasser les dysfonctionnements liés à la 1re phase, via l'adhésion des professionnels à ce programme, à tel point que nous sommes parvenus à impliquer 600 barques appartenant au segment artisanal et 30 dossiers relevant de la pêche côtière», annonce Abderrahmane Sarroud, président de la Chambre des pêches maritimes de l'Atlantique centre d'Agadir. Dans le détail, parmi les 600 dossiers reçus, 200 ont été traités au niveau local par le comité mixte regroupant la Chambre de pêche maritime de l'Atlantique centre Agadir, l'Office national et la délégation de la pêche. Ces dossiers ont été adressés par la suite au niveau central et les attestations de déblocage ont été délivrées aux armateurs. De surcroît, «35 armateurs ont déjà financé leur quote-part en attendant le déblocage du financement arrêté», indique Sarroud. Du côté de la pêche côtière, ce sont 8 dossiers qui ont été adressés au niveau central sans aucune suite favorable. Résultat, la majorité des chantiers navals lancés par les armateurs au niveau de la région ont été bloqués ou arrêtés momentanément puisqu'ils attendent toujours le déblocage des subventions. Or, du côté du ministère, c'est essentiellement la situation fiscale qui entrave l'accès aux quotes-parts. Ce qui fait allusion à un échec prétendu devant l'absence de solutions concrètes puisque le budget alloué serait probablement transféré vers d'autres volets. «En tant que professionnels, nous avons perdu patience car l'accord afférant à la seconde édition du plan Ibhar 2 avait été signé le 16 mai 2011 entre la tutelle et le ministère des Finances», explique toujours Sarroud. Et d'ajouter «qu'au moment où le ministère a mis en place le dispositif VMS pour le contrôle satellitaire des navires et les mesures de lutte contre la pêche INN, il fallait en parallèle accompagner le développement de la flotte côtière et artisanale à travers sa modernisation et sa mise à niveau». Signalons qu'annuellement, près de 40 bateaux sont renouvelés, selon les armateurs, au niveau national et que le coût d'investissement est égal à 240 MDH. Par ailleurs, le mode de financement du programme Ibhar est réparti entre l'Etat, dont la contribution est fixée de 20% à 30% (selon le package) du montant de l'investissement. S'agissant du prêt bancaire, il est plafonné à hauteur de 60% et l'autofinancement de l'armateur à 10%. Quant au taux de la subvention, il a été revu à la hausse par rapport à la 1re édition de 15% et 20% à 20% et 30% pour les bateaux en bois et en fer. Ce sont ainsi 15.000 barques et 1.600 navires côtiers qui ont été visés. La modernisation de la flotte côtière a pour but d'introduire 400 nouveaux navires de conception moderne d'ici 4 ans (2011-2014). Dans ce sens, deux packs on été confectionnés. Il s'agit du pack Safina pour la substitution des navires vétustes par d'autres en bois. L'appui de l'Etat est fixé à hauteur de 20% du montant de l'investissement du navire avec un apport personnel minimal de 20% pour l'armateur. Pour Safina +, il a pour objectif d'introduire de nouveaux prototypes de navires en acier ou en polyester. L'appui financier de l'Etat est à hauteur de 30% du montant de l'investissement du navire armé avec un apport personnel minimal de 10%.